Encore raté, Éric Besson !

vendredi 24 avril 2009
popularité : 3%

Après le délit de solidarité qui serait un "mythe", les passeurs de Calais

Par Olivier Bonnet

On croyait impossible de dépasser en ignominie l’action de Brice Hortefeux à la tête du ministère de la Persécution des étrangers. Sans doute dopé par le zèle des convertis, Éric Besson relève le défi ! En plus des objectifs chiffrés d’expulsés, fixés cette année par la loi de finance à 28 000 têtes de bétail, un raffinement a été ajouté : le gouvernement vise aussi le quota de 5500 arrestations "d’ aidants". Qu’est-ce donc ? L’article L622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile stipule : "Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 Euros".

Voilà qui a conduit une flopée d’associations à organiser un grand mouvement de protestation le 8 avril dernier sous le titre de Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! Éric Besson avait tenté de minorer la mobilisation en adressant une lettre publique la veille de la manifestation dans laquelle il affirmait : "Toute personne, particulier, bénévole, association, qui s’est limitée à accueillir, accompagner, héberger des clandestins en situation de détresse, n’est donc pas concernée par ce délit.

Et j’observe qu’en 65 années d’application de cette loi, personne en France n’a jamais été condamné pour avoir seulement accueilli, accompagné ou hébergé un étranger en situation irrégulière." Selon lui, seules risqueraient d’être poursuivies les "personnes participant activement aux filières d’immigration clandestine". Des propos qu’il confirmait au micro de France Inter le matin même du jour de la manifestation : "Le délit de solidarité n’existe pas, c’est un mythe". Manque de chance pour le ministre, le Groupe d’information et de soutien aux immigrés (Gisti) est en train de dresser la liste de toutes les condamnations ayant frappé, contrairement aux propos mensongers de Besson, des personnes ayant simplement hébergé ou transporté des sans-papiers : deux l’année dernière, trois en 2007... 32 en tout pour l’instant, chiffre non définitif puisque cette recension est en cours.

Le Gisti précise : "Ne sont donc pas recensées ici les poursuites ayant abouti à un non lieu ou à une relaxe. Elles ont pourtant donné lieu, à chaque fois, à leur lot d’intimidations, de convocations au commissariat ou à la gendarmerie, de gardes à vue, de mises en examen, de perquisitions à domicile pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ne sont pas mentionnées non plus les rappels à la loi, ni les poursuites en cours. Ce recensement des condamnations d’« aidants » est donc loin de refléter l’ampleur du harcèlement dont font l’objet ceux qui apportent un soutien aux sans-papiers. Car, condamnation ou pas, la criminalisation de l’aide au séjour a bien vocation dissuasive".

La liste du Gisti commençant à circuler et faire quelque bruit, voilà que le journaliste Jean-Jacques Bourdin interrogeait hier Besson sur le sujet pour RMC et BFM : "Dans leur propre liste, il n’y a aucun bénévole humanitaire. Deuxièmement - je le dis avec pondération -, la crédibilité du Gisti en la matière, elle est quasiment nulle", a cru bon de répondre le ministre. Rappelons-lui sa lettre : "Toute personne, particulier, bénévole, association (...) n’est donc pas concernée par ce délit. Et j’observe qu’en 65 années d’application de cette loi, personne en France n’a jamais été condamné ...". Qu’il y ait ou pas des bénévoles n’a rien à voir dans l’histoire, si personne n’a jamais été condamné ! Or le Gisti, qu’il est commode de tenter de décrédibiliser sans preuve, avance déjà 32 condamnations (avec des références judiciaires précises) ! On peut regretter que Bourdin n’ait pas réagi à la pitoyable esquive.

Dans la même émission, il fut aussi question de l’opération de nettoyage qui s’était déroulée entre lundi soir et mardi matin, aboutissant à l’interpellation de 200 migrants, juste avant la visite que devait rendre Besson à Calais. La gauche avait qualifié l’opération de mise en scène médiatique, au même moment que Sarkozy relançait le thème de l’insécurité. Mais le ministre l’a justifiée devant Bourdin en arguant qu’elle "visait à rechercher des passeurs et je crois savoir qu’une dizaine d’entre eux sont en garde à vue". Neuf personnes, pour être exact. Sauf que toutes ont été relâchées depuis sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles. Bilan de l’opération, sur 200 interpellations : 3 migrants internés en Centre de rétention administrative, 8 mineurs placés dans des foyers, 189 personnes remises en liberté. Et aucun passeur ! La preuve est donc faite que l’opération était effectivement juste destinée à montrer à quel point la Sarkozie agit contre l’immigration irrégulière. En mobilisant près de cinq cents policiers et gendarmes pour un grand spectacle dans la tradition des police-sarkoshows. Qu’importe : ça n’empêchera pas cet insupportable Besson de continuer de répandre son hypocrisie et ses contre-vérités. A ce sujet, peut-être vous demandez-vous comment sait-on à quel moment il ne profère pas de mensonge ?

Nous avons un truc infaillible à vous livrer : on peut être sûr que Besson ne ment pas lorsqu’il garde la bouche fermée.

plumedepresse.com


Commentaires

Logo de Gilles Lecoq
Encore raté, Éric Besson !
samedi 25 avril 2009 à 03h14 - par  Gilles Lecoq

Bonjour,
La "fermeture du camp de Sangatte", façon Sarkozycienne, fait encore son effet dans un milieu politico-médiatique, mais, n’a, en aucun cas réglé la situation de ces milliers de demandeurs de droit de vivre.Comment peut appeler autrement ce doit là ?? Les différentes politiques menées jusqu’alors sur cette question n’ont en fin de compte aboutis qu’à des "astuces" surnommées Hortefeux et dorénavant Besson.De mal en pis, de cagoules en masques d’hypocrites, nos dirigeants ne veulent pas reconnaître notre propre responsabilité dans ce désastre humain qui poussent ces victimes à vouloir, coûte que coûte, voir en l’UE un idéla de Vie.Hélas, la vérité n’en est que plus désastreuse quand ces gens là campent dans nos forêts, juste pour survivre, alors que ces mêmes dirigeants accordent généreusement des milliards d’Euros à des instituions bancaires responsables de cette crise, et que nous sommes incapables d’accueillir ces migrants aussi dignement qu’une Patrie des Droits de l’Homme se doit de l’être ??
Mieux vaut, justement, en ces Pays, dépenser des sommes considérables pour concevoir des plans de G20, plutôt que d’assister humainement à un exode dont nous sommes toutes et tous responsables.
G.Lecoq.

Agenda

<<

2019

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
28293031123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829301
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Sans papiers

mardi 3 juillet 2007

Selon le quotidien O Globo, les autorités brésiliennes ont infligé une amende à la compagnie Alitalia pour avoir transporté deux voyageurs sans papiers, arrivés à Sao Paolo le 9 mai dernier.

Le premier, connu sous le nom de Benoît XVI, s’appelle Joseph Ratzinger.
Le second, Tarcisio Bertone, est secrétaire d’Etat du Vatican.
Ni l’un ni l’autre n’avait songé à emporter son passeport.
O Globo ne précise pas si les deux clients d’Alitalia avaient subi le contrôle de sécurité au départ de Rome.

Les photos montrent pourtant, très distinctement, un objet métallique assez volumineux, en forme de croix, sur la poitrine de l’un et de l’autre.
Il serait étonnant qu’à leur passage le portique n’ait pas sonné.
A-t-on procédé alors à une fouille manuelle ?
Les longues robes des deux voyageurs - blanche pour le premier, noire avec une ceinture rouge pour le deuxième - devaient bien cacher quelque livre subversif.

Peut-être même le plus subversif de tous : celui qui invite à aimer ses ennemis, tendre l’autre joue et accueillir l’étranger, même sans papiers.

Transmis par Linsay

rougemidi.org

Martin Hirsch a des absences...

mercredi 27 juin 2007

Reçu de Daniel Deriot

Mercredi après midi, près d’une centaine de familles de mal logés de PARIS ont envahi un amphithéatre du Conservatoire National des Arts et Métiers,ou se déroulait un colloque intitulé "travailleurs pauvres et action sociale : nouvelle question sociale ? de l’impensé vers l’action..."Le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, M.Martin HIRSCH aurait dû conclure cette rencontre, mais il ne s’est pas déplacé.

Alors que se terminait le quatrième mini forum de ce colloque organisé par l’École Supérieure de travail Social de PARIS, près d’une centaine de familles ont envahi un amphithéatre du C.N.AM (Paris 3éme) et ont déployé une banderole sur laquelle l’on pouvait lire "Mal logés en colère, non aux expulsions ". Les manifestants souhaitaient attirer l’attention de M.HIRSCH qui n’est autre que l’ancien président d’EMMAUS FRANCE sur les conditions de logement que rencontrent un nombre croissant d’habitants de l’Ile de France.

Le tout nouveau haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté ne s’est pas déplacé, il devait conclure ce colloque de deux jours qui a regroupé des étudiants, des chercheurs et acteurs de l’action sociale autour des thèmes de la nouvelle pauvreté, de la valeur travail et de la construction du lien social... Les participants ont néanmoins mis à profit la fin de ces deux jours pour nouer des liens avec les familles en difficultés qui entendaient faire droit à leurs revendications avec une certaine détermination.