Rachida Dati ne doute de rien. Constatant les difficultés d’Éric Besson, elle a téléphoné à Nicolas Sarkozy voilà deux semaines pour lui dire que, s’il cherchait à remplacer son ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, elle pourrait faire l’affaire !
Le président qui a pris bonne note, s’est cependant empressé de raconter la chose à Besson...
In Nouvel Obs N° 2364 du 25 février 2010
Nouveau camouflet pour le Parquet dans le dossier des sabotages des lignes TGV : La Cour d’Appel de Paris vient d’alléger le contrôle judiciaire auquel les mis en examen étaient soumis depuis un an.
Julien Coupat et ses amis peuvent à nouveau aller où bon leur semble. D’après un de leurs avocats, le groupe aurait prévu de passer la fin de l’année à Tarnac. Braveront-ils la seule interdiction maintenue par la Cour d’Appel : celle de "se recevoir, se rencontrer ou d’entrer en relation" ? Et les gendarmes troubleront-ils la fête ?
In le Nouvel Observateur N° 2355 du 23 décembre 2009
Un nouveau système de veille sur internet sera bientôt mis en place par la cabinet de Brice Hortefeux.
Le ministère de l’intérieur s’apprête à lancer un système de veille sur internet. Élaboré sous l’égide de Michel Bart, directeur de cabinet de Brice Hortefeux, le projet vise à mobiliser des policiers sur les sites spécialisés, les blogs, susceptibles d’abriter des auteurs d’infractions. Il pourrait notamment renforcer les moyens de la police dans la lutte contre les auteurs de violences urbaines et les phénomènes de bandes. Il est déjà à l’oeuvre à la préfecture de police de Paris pour la capitale et les départements de la petite couronne.
Onze jours avant le carnage de Conakry, une délégation de la junte au pouvoir en Guinée était reçue par Claude Guéant et Patrick Balkany.
Pour le maire de Levallois, le quai d’Orsay, qui s’oppose à la candidature à la présidentielle de Moussa Dadis Camara, est "à côté de la plaque", car "c’est un citoyen guinéen comme les autres".
Un citoyen comme les autres responsable de la mort de 157 opposants venus manifester contre sa candidature moins de deux semaines plus tard. Pour Balkany, "les problèmes de l’Afrique ne se posent pas en termes d’élection. Il y a des problèmes plus sérieux que ça".
C’est vrai ça, on ne se posait pas tant de questions au temps béni des colonies...
In Siné Hebdo N° 58
Les fonctionnaires qui réclament des embauches ne comprennent pas « la gravité de la crise », selon Nicolas Sarkozy. Jeudi, une partie de la fonction publique était en grève pour les salaires et les emplois. Les propos du chef de l’Etat ont suscité la colère des syndicats.
"J’ai grand respect pour la démocratie, j’ai grand respect pour le droit de manifester mais quand j’entends des slogans des manifestations de ces derniers jours d’une petite partie de la fonction publique d’État, je me demande s’ils se rendent compte de la gravité de la crise", s’est interrogé Nicolas Sarkozy lors d’un discours sur l’économie en Haute-Savoie.
"Que des gens viennent de bonne foi nous demander en réponse à la crise d’embaucher davantage de fonctionnaires, je me demande s’ils ont bien compris dans quel monde nous vivons", a-t-il ajouté, sous les applaudissements.
La FSU, première organisation syndicale de la fonction publique, n’a pas tardé à réagir : "Plutôt que de jeter une nouvelle fois les fonctionnaires en pâture à l’opinion en les désignant comme d’insupportables budgétivores, le Président ferait mieux de voir que dans cette crise les valeurs de l’intérêt général et du service public". "C’est précisément parce que la crise est grave que ses revendications sont justifiées", ajoute la Fédération.
Nicolas Sarkozy "semble n’avoir rien compris à la détérioration dramatique des conditions de vie des Français eux-mêmes, qui plus que jamais nécessite un service public fort, protecteur et de qualité", estime de son côté Razzy Hammadi, secrétaire national du PS.

Par Marie Payrard, Jérôme Talpin et Bruno Graignic
Nicolas Sarkozy a repris son avion, les militants ont rangé leurs drapeaux et la Réunion a retrouvé un peu d’accalmie. Mais dans son sillon, le président a laissé une addition salée qui aura peut-être du mal à être digérée face à l’ampleur de la dette publique. Environ 1,6 million d’euros a été dépensé pour son déplacement de 24 heures à la Réunion, dont 50 000 euros de climatisation pour son discours. Voici le détail de la note...
C’est assez logiquement la dépense la plus élevée de cette visite. Quatre avions ont été mobilisés pour l’occasion. Le président a voyagé avec son aréopage dans l’A319 présidentiel, dont le tarif s’élève à 8 970 euros / heure de vol. Un deuxième A319 a suivi le cortège pour assurer le déplacement d’un pool de journalistes et de sa délégation. Comme pour tout voyage présidentiel, un Falcon 50 s’est également déplacé en secours à vide, hormis l’équipage. Son coût : 4 553 euros / heure de vol. Ces trois avions ont fait le déplacement entre Paris / Mayotte / Pierrefonds / Gillot / Djibouti / Paris. Sachant qu’ils ont effectué 22 heures de vol aller-retour, l’utilisation de ces trois appareils a coûté 500 000 euros. Un quatrième avion s’est posé à la Réunion, sans faire de halte dans le Sud. Il s’agit d’un A310 transportant une partie des journalistes et du reste de la délégation. Son coût de revient : 315 000 euros. Il est beaucoup plus onéreux mais a également réalisé un trajet moins long. Pour des raisons de sécurité, l’avion présidentiel a atterri à Pierrefonds sous le nom de “USA Coast guard” ; le deuxième A 319 s’intitulait logiquement “French Air Force” ; le Falcon 50 a été rebaptisé “Bulgaria Air Force” tandis que l’A310 est devenu un “Ukraine Air Force”. À ces 815 000 euros, il faudrait bien entendu ajouter les frais engendrés par le déplacement des quatre hélicoptères qui ont transporté le président et ses proches entre Saint-Pierre et Saint-Denis, mais le coût horaire très élevé de ces engins reste un mystère.
10 000 invitations cartonnées personnalisées ont été envoyées par la préfecture aux fonctionnaires, militants, chefs d’entreprises et autres commerçants de la Réunion afin d’assurer une foule suffisamment compacte pour la présentation des vœux de Sarkozy mardi soir. Avec un timbre à 73 centimes d’euros, la préfecture a dépensé environ 17 000 euros dans l’envoi de ces invitations.
La location de la salle des expositions pour les vœux de Sarkozy, deux halls du Parc des expositions, a coûté, selon Jean-Michel Ahtoy, “10 000 euros”. La lumière et la sono ont également été commandées. “Rien de fou là non plus, c’est bien loin de ce qui est dépensé pour un concert de Johnny”, explique l’homme de la Nordev. Certes. Aucun chiffre n’est avancé pourtant. Idem pour le personnel mobilisé pour l’accueil, le nettoyage et tutti quanti. Personne ne se risque à annoncer les montants dépensés. Le directeur de la Nordev, qui négociait en direct avec l’Élysée, a pris des vacances soudaines. La préfecture, qui a en main tous ces chiffres, ne lâche rien. Une chape de plomb entoure le montant du déplacement présidentiel.
Et non, finalement, selon Jean-Michel Ahtoy le responsable du service congrès à la Nordev, l’Élysée a renoncé à faire installer une salle de bains au Parc des expos. Trop cher ? Certainement pour une simple heure de vœux. Mais ce n’est certainement pas la raison principale. Il y a déjà eu un fâcheux précédent. La Cour des comptes avait révélé que lors de la présidence européenne, l’Élysée avait entre autres gabegies fait installer une salle de bains pour 245 572 euros au Grand Palais (montage et démontage compris). Et ce pour des locaux ayant servi tout au plus quatre heures… Pour le coup pas de dépense aussi faramineuse. L’homme de la Nordev martèle d’ailleurs qu’il n’y a pas eu “d’extravagances” et que “tous les prix ont été discutés”. Il n’empêche. Pour l’occasion, l’Élysée a réclamé l’installation d’une climatisation toute neuve sous l’estrade. Pas question que le président apparaisse avec des auréoles sous les bras en plein direct. En revanche, le public n’avait qu’à s’éventer avec son carton d’invitation. Au total, cette blague aura coûté, selon nos informations, la bagatelle de 50 000 euros à l’Élysée.
À l’occasion des vœux de Nicolas Sarkozy à la France de l’Outre-mer mardi soir au Parc des expositions, un buffet a été préparé par le traiteur Saint-Pierrois Stella. À l’origine, la préfecture avait imaginé la présence de 6 000 invités. Mais à force de battre le rappel, les convives ont été bien plus nombreux. Il a fallu rajouter 18 000 pièces. Au total, ce sont donc 90 000 petits fours, dont 30 000 samoussas, qui ont été engloutis par le public venu applaudir Sarkozy. Selon nos informations, les prix auraient été négociés à 20 centimes l’amuse-gueule. Soit un total de 18 000 euros. À cela, il faut ajouter les 1 200 euros de petits-fours avalés à la ferme solaire Akuo à Saint-Pierre. La somme engagée pour les cocktails s’est donc élevée à 19 200 euros. “Je n’ai fait aucun bénéfice, assure le responsable du Stella. Ils ont beaucoup marchandé et ont obtenu un prix vraiment bas. Ça change complètement des précédentes visites présidentielles. À l’époque de Chirac ou Mitterand, on ne comptait pas.” Nous n’avons pas réussi à obtenir le coût des boissons, dont les caisses de champagne. Nous ferons donc une estimation basse à 1 500 euros. Par ailleurs, la délégation a déjeuné mardi midi au restaurant Le Palm. 55 couverts dont le montant n’a pas été dévoilé et que nous estimerons à 2 500 euros.
Le président de la République a vu les choses en grand côté hébergement puisqu’il a choisi l’un des plus luxueux mais aussi plus onéreux hôtel de la Réunion : Le Palm hôtel & Spa de Petite-Île. Il a retenu voilà un mois 55 chambres pour 55 personnes (ministres, conseillers, personnel de sécurité, chefs d’entreprise…). Les réservations ont concerné des demi-pensions en saison basse pour trois lodges (1 536 euros), dont l’une pour le président, 14 chambres junior suite (4 508 euros), 16 chambres de luxe (4 512 euros) et 22 chambres supérieures (5 588 euros). Le coût total de la facture : 16 147 euros. Un chiffre à nuancer par le fait que des négociations entre la direction de l’hôtel et l’Élysée ont permis de réduire la note. Le Palm n’a pas souhaité communiquer le montant de ces négociations. Nous évaluons cette ristourne à environ 20 % de ce prix, ce qui reviendrait à un total de près de 13 000 euros. Sachant que les extras n’ont pas été comptabilisés. Selon Fabrice Manson, directeur de l’établissement, le Spa n’a en tout cas été utilisé par aucun client. Les dix autres chambres de l’hôtel qui avaient été réservées de longue date par d’autres clients n’ont finalement pas été occupées. Les clients ont été redirigés vers d’autres établissements hôteliers, dont l’Iloha, qui appartient au même groupe.
Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit un président. Le Palm hôtel & Spa n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands pour recevoir Nicolas Sarkozy et ses 55 convives. L’effectif au complet (une centaine d’employés) a été mobilisé pour l’occasion. “C’était un moment intense pour toute l’équipe, et tout s’est très bien passé, assure Fabrice Manson, directeur de l’établissement. Il nous a beaucoup remerciés. Nous avons été surpris par autant de gentillesse et de simplicité.” Nicolas Sarkozy a dormi dans l’une des trois lodges que compte la structure et n’avait “pas d’exigences particulières”, soutient le directeur, hormis sécuritaires. “Il était là pour travailler, et ça se ressentait.” Quelques semaines auparavant, différentes propositions de menus ont été envoyées à l’Élysée qui a fait son choix. L’établissement a souhaité mettre en avant les produits de la Réunion tout en alliant le raffinement. Palmiste, foie gras de Saint-Joseph, bœuf de la Plaine-des-Cafres, ananas Victoria et letchis… autant de mets qu’aurait “apprécié” le président. Le président n’a pas laissé de petit mot sur le livre d’or mais a remis une médaille de la République française à l’hôtel et a accepté de se faire photographier aux côtés des employés de l’établissement. Photo qui trônera désormais au-dessus de la réception. |