En France, il y a des défaites qui valent des victoires

lundi 25 janvier 2010
par  Sylvie Simon
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Par Sylvie Simon

« En France, il y a des défaites qui valent des victoires », signalait Pierre Daninos dans Les Carnets du Major Thompson.

Roseline Bachelot s’est peut-être rappelé cette citation pour la faire sienne lors de son audition par la Commission des Affaires Sociales. En effet, après l’échec cuisant de sa campagne contre la Grippe porcine, elle crie victoire : « Certes, je pourrais m’adresser à moi-même un reproche dans ces circonstances : non pas celui d’en avoir trop fait pour protéger nos concitoyens du risque pandémique, mais celui, peut-être, de ne pas en avoir fait assez pour les protéger de l’irresponsabilité de certaines personnalités publiques et de la désinformation qu’elles ont organisée. »

Ainsi, ce fiasco doit être imputé à « l’irresponsabilité de certaines personnalités publiques » et à la « désinformation qu’elles ont organisée ». Décidément, Madame Bachelot a le sens du comique, d’autant qu’elle ajoute : « Nous avons vraiment réussi à convaincre que la vaccination était un acte de prévention, mais nous avons aussi réussi à gagner cette conviction grâce à une pharmacovigilance extrêmement pointilleuse. » Et, toujours fière d’elle, elle conclut : « Nous avons gagné cette bataille de la communication ». Avec à peine 8 % de la population vaccinée alors qu’elle en espérait 80 %, et en admettant que le chiffre de 5 millions soit exact, ce qui n’est pas prouvé, il n’y a qu’elle pour oser se féliciter de cette « victoire ».

Et sans aucun état d’âme, elle a ajouté qu’elle était « très attachée à l’usage raisonné de l’argent public ». Qui pourrait la croire étant donné le gâchis qu’elle a pu faire avec l’argent des contribuables. On pourrait aussi se demander si elle est sincère ou si elle ment effrontément, lorsqu’elle affirme : « La pharmacovigilance très stricte que nous avons déployée nous enseigne que les vaccins sont sûrs ». Il est notoire que ce vaccin a été développé en quelques semaines seulement, qu’il n’a fait l’objet d’aucune évaluation clinique sérieuse, et que certains des adjuvants sont bien connus pour leur toxicité. En outre, aucun laboratoire n’a pu dire s’il fallait une ou deux doses du produit, ce qui ne s’est jamais vu dans un processus sérieux d’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).

Ces affirmations non fondées ne doivent pourtant pas nous surprendre de la part de notre inénarrable ministre qui avait affirmé en 2009, lors d’une émission de santé sur la 5, que la vaccination contre l’hépatite B n’était « responsable d’aucune maladie en France », que c’était « une polémique », alors que l’État français avait déjà indemnisé plus d’une centaine de victimes de ce vaccin et que des experts estiment que le nombre minimum de victimes s’élève à 60 000 rien que pour la France.

À la fin de sa pitoyable plaidoirie, elle a affirmé « et je ne changerai pas d’opinion », ce qui fait supposer qu’elle ignore même le proverbe populaire sur ceux qui ne changent jamais d’avis.

Quoi qu’il en soit, bien que la « pandémie » soit passée, on continue — timidement il faut le dire — à faire de la publicité afin que quelques gogos aillent encore se faire vacciner chez les médecins généralistes — il était temps —, mais cela ne changera guère le problème des vaccins invendus. En effet, les groupes pharmaceutiques exigeront d’être dédommagés comme le prévoit le code des marchés publics dans les cas de désistement des autorités publiques, même si notre ministre a l’intention de « discuter très fermement » et a « un certain nombre d’arguments à faire valoir », car des commandes comptant pour 50 millions de vaccins « n’avaient été ni livrées, ni payées, elles sont donc résiliées ». Toutefois, notre ministre a admis que les contrats ne comportaient « pas de clause de résiliation » et, le 5 janvier 2010, elle avouait sur RTL, qu’en réalité, seul Sanofi-Pasteur avait pour l’instant accepté d’annuler une commande de 9 millions de vaccins « sans aucune indemnité ». Les contribuables devraient bientôt savoir ce que toute cette gabegie va réellement leur coûter autant en ce qui concerne leurs impôts que leur santé, car les rapports de nombreux accidents commencent à arriver.

Sylvie Simon


Commentaires

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En France, il y a des défaites qui valent des victoires
samedi 30 janvier 2010 à 21h21 - par  troy1

Mais quelles vont être pour l’Institut Pasteur les conséquences de cette annulation « sans aucune indemnité » ?....