UNEDIC : je coûte cher, mais combien je rapporte ?

mercredi 10 juin 2009
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2 ans de chômage et d’"accompagnement vers l’emploi" un bilan

Par Réseau Solidaire d’Allocataires


« J’coûte cher ! » disait le titre d’une chanson. À part que dans la chanson, la femme profite au moins des fruits de ces dépenses. C’est aussi ce que beaucoup de jaloux reprochent aux chômeurs, même si ceux-ci ne voient pas ce que ces dépenses leur apportent. En quoi coûtent-ils cher à l’Unédic ? Serait-ce cette mirobolante allocation chômage que tant de gens nous envient ? Ou plutôt le prix de chaque prestation où Pôle emploi et autres envoient le chômeur ?

Et pourquoi ces organismes tiennent-ils tant à dépenser des millions pour leurs demandeurs d’emploi chéris ? Pour les réinsérer ? Faire croire aux gens qu’on s’occupe des chômeurs au même titre qu’on donnait un petit coup d’éventail pour aider nos vieux - comme dirait l’autre - lors de la canicule ?
Ou juste casser le service public qu’est Pôle emploi et le remplacer à terme par des boites de placements privées ? Ça ramène à la question :

À qui profite le chômage ?

La misère et le chômage sont des marchés juteux pour les associations et entreprises de tous poils spécialisées dans la réinsertion (exemple : Ingeus) et subventionnées par Pôle Emploi, la Région, la Mairie de Paris. ...
Leur but :
- Ils occupent les chômeurs et leur donnent l’impression de les aider.
- Pôle emploi ne les a pas pendant quelques temps sur les bras, les portefeuilles de chaque agent ANPE étant très chargés.
- S’enrichir sur le dos des précaires ; ça engraisse les boites privées qui se chargent de faire pression sur les chômeurs.

Imaginez un super plan pour trouver un boulot : monter sa propre association de réinsertion, demander une subvention à la mairie de Paris afin d’aider ses semblables à ne plus rester oisifs.

Aaah, heureusement que les chômeurs existent ! Ils permettent à d’autres de jouer les bons samaritains en leur collant des boulots pourris et/ou se retrouvent en contrat d’avenir dans ces mêmes associations.


Dernièrement, ma conseillère de Pôle emploi m’a trouvée affreusement négative. Je suis pourtant allée à tous les ateliers qu’elle et les précédentes m’avaient imposés. Oh, ma langue a encore fourché… je voulais dire « proposés ». Ils n’ont que ça à proposer, accompagnés de contrats d’avenir et pour les stakhanovistes, un supplément EMT pour travailler gratuitement et montrer à quel point on veut faire preuve de bonne volonté.

En revanche, demandez une formation à votre conseiller(e) ; même pas en rêve ! (Ou alors, c’est un miracle) Ils préfèrent engraisser des sociétés privées et des associations, plutôt que de permettre au chômeur de se réinsérer réellement. De Cap Vers l’Entreprise à Ingéus, ils n’ont qu’un but : pousser le demandeur d’emploi à prendre le premier boulot de merde venu, quelqu’en soit le prix. Ses projets, il peut se les garder pour une prochaine vie.

Les miens, je les ai un peu abandonnés. Mais pas question de glander chez Pôle emploi ! Même si vous vous occupez déjà dans votre coin ou que vous êtes autonome.

Non, Pôle emploi sait ce qui est bon pour vous

Ci-dessous, un rapide aperçu des ateliers auxquels j’ai participé (volontaire ou non).

2005 à 2007 :
- Bilan de compétence : on passe une matinée ou 2 par semaine pour faire des tests, parler à une personne qui n’y connaît rien, et pour savoir qu’il n’y a aucun débouché dans le métier que l’on souhaite faire. En règle générale, le chômeur s’en était aperçu avant. Bref, on n’a plus qu’à se recycler dans un boulot alimentaire.
- Validation des compétences : pour se rassurer et éventuellement rassurer le conseiller qui se demande pourquoi diable on n’a pas encore trouvé de travail. On y apprend parfois des comportements à éviter lors d’entretiens d’embauche (on ne se fait pas un rail sur le bureau de la DRH, par exemple)
- Chéquier langues : c’est encore ce que j’ai vu de plus utile. Ceux-là, je les avais demandés, donc, jusque là, pas de problème, sauf pour le 1er, où le rapport qualité n’était pas au rendez-vous.

2007 à 2009 :
- Cap vers l’entreprise : un accompagnement à l’emploi hardcore fait par Pôle emploi (But du jeu : ne pas se suicider avant qu’ils vous dénichent un job, même si c’est tentant)
- Atelier préparation à l’entretien d’embauche : On écrit les réponses aux questions sur un joli cahier made in Pôle emploi. Ça peut devenir amusant si on répond réellement ce qu’on veut sans se prendre à leur jeu débile.
- Atelier vidéo (couplé avec celui du dessus) : les autres participants pointent du doigt toutes les raisons qui font de vous un looser. Mais c’est pour nous faire progresser, hein !
- Cible emploi : une prestation de 3 mois à l’AFEC pour un accompagnement à l’emploi : ça se résume à vous diriger vers les maisons de l’emploi de Borloo où ne sont proposés que des jobs de misère. Après, si on a de la chance, la personne qui vous accompagne tentera de vous caresser dans le sens du poil pour vous motiver. Parce que beaucoup de chômeurs manquent de confiance en eux ; ils ne savent pas toujours que leur poil est brillant et soyeux. Pour ceux qui ont le poil rêche, ne comptez pas sur un produit miracle. Il n’y a que la méthode coué : « Je suis génial, je suis beau, je suis l’employé de vos rêves, je suis hyper rapide, j’adore travailler et je suis méga motivé ! (Oh, j’ai la nausée !) » À répéter 50 fois par jour devant son miroir.
- Encore une validation des compétences, au cas où je serais devenue totalement nulle. Ça peut arriver.

Cela m’apporte t-il quelque chose ? Ben comme les tests psy qu’on fait dans les magazines féminins, non. Ou bien, ça va me conforter dans l’idée que je m’étais faite sur le métier que je voulais exercer. Malheureusement, le monde du travail ne laisse pas de place au rêve et beaucoup de vocations s’en trouvent contrariées. (Snif !)

Et plutôt que de m’encourager à reprendre le travail, ça m’a fait l’effet inverse.

Quand un vendeur insiste beaucoup pour vous vendre un produit à un tarif très bas, demandez-vous ce que ça cache. Ces ateliers qu’on nous force parfois à faire, me donnent cette impression. Dans la majorité des cas, ça n’amène rien au chômeur, mais les boites privées ont la joie de palper les pépettes. Quant aux associations, elles se donneront bonne conscience en embauchant des gens en contrat avenir, après avoir eu leurs subventions : « Ouais, on a casé un chômeur ! On a résorbé le chômage ! »

En fait, je devrais toucher un pourcentage sur l’argent que je fais gagner aux boites privées qui me font perdre mon temps.

Et comme je suis toujours au chômage, j’ai des chances pour qu’on m’en propose d’autres que je refuserai sûrement, à moins de vouloir semer le désordre dans lesdits ateliers. Quand on pense que certains chômeurs se battent pour y participer… cherchez l’erreur ! À nouveau, tout se jouera sur le rapport de force que j’entretiendrai avec ma conseillère et ma résistance à la pression. Le jour où ils comprendront que le formatage ne fonctionne pas sur moi, peut-être me lâcheront-ils. Qu’ils réservent leurs ateliers à ceux qui le souhaitent vraiment ! Ils feront des économies et des heureux.

Parce qu’ils n’ont pas à nous imposer des ateliers et des accompagnements à l’emploi, parce que nous n’avons pas à être radiés pour avoir refusé leurs prestations, ne nous laissons pas faire. Seul, c’est très difficile de résister à la pression. Plus nous serons nombreux à leur dire non, moins ils nous obligeront à assister à leurs prestations sans intérêt. Oublions nos différences et regroupons-nous pour nous opposer à ce harcèlement organisé. Beaucoup savent se retrouver devant un match de foot. Alors pourquoi pas pour défendre nos droits ?

PS : J’aimerais aussi proposer des nouvelles sortes d’ateliers, parce que tant qu’à perdre son temps, autant le perdre en s’amusant. Atelier théâtre, chant, dessin, danse, écriture pour les artistes. Pour les ludiques : ateliers cartes, jeux de société, tir à l’arc, etc… Le genre « cours de la mairie de Paris » en gratuit, quoi. Oui, je sais, on est à Pôle emploi, pas pôle vacances !

collectif-rto.org


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