Donner de l’élan au front de gauche

Créer l’union à la base pour construire des alternatives politiques
dimanche 19 avril 2009
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Par Michèle Dessenne et Jacques Nikonoff

Le Front populaire est né le 14 juillet 1935 lors d’un rassemblement antifasciste de communistes, socialistes, radicaux, socialistes indépendants, syndicalistes de la CGT et de la CGTU, membres d’une association d’anciens combattants, du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, du Mouvement contre la guerre et le fascisme, de la Ligue des droits de l’Homme. Puis, un « comité national pour le rassemblement populaire » élabora un programme commun et des accords de désistement dans la perspective des élections du printemps 1936. Les législatives des 26 avril et 3 mai donnaient la victoire au Front populaire…

Le Front de Gauche, lui aussi, a vocation à s’inscrire dans l’Histoire. Il est loin d’avoir révélé tout son potentiel. Pour y parvenir, trois objectifs sont à atteindre dans des délais très brefs : offrir un débouché politique aux luttes sociales, réduire les votes de diversion et endiguer l’abstention.

OFFRIR UN DÉBOUCHÉ POLITIQUE

L’élection européenne peut être un référendum anti-Sarkozy si nous lui donnons le souffle d’un renouveau politique en créant l’union à la base : celui qui lie mouvement social unitaire dans la rue et combat dans les urnes. Les citoyens veulent une vraie gauche, anticapitaliste, fière, qui transmet son histoire et regarde vers l’avenir. Une gauche qui mène un combat acharné pour l’égalité, internationaliste, qui ne renonce ni à la souveraineté populaire et nationale, ni à la laïcité. Une gauche qui protège et inscrit les droits au cœur de ses objectifs : santé, retraite, logement, emploi et même plein emploi…

RÉDUIRE LES VOTES DE DIVERSION

Pourtant près d’un tiers des électeurs ayant voté NON en 2005 s’apprêteraient à voter pour le PS et les Verts. Mais voter pour les listes de l’UMP, du PS, du MoDem et des Verts, revient à voter OUI au Traité de Lisbonne. Existe-t-il une seule raison pouvant expliquer ce revirement ? Non. Le Traité de Lisbonne est la copie du Traité constitutionnel européen. Il est incompatible avec une politique de gauche, au niveau européen et au niveau de chaque nation. Il est même fait pour rendre incontournables les politiques libérales.
Opter pour le NPA, le parti chouchou des grands médias, qui ne fait que du « y a qu’à », refuse de gouverner et dont la religion consiste à faire des génuflexions devant Platon - pour citer Michel Onfray – est le deuxième vote de diversion qu’il faut combattre.

ENDIGUER L’ABSTENTION

Les raisons de l’abstention (qui progresse, en France, de 39,3 % en 1979 à 57,2 % en 2004) sont connues : les citoyens rejettent les politiques néolibérales et le fonctionnement antidémocratique de l’Union européenne (UE), et ne croient pas que le Parlement européen (PE) puisse s’y opposer.
Certes, il est inexact de prétendre que le PE ne dispose d’aucun pouvoir. La « codécision » a mis sur un pied d’égalité le Conseil et le Parlement dans certains domaines. En cas de désaccord sur un texte, il n’est pas adopté. Le meilleur exemple est celui du projet de directive de libéralisation des services portuaires rejeté par le PE.
Cependant, comparé aux autres institutions (Conseil, Commission, Cour de Justice, Banque centrale), le PE est celle qui a le moins de pouvoir. Ecarté des domaines essentiels (politiques monétaire, économique, commerciale, étrangère et de sécurité commune), le PE est un rouage du système surplombé par les traités libéraux : il ne peut pas changer les traités et seule la Commission est habilitée à proposer des projets de règlement ou de directive.

Certains craignent que le rappel de ces vérités démoralise les électeurs, qu’il faudrait donc laisser croire que le PE peut changer l’Europe. C’est l’inverse qui est attendu ! Les électeurs veulent un discours de vérité.
En réalité, il faut oser dire qu’un gouvernement de gauche devra refuser de transposer en droit français les directives européennes de libéralisation. Et qu’il fera ainsi de la « désobéissance européenne » par respect du peuple qui l’aura élu !

POLITISER LES ÉLECTIONS

Outre l’affaiblissement des partisans du Traité de Lisbonne, l’élection du 7 juin doit constituer une étape dans la reconstruction de la gauche en France. Des députés du Front de gauche seront indispensables pour freiner l’eurolibéralisme, diffuser les informations utiles aux luttes sociales, former un groupe indépendant et créer des liens internationaux.

Telles sont les conditions à réunir pour donner au Front de Gauche dynamisme, ouverture, enthousiasme et sens politique et créer ainsi les conditions d’une véritable union à la base : celle qui résiste et coopère à la construction d’alternatives politiques.

Michèle Dessenne et Jacques Nikonoff, porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) ancien secrétaire générale et président d’Attac

Article publié dans l’Humanité le 15 avril 2009.
m-pep.org


Commentaires

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Donner de l’élan au front de gauche
dimanche 19 avril 2009 à 19h59 - par  Patrick Mignard

Désolé de le dire ainsi, mais cette histoire de « Front de gauche » n’est qu’une escroquerie politique de plus à la veille d’élections où les appétits s’aiguisent à l’approche d’un gâteau auquel beaucoup prétendent en surfant sur le mécontentement général.

Pour quoi une escroquerie ?

Pour une raison fort simple : ce n’est que du discours, des promesses, qui ressemblent à quelques nuances près à tous les autres discours aux promesses mirobolantes et aux « lendemains qui chantent ».

Il faudrait tout de même que l’on se rende compte que cette manière de penser, de faire de la politique est une impasse dans laquelle, régulièrement, le « bon peuple » se fourvoie.

Il est évident que ce genre de truc n’offre aucun débouché politique.

C’est vrai par contre qu’il veut réduire la diversion : voter pour moi et pas pour les autres ! Affligeant !

Il veut endiguer l’abstention ! Bien sûr, quel dommage toutes ces voix « perdues » qui pourraient nous faire élire !

Politiser les élections ! Oui, certainement au sens politicien du terme. C’est nous qui disons vrai,… pas les autres. C’est du niveau d’une cour de récréation…. Et encore je suis dur avec les gamins en disant ça !

La cerise sur le gâteau c’est Jacques NIKONOFF… Excusez moi, mais je préfère me priver de pâtisserie !

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mercredi 22 avril 2009 à 21h05 - par  Patrick Mignard

Rosa,

le problème c’est que l’on a réussi à convaincre les gens que intéresser à la politique c’était uniquement et exclusivement participer aux élections,... car soyons sérieux, s’engager dans un parti, c’est simplement préparer des élections,... je sais de quoi je parle. Or, il est de notoriété publique qu’une telle action est une impasse.

La passivité en politique c’est justement de faire comme on nous dit de faire : allez voter et on va s’occuper du reste. Or, toutes les organisations politiques fonctionnent, malgré leurs déclarations alléchantes, sur ce modèle. C’est justement au nom de la non passivité et de l’action que j’ai abandonné ce terrain et m’engage autrement.

Ce n’est pas en inventant des trucs (nouveau parti, mouvement, fronts divers,...), au look plus ou moins radical et moderniste que l’on changera la société.

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mercredi 22 avril 2009 à 19h18 - par  Rosa

Le problème pour ma génération, c’est au contraire qu’ils avaient bien réussi à nous faire croire qu’il ne faut pas s’occuper de politique, que ça ne menait qu’à des lendemains qui déchantent...
Mais les puissants, eux, n’ont pas abandonné le terrain politique. Et le réveil est rude. La part des salaires a baissé de 9,3% au profit du capital, les services publics sont systématiquement démentelés, la cupidité sans frein des plus riches a précipité une crise qui selon l’OCDE aura pour conséquence une augmentation du chômage de près de 60%, et la catastrophe écologique s’avance. Alors pour moi,la passivité, c’est fini, je trouve que ce front de gauche est une excellente nouvelle.

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mardi 21 avril 2009 à 19h00 - par  Patrick Mignard

Si vous cherchez une recette ou une boutique qui vous offrira sur un plateau un menu politique qui vous convient, alors oui, je comprends que mon commentaire vous déplaise et vous donne l’impression de « perdre votre temps »… Vous m’en voyez désolés, et pour gagner du temps (sic), je vous conseille d’écouter la litanie des promesses des candidats qui vont défiler devant vous pour vous promettre « monts et merveilles ».

Si vous n’avez pas encore compris que le « vote » dont tous les politiciens se gargarisent – et qui leur garantie une vie confortable, à nos dépends - n’est qu’un « miroir aux alouettes » qui n’apporte rien, n’a jamais apporté le changement et n’apportera rien de nouveau, alors oui, mon commentaire est déplacé.

Enfin, je suis effectivement condescendant et affligé envers le « bon peuple » dont je fais bien sûr partie… Je suis aussi incapable que les millions de naïfs qui croient bêtement les discours des politiciens,… pas parce que moi j’y crois, mais parce que je n’ai pas encore réussi à convaincre les gens de s’en passer.

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mardi 21 avril 2009 à 13h16 - par  dorval

Pour quelqu’un comme moi, pas militant, peu politisé, mais navré du spectacle ambiant et qui cherche sur le web les avis des uns et des autres( de la vraie gauche si possible}, afin de voter au mieux- car le vote est l’arme du citoyen
démocrate- votre billet, monsieur, tout en négativisme et condescendance pour "le bon peuple", dont vous et moi faisons néanmoins partie, votre billet donc est le type même de celui qui ne m’éclaire en rien : vous me faites perdre mon temps.

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Donner de l’élan au front de gauche
dimanche 19 avril 2009 à 17h27 - par  Fred

Ce garçon (Nikonoff) me fait honte !

Voir la lettre d’un ex-responsable d’attac : Les dérives d’ATTAC . Nikonoff, sous marin du PCF fait surface…

...et puis la fraude !

Appel au retrait de Jacques Nikonoff( Attac 93) : http://www.attac93sud.fr/spip.php?article238

Attac :retrait de Jacques Nikonoff après la confirmation d’une fraude organisée

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lundi 20 avril 2009 à 15h25 - par  Rosa

Nikonoff a été lynché par les Médias parce qu’Attac avait soutenu le NON au référendum. J’avais entendu à la radio, après la victoire du NON, un socialiste déclarer qu’ils feraient payer à Attac son rôle dans la campagne du référendum.

J’adore les gens dans ton genre qui soutiennent à fond ce genre de manoeuvre gerbante.

Le rapport Passet a montré qu’il y avait eu fraude mais que rien ne permet d’en rendre Nikonoff responsable. La campagne médiatique qu’il y a eu sur cette histoire a quelque chose de fondamentalement débectant. Rien de semblable bien sûr quand il s’agit des fraudes du PS et de leur façon de désigner leur secrétaire.
Alors il faudrait peut-être arrêter avec les conneries et ne pas soutenir nos adversaires quand ils utilisent des méthodes pareilles envers l’un des nôtres.

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