Le député (PS) de l’Essonne Manuel Valls a estimé récemment sur Radio J qu’il était "incontestablement" nécessaire que les budgets nationaux soient contrôlés par Bruxelles.
Mais le bouillant Valls n’a pas l’air de trouver qu’il serait normal que les contrôleurs d’un budget européen soient "incontestablement" élus.
Jusqu’alors plutôt discrets sur leurs relations avec les tarés des mouvements anti-IVG, les évèques français se lâchent : ils sont 24 à avoir rejoint le Comité de soutien à la "Marche pour la Vie" qui s’est déroulée le 17 janvier à l’initiative de toute la nébuleuse de groupuscules intégristes que compte notre beau pays.
Parmi ces prélats, relève la revue Golias, on compte des pointures comme le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon. Le site Internet du diocèse lyonnais fournissait même les indications pour se rendre à la manif parsisienne. Merci !
In Siné Hebdo N°72
En France, la grippe porcine serait sur la pente descendante, tout comme dans de nombreux pays. Pour le réseau SOS Médecins, l’activité diminue dans la plupart des régions et, à l’hôpital, la diminution du nombre de passages aux urgences pour grippe se poursuit.
En Allemagne, l’État fédéral de Brême a fait savoir qu’il voulait annuler le contrat qu’il avait conclu avec les compagnies pharmaceutiques, au sujet du vaccin contre la grippe porcine, à cause du manque d’intérêt de la population pour ce vaccin. Selon les estimations des autorités, 4 % seulement de la population de Brême a été vaccinée, ce qui laisse à l’Etat plusieurs millions de doses de vaccins inutilisés dont la facture s’élève à 30 millions d’euros.
Sylvie Simon
Tout augmente.
En 2005, participation de 2 euro sur le remboursement des consultations et autres examens.
En 2006, mise en route du forfait dit "18 euros" pour tous les actes techniques dont la valeur dépasse les 91 euros.
En 2008, instauration des franchises médicales : et hop ! 0,50 euro par boîte de médicaments (enfin, ceux qui n’ont pas été déremboursés) et aussi 0,50 euro par acte infirmier, et encore 2 euros par transport sanitaire.
Dans le budget 2010, une augmentation de 2 euros pour le forfait hospitalier, qui passe à 18 euros !
Enfin, tant que sont remboursés les antidépresseurs... ça va encore !
In Le Canard Enchaîné
Hervé Novelli, Secrétaire d’État au Commerce, a dévoilé sans boum boum ni pouêt pouêt le chiffre d’affaires moyen des auto-entrepreneurs : 4 200 euros par trimestre pour ces nouveaux chevaliers de la France qui bouge son cul.
Une fois déduits les charges, impôts et autres dépenses professionnelles, il doit leur rester, en gros, un RMI par mois. Mais la fierté d’être chef d’entreprise, ça n’a pas de prix...
Travailler plus pour en chier plus ?!
In Siné Hebdo

Par Yann Fiévet
La gangrène que représentent l’hégémonie de la doxa managériale et ses effets dévastateurs sur les corps et les esprits des hommes et femmes au travail est désormais patente. Elle reste cependant encore insuffisamment dénoncée. La puissance publique, essentiellement incarnée par l’État central et ses échelons déconcentrés, est ici gravement en cause puisqu’il instaure chaque jour davantage dans l’Administration du bien commun les méthodes de la gestion des firmes privées industrielles et commerciales.
L’exemple du désastreux traitement réservé au sein de l’Éducation Nationale aux assistants de professeurs et élèves handicapés – et par conséquent aux légitimes bénéficiaires de cette assistance – est éminemment symptomatique à cet égard. Le mépris particulier pour la question du handicap aide à comprendre l’inhumanité douce qui règne aujourd’hui dans la plupart des organes de la société où travaillent des individus.
Parler d’assistants de professeurs et d’élèves handicapés est déjà un abus de langage puisqu’un tel statut n’existe pas au pays de France. Ce sont des assistants d’éducation (AE) qui accompagnent les professeurs tandis que les élèves sont accompagnés par des auxiliaires de vie scolaire (AVS), ces deux catégories d’emplois précaires n’ayant pas été créées spécifiquement pour que la question du handicap soit prise sérieusement en charge par l’école publique. Il n’est demandé à ces assistants qu’une seule chose : être titulaire du baccalauréat. Aucune formation particulière ne leur est dispensée et aucune qualification dans le domaine de l’aide aux handicapés n’est exigée. Ils sont rémunérés au SMIC et ne peuvent exercer cette activité que pour une durée maximale de six ans. On avouera que pour ce qui devrait être reconnu comme un métier à part entière – à l’instar de ce qui existe dans d’autres pays – tout cela est un peu court ! Voilà pour le cadre général ; les avatars du vécu des personnes concernées sont plus édifiant encore.
En voici un florilège pris dans le quotidien pénible des victimes forcément involontaires de l’indifférence ambiante et du réflexe gestionnaire. Un professeur dûment reconnu travailleur handicapé – donc reconnu apte à poursuivre l’exercice de son métier – doit lui-même la plupart du temps trouver son assistant, les « services compétents » ayant très rarement quelqu’un à lui proposer. Un professeur de lycée dont le handicap visuel a évolué demande en février 2006 l’extension à plein temps du poste de son assistante. Jusqu’à la fin du mois de septembre il se heurte au refus du Directeur des ressources humaines – on biffera le terme inutile – de l’Académie de Versailles. Ce fonctionnaire de l’éducation proposa même que l’on détermine le service de l’assistante à partir de 36 semaines de cours au lieu de 39 initialement prévues afin d’allonger le temps de travail hebdomadaire.
Un calcul simple montre que le temps ainsi dégagé par semaine en dehors des cours est de 1h30. Voilà un DRH s’occupant du personnel enseignant qui croit qu’en 90 minutes par semaine il est possible de corriger plusieurs paquets de copies et de préparer les cours. Dans un lycée du Val d’Oise, une élève de Première Littéraire est restée sans assistante jusqu’au 7 décembre dernier. La famille proposait quelqu’un en la personne d’une adulte connaissant le braille et s’étant occupée d’élèves handicapés visuels durant les six années précédentes. Cette personne a enfin été nommée par « dérogation exceptionnelle » alors que le premier trimestre était presque achevé. Ayant épuisé les six années auxquelles elle pouvait prétendre, il était « impossible dans l’état actuel des choses » de lui faire, eu égard à ses compétences indiscutables, un vrai contrat de travail. Le responsable chargé de l’intégration des élèves handicapés au rectorat de Versailles – décidément ! – était étonné que l’offre adressée au Pôle Emploi pour le recrutement d’un assistant connaissant le braille mais payé au SMIC soit restée lettre morte. On croit rêver !
La loi de 2005 dite « sur le handicap » est à bien des égards un effet d’annonce. Elle affirme un certain nombre de principes juridiques quant à l’intégration des handicapés dans le monde du travail et à l’école, mais est plaquée sur une réalité dont on n’a pas préalablement fait suffisamment le diagnostic afin de mesurer pleinement les moyens à mettre en œuvre pour réussir ladite intégration. De là à penser que la volonté de faire vraiment celle-ci fait défaut, il n’y a qu’un pas que seul celui qui vit l’indifférence relative de l’intérieur ose franchir car il parle d’autorité sans attendre d’être admis à le faire. Voilà quelques années le recteur de l’académie de Versailles – non ? – avait mis en place une commission destinée à « plancher » sur la question de l’amélioration des conditions de travail des professeurs handicapés. Le professeur autorisé à porter témoignage devant cette instance était prêt à le faire. Il le fit savoir. Il ne fut jamais sollicité.
Il apprit un an plus tard que cette commission s’était réunie une fois puis avait été dissoute. Nulle part dans cette Grande Maison que représente l’Éducation Nationale on ne se sert des expériences réussies par le passé pour renforcer l’accueil futur des professeurs et élèves handicapés. En fait, on ne les prend que comme des expériences à ne surtout pas faire essaimer. Il y faudrait des moyens matériels et un regard différent sur le handicap dans lesquels on se refuse à investir en ces temps de Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP). Les vrais serviteurs de l’action éducative savent bien que les deux premières lettres de ce machin technocratique ne signifient rien d’autre qu’un rabougrissement général.
N’est-ce pas dès l’école que le regard des enfants et adolescents sur le handicap se forme ? Y a-t-il plus grande richesse en ce domaine que la confrontation dans le travail scolaire de professeurs et élèves tous à la fois handicapés et non handicapés ? Bien sûr il est plus facile de renvoyer les premiers dans des établissements spécialisés. On s’appauvrit alors.
Yann Fiévet
In Le Peuple Breton de Janvier 2010