Les soudards du Honduras, pauvres diables, sont seulets

dimanche 12 juillet 2009
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Ce qui est grave dans le putsch militaire au Honduras n’est pas le putsch en lui-même, c’est plutôt le précédent qu’il peut constituer pour de nouveaux putschs en Amérique latine et, peut-être, dans d’autres parties du monde.

Par Tomás Borge

Il y a quelques années je réfléchissais avec quelques camarades, parmi lesquels le général, aujourd’hui défunt, Liber Seregni, leader du Frente Amplio [Front large regroupant la gauche, (NdT)] de l’Uruguay, sur le rôle des forces armées dans notre continent. Aujourd’hui, les armées ne servent plus qu’à consommer des budgets, disaient certains. Le risque de guerres interrégionales a presque complètement disparu et, quand il y a quelque conflit qui surgit, c’est pour justifier l’existence des forces armées, argumentaient-ils. En règle générale elles sont postiches, si un pays multiplie son armement il oblige d’autres à faire la même chose et le but est là : augmenter ses budgets et faciliter l’enrichissement de quelques chefs d’État et quelques militaires haut gradés, disaient d’autres. Cependant, malgré tout ça et même le fait que Seregni avait été emprisonné durant de longues années par des militaires uruguayens, il défendait avec ardeur la nécessité d’avoir des armées.

Les armées ne servent même plus pour faire des coups d’État, disions-nous tous. Un coup d’État n’a pas de viabilité, aucune perspective pour survivre. Ce jugement était prématuré. Il existe encore des gorilles qui osent se lancer dans des putschs, Le Honduras en a fait la démonstration. Bien que là, ils aient beaucoup de mal à cause de l’extraordinaire rejet au niveau planétaire. Les pauvres diables sont déconcertés, seulets, des charlatans qui se traînent entre la bave et le ridicule. Ils crient des galimatias, ils jurent qu’il n’y a eu ni putsch ni autres monstruosités.

Par l’ambassade du Nicaragua à Tegucigalpa j’ai été informé que, les gens du peuple - paysans, travailleurs, enseignants, étudiants - s’approchent furieux en défiant les singes en uniforme. Ils me disent que les chimpanzés ont tiré au fusil d’assaut sur les manifestants, et qu’ils ont fait quatre morts

La plus grande préoccupation des dirigeants révolutionnaires et même ceux de la droite, est que si le putsch du Honduras devait perdurer, il serait le précurseur incontournable pour exciter l’appétit des poilus qui, pour l’instant, sont tranquilles, dans certains pays du monde. Évidemment, et par chance, tous les militaires ne sont pas des singes, comme l’ont démontré Omar Torrijos, Hugo Chávez et bien d’autres dans ce continent. Ceux-là, sont et ont été les fils de Bolivar et les remarquables élèves de José Martí.

Seulement quelques médias frénétiques, ceux de droite avec un large éventail : La Prensa de Managua, El Correo de Lima, El País d’Espagne, les ennemis de Chávez au Venezuela et CNN, sont à la limite entre le plaisir et l’angoisse.

Zelaya retournera au Honduras accompagné de plusieurs personnalités ce qui mettra à l’épreuve les méprisables soudards et leurs amis insolents de la bourgeoisie. Il est bon de prendre conscience d’où est parvenu le danger d’un recul mortel de la démocratie. Peut-être que ce qui s’est produit à Tegucigalpa est la synthèse du dépit de l’oligarchie, à cause des grands changements politiques, dans ce continent, ce qui peut la conduire au déchaînement et à la stupidité.

Nous sommes tout près de l’égout ou bien d’un nouvel éveil. Pour toujours.

Source : elnuevodiario.com
Traduction : Esteban G., Édité par Fausto Giudice
tlaxcala.es


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