Par le M’PEP
Résumé
Le Parlement débat en ce moment du Revenu de solidarité active (RSA). Il vise à se substituer au Revenu minimum d’insertion (RMI) et à l’Allocation de parent isolé (API) pour "compléter" les revenus tirés du travail si ce dernier est rémunéré sous le salaire minimum (SMIC).
Ce système, qui pourrait apparaître comme un progrès, est en réalité pervers. C’est le contribuable (petit et moyen) qui se substitue aux employeurs pour payer une partie des salaires des travailleurs. En outre, ce système conforte le maintien d’un chômage et d’une précarité de masse, moyen de discipliner la force de travail pour maintenir les profits et la productivité.

Par Anne Roumanoff
Je me souviens, Mr. Besson, de toutes les fois où j’ai été fière d’être française.
Je me souviens quand j’étais déléguée de classe en quatrième et qu’on a tous chanté La Marseillaise le 11 novembre dans la cour d’honneur du lycée Carnot. Je me souviens de mon père, qui a été caché par une école de la Croix-Rouge pendant la guerre. Je me souviens de la finale de la Coupe du monde en 1998 quand on se sentait invincible en chantant I Will Survive. Je me souviens de Dominique de Villepin à l’ONU qui a refusé la guerre en Irak avec ces mots : "C’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe." Je me souviens du score de Jacques Chirac au deuxième tour des présidentielles de 2002. Je me souviens des Français qui donnent de l’argent au Téléthon alors qu’ils n’en ont pas beaucoup.
Je me souviens que je suis fière d’avoir des origines étrangères. Je me souviens de la cour de récréation quand on me disait "Roumanoff popoff, kalachnikoff" (et aussi "Roumanoff patate" mais ça, c’est parce que j’étais potelée.) Je me souviens de Lydia, ma grand-mère russe. Lydia a changé trois fois de pays dans sa vie (la Lituanie, l’Allemagne, la France). A 78 ans, elle a été chez son coiffeur en demandant qu’on lui fasse la même coiffure que Lady Di. L’année de la terminale, je déjeunais tous les lundis chez elle. Quand j’essayais de lui parler le russe (que j’avais choisi en deuxième langue), elle protestait "parrle français je ne comprrends rien." Mon prof de russe était polonais, ça ne m’a pas aidée pour l’accent.
Je me souviens de Gracia, ma grand-mère du Maroc. Gracia rêvait de devenir écrivain. Quand elle tapait un énième début de roman sur une petite machine à écrire mécanique au milieu de ses sept enfants qui piaillaient, sa sœur lui demandait moqueuse : "Ça va, Victor Hugo ?" et ma grand-mère, convaincue de son destin, haussait les épaules. Je me souviens qu’au lycée, quand on me demandait "Roumanoff, c’est de quelle origine ?" », parfois je répondais "chinois" pour m’amuser.
Je me souviens de l’immense espoir suscité par la diversité dans ce gouvernement il y a deux ans et demi. On nous promettait d’agir ; maintenant on nous annonce qu’on va réfléchir. Ségolène Royal et Marine Le Pen trouvent que c’est une bonne idée. Alain Juppé, Christine Boutin et Martin Hirsch ne sont pas convaincus. Rama et Fadela sont étrangement silencieuses. Rachida s’en moque, elle pose en couverture de Gala.
L’identité nationale, Mr. Besson, puisque vous voulez absolument y réfléchir, c’est aussi râler, tout critiquer, ne jamais être content, se croire plus malin que les autres, doubler dans les queues, aimer bien manger, boire trop, savoir s’habiller, mal parler anglais, ne jamais avoir tort, avoir l’air au courant de tout, n’être dupe de rien, n’en penser pas moins. Quand je pars en vacances à l’étranger, au début je suis contente de ne plus voir de Français. Et puis très vite, ça me manque. À l’aéroport, au retour, quand j’entends des gens qui ronchonnent, sans même avoir besoin de tourner la tête, je sais que ce sont des Français. J’ai retrouvé mon identité nationale.
Je me souviens quand Halloween n’existait pas et que le 1er novembre, c’était juste la Toussaint. L’opticien à côté de chez moi a décoré sa devanture avec des toiles d’araignées et a mis une grosse citrouille dans sa vitrine. Je ne suis pas sûre que ça lui fasse vendre plus de lunettes.
Je ne suis pas sûre que ce débat sur l’identité nationale fasse remonter la cote de popularité de ce gouvernement. Ça n’est jamais bien de poser des bonnes questions pour de mauvaises raisons.
Chère Anne Roumanoff,
J’ai beaucoup apprécié votre article et partage tout à fait votre point de vue sur la question.
Mais ne serait-ce pas encore un coupe-feu de plus allumé par ce Gouvernement de marionnettes,toujours aux ordres, dont un Nain aux ambitions démesurées tirent les ficelles, alors que certaines échéances électorales pointent le bout de leur nez, et que le "bilan" de début du Quinquennat de M.Sarkozy peut prêter à "confusion" !!!
Un autre de ses sbires, le très "cher" Boute-Feux Hortefeux, ne veut-il pas également appliquer un "Couvre-Feu", (carrément !!Le Maréchal est plus très loin !!!), afin d’endiguer une recrudescence de la délinquance infantile, cela sent, qui dis-je, pue, les relents de la vieille méthode dont TF1 joue si habilement, avec ses pseudos reportages fait par de pseudos journalistes, sur la montée de la "violence" dans l’hexagone, menée bien entendu par des "groupuscules infiltrés" de l’étranger, bien évidemment, étrangers barbus et au "teint basané", afin de mettre le Pays à feu et à sang ??
Cette méthode a déjà fait ses preuves, certaines accointances avec l’extrême-droite n’est plus à démontrer, le cadeau d’1 milliard et demi promis aux agriculteurs fait aussi de ce Marketing Électoraliste, et je pense au contraire qu’il va falloir, dans les semaines à venir, devoir se taper toutes sortes de dérives plus malodorantes les unes que les autres, afin de redonner du lustre au Blason d’un certain Prince Hongrois, qui a déjà pris pas mal d’éraflures depuis qu’il se prend pour le nouveau Jaurès-Blum-Moquet-Bonaparte-Napoléon-De Gaulle....etc...., on a que l’embarras du choix, mais qui a simplement oublié en route, qu’il ne suffit pas d’avoir l’air agité, voire surexcité, pour agir.
Et enfin, faudrait savoir si on doit devenir finalement Européen, comme on nous l’a dit, redit et juré grâce à ce perfide Traité de Lisbonne, ou rester franchouillard, raciste à en crever, gobant tout et n’importe quoi par ce que TF1 l’a dit, ou bien tout simplement, devenir Citoyen du Monde ?? G.Lecoq.