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Brèves
Le tango de l’autogestion
jeudi 7 mai

En 2003, les salariés du luxueux Hotel Bauen à Buenos Aires, déclaré en faillite, ont transformé le palace en cooprérative ouvrière. Aujourd’hui, ils l’occupent toujours illégalement et c’est devenu sous leur houlette une entreprise rentable qui emploie 150 personnes.

La crise a relancé le mouvement autogestionnaire en Argentine, né au lendemain de l’effondrement économique du pays en 2001. Depuis septembre, il y a eu plus de prises de contrôle d’entreprises qu’au cours des quatre dernières années.

En France, on préfère "négocier" les plans sociaux et défiler tous les deux mois.

In Siné Hebdo N° 35 du 6 mai 2009

 
le bus des Faucheurs...
lundi 5 mai

Bonjour,

Le bus pour monter à l’Assemblée Nationale le 13 mai et participer à la chaîne humaine qui entourera l’Assemblée Nationale, alors que débutera à 15h00 la seconde lecture de la loi OGM, partira de St-Etienne (6h00) avec arrêt à Givors et Lyon. Il repartira de Paris dans la soirée, au plus tard à 22h00.

Le coût est de 38 euros.

C’EST LE MOMENT DE S’INSCRIRE...

Contact :
martinechevalier@wanadoo.fr
04 77 34 28 51

 
Douze grands pays pour la Taxe Tobin depuis vendredi dernier
et toujours aucune réaction du mouvement altermondialiste.
vendredi 30 octobre 2009
par luc Douillard
popularité : 1%
james Tobin (1918-2002), Prix Nobel d’Économie 1981

Par Luc Douillard

Déjà quelques jours, et toujours aucune réaction à la hauteur d’ATTAC et de la gauche altermondialiste ! Vendredi 23 écoulé, on a appris que douze États ont donné leur accord pour instaurer une taxe de type Tobin sur les transactions financières. Soit un prélèvement de 0,0005 %, équivalent mathématiquement, selon Les Echos de vendredi 23 et samedi 24 octobre 2009, à un apport de 30 milliards d’euros par ans qui pourrait être destiné à l’aide au développement ou contre le changement climatique.

    (Rappelons ici notre position particulière : Une mauvaise taxe Tobin peut récolter des fonds publics, un peu comme les taxes sur les casinos ou les rejets polluants, mais une bonne Taxe Tobin devrait dans l’idéal ne rien rapporter du tout, puisqu’elle instaurerait de l’anticapitalisme radical en acte, dissuadant effectivement et éradiquant complètement un certain type de flux hyper-spéculatifs devenus ainsi non rentables. Ceci à condition évidemment de hausser nettement le seuil dérisoire de 0,0005 % et d’accompagner cette offensive revendicatrice par d’autres mesures telles que le blocus bancaire des paradis fiscaux, la création d’une monnaie mondiale de référence non spéculative, d’une Cour Internationale permanente réprimant les « crimes économiques et écologiques contre l’Humanité », d’un Traité International conduisant progressivement à un smic universel contre le dumping chinois, à une sécurité sociale transnationale qui serait financée par des ajustements douaniers redistributeurs, d’un dispositif de transparence électronique contre la corruption, toutes mesures proposées depuis quinze ans par le « Mouvement des possibles » de « Nantes Est Une Fête ».)

Les membres de ce tout nouveau « club Tobin » sont donc, depuis vendredi dernier : France, Allemagne, Royaume-Uni, Japon, Espagne, Italie, Belgique, Brésil, Sénégal, Autriche, Chili, Norvège. Bref, les premières puissances du monde capitaliste sauf, pour l’instant, les États-Unis. La faisabilité de la taxe Tobin aurait été validée par une étude de la Banque mondiale et de HSBC, douze années après le premier Réveillon du 1er mai devant la Bourse de Paris en 1997, pour la Taxe Tobin et contre les paradis fiscaux, et onze ans après la création d’ATTAC l’année suivante.

Ce qui est remarquable, c’est l’accord des Anglais, malgré le poids de la City, l’adhésion des Japonais, qui n’était pas acquise avant le récent changement de gouvernement, et le tout récent revirement français, alors que Bercy était réticent jusqu’à peu. Ces douze états réunis vendredi dernier à Paris ont créé un groupe d’experts qui devrait rendre ses conclusions en mai prochain et ils devraient chercher à prospecter de nouveaux pays partenaires, afin de former la masse critique de 60 pays pro-Tobin, jugée nécessaire pour passer à l’acte. (Seuil non indispensable, évidemment, mais qui est usuel et peut s’avérer utile s’il s’agissait de former un Traité International s’imposant effectivement aux législations nationales.) Aux esprits forts qui pensent que ceci n’est qu’une mesure cosmétique visant à aménager le capitalisme le plus sauvage, voire à le faire perdurer, rappelons encore la portée révolutionnaire des revendications de changement fiscal, qui se trouvèrent précisément à l’origine des révolutions américaine et française. (la fameuse « Boston Tea Party » de 1773 contre les taxes britanniques et en France la convocation à motivation fiscale des États-Généraux de 1789)

Même si la taxe Tobin ne devait pas abolir à elle seule la domination de la classe capitaliste, elle serait une mesure d’équité, de dignité et d’efficacité, tout comme d’avoir imposé les seigneurs privilégiés, et non seulement les roturiers, à la contribution publique dont ils étaient exemptés avant 1789. Par ailleurs, il ne tient qu’à la volonté du mouvement populaire de mettre le pied dans la porte, et de profiter d’une introduction légale d’une faible dose de Taxe Tobin pour se saisir du principe, qui est virtuellement subversif, en appeler à l’opinion, et imposer un changement quantitatif de décimales qui serait forcément un saut qualitatif vers une autre société. Pour cela, il faudrait cesser de distraire le peuple avec des jeux politiciens accessoires, et savoir réunir toutes les cultures politiques diverses, comme au temps du CNR de 1944, autour d’un objectif gagnable contre le « fascisme économique » qui caractérise notre époque. C’est ici qu’il faut s’interroger sur la navrante faillite morale et politique du mouvement ATTAC, qui se désintéresse complètement d’une revendication de « taxe sur les transactions » dont il porte pourtant la mention dans son titre et dans le principe argumenté par sa Charte de fondation. (Poussé par les associations ATTAC implantées hors de France, le mouvement a quand même accouché d’un communiqué quasi-invisible, dont la forme et le fond le réduisent à une priorité “de milieu de liste”, donc à une non-priorité, dénuée de tout engagement militant. Voir : france.attac.org

On le constate encore dans le rapport d’orientation proposé ces jours-ci pour l’année prochaine, où le mot Tobin, sans doute trop brûlant, est esquivé, et que la mention “d’instauration de taxes sur toutes les transactions financières” n’occupe que deux lignes sur 70 dans un chapitre sur la finance et les échanges, qui n’est qu’un chapitre à côté de quatre autres volets attrape-tout sur le climat, le social, l’anti-productivisme et la démocratie. Des orientations toujours vagues dont le seul engagement concret consistera pour ATTAC à proposer en 2010 à “ses partenaires” associatifs et syndicaux une “vaste campagne de mobilisation citoyenne” pour mieux choisir sa banque, afin de “favoriser le développement des institutions du crédit solidaire”, c’est-à-dire le secteur dit de l’économie sociale dont on sait bien qu’il n’a guère qu’une fonction d’alibi.)

Cette Charte de fondation d’ATTAC de 1998, on le sait, a été allègrement violée (au prix du découragement et du départ silencieux d’environ 10 000 adhérents par an dès les commencements de l’association) au profit d’une mono-culture militante confisquant la créativité organisée des adhérents et groupes locaux. Comment ? En imposant de force le tourisme militant réservé aux spécialistes privilégiés en ressources matérielles et symboliques (permanents de syndicats et d’associations à double casquette, notamment trotskystes, obsédés uniquement par le management inepte de grands rassemblements occupationnels et inoffensifs, à la fois épuisants pour les énergies militantes et illisibles, comme Gènes, Nice, Porto Alegre, Bombay, Belém, etc.). Ainsi, paradoxalement, le mouvement ATTAC est le premier endroit où il est de bon ton de dénigrer la taxe Tobin comme un objectif utopique, à la fois fastidieux et si peu sérieux, et bien entendu « dépassé ». Une trahison aussi rapide et aussi bien acceptée par le corps social signe une époque : celle de la puissance sans rivale du monopole des permanents subventionnés et intégrés, généralement parisiens, et la profonde crise de la gauche européenne de l’époque Sarkozy-Berlusconi.

Car s’il a fallu trois siècles pour que la confrérie anarchiste d’un charpentier galiléen devienne la religion officielle des possédants de l’Empire romain, s’il a fallu cent ans pour que les beaux mots de socialisme et de communisme deviennent synonymes d’oppression, de cynisme et d’appropriation du bien de tous par une caste bureaucratique et sanglante, si, même, plus près de nous, il a fallu plus de trente ans au bureau national de la CFDT pour parachever l’épuration forcée d’un million d’adhérents combattifs et créatifs, il n’a fallu que deux années à une poignée de bureaucrates inamovibles pour transformer ATTAC en son contraire, avant d’achever de se discréditer en s’entredéchirant pour des querelles dérisoires.

C’est ainsi qu’ATTAC est muette, que la taxe Tobin se fera sans elle, mais, et c’est plus grave, pas sans que les grands dirigeants capitalistes travaillent déjà, on s’en doute, à l’édulcorer.

lucky.blog.lemonde.fr

 

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Messages de forum :
Douze grands pays pour la Taxe Tobin depuis vendredi dernier
samedi 31 octobre 2009
par  Gilles Lecoq

Bonjour,

Navrant, en effet le silence d’ATTAC devant la proposition de 12 Etats, dont la France, de taxer les transactions financières à hauteur, si on peut parler là de hauteur, de 0.0005%, et permettre de "redistribuer" quelques 30 milliards d’Euros.

C’est dans l’ensemble une assez bonne nouvelle, quoiqu’il me semble, sans certitude, qu’il était question au départ de taxer ces transactions à 1%, et là, on passerait à des niveaux de répartition de la Richesse Mondiale un peu plus "normale". Mais là n’est peut-être pas le plus important, ce qui me chiffonne avant tout, c’est que cet argent ainsi récolté, finisse bel et bien dans les poches de ceux qui en ont réellement besoin, en gros, la moitié de la population mondiale paupérisée par ces mêmes nations qui aujourd’hui feraient acte de "solidarité", et non dans celles d’obscurs "fonctionnaires" chargés de mettre en place les mécanismes de "récolte" et de redistribution de cette "manne financière".

Au niveau National, on peut faire référence à la Vignette Automobile et aux sommes colossales encaissées par l’Etat, au départ taxe destinée aux personnes âgées, mais dont on ignore encore comment et ou se sont évaporées celles-ci.

Ne voyez pas là un refus catégorique de ce genre d’initiative, bien au contraire, mais un scepticisme de circonstance devant le fait que notre "Président National" joue plutôt le jeu des Nantis, et non celui de la Fraternité entre les Peuples, ses nombreuses faveurs "royales" envers une certaine "classe sociale", protégée par un certain bouclier fiscal, démontrerai le contraire. Mais on sait très bien que l’effet d’annonce est une de ses spécialités, quand à la véracité de cette prise de position, j’attendrai juste qu’elle soit là, "gravée dans le marbre". et ne reste pas simplement comme un "joli" Conte de Fées que l’on raconte aux petits enfants, le "bel enthousiasme" des dirigeants européens, quand à la participation financière européenne pour la Lutte contre le Changement Climatique, n’est certainement pas à la hauteur des énormes responsabilités de cette même Union Européenne, face aux désastres climatiques qui frappent les Pays les plus Pauvres de cette Planète. G.Lecoq.




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