Par le M’PEP
Résumé
Le Parlement débat en ce moment du Revenu de solidarité active (RSA). Il vise à se substituer au Revenu minimum d’insertion (RMI) et à l’Allocation de parent isolé (API) pour "compléter" les revenus tirés du travail si ce dernier est rémunéré sous le salaire minimum (SMIC).
Ce système, qui pourrait apparaître comme un progrès, est en réalité pervers. C’est le contribuable (petit et moyen) qui se substitue aux employeurs pour payer une partie des salaires des travailleurs. En outre, ce système conforte le maintien d’un chômage et d’une précarité de masse, moyen de discipliner la force de travail pour maintenir les profits et la productivité.

Par Napakatbra
Une bombe atomique sociale... Les cabinets d’avocats et les syndicats découvrent peu à peu l’étendue de l’arrêt du 1er juillet 2009 de la Cour de cassation, qui enjoint les entreprises de respecter le principe d’égalité de traitement entre salariés, cadres et non cadres. L’insurrection (tant attendue) est finalement venue... de la Cour de cassation !
En tout début d’été, dans son arrêt n°1575 du 1er juillet 2009, la Cour de cassation a lancé une petite bombe sociale. Un obus à fragmentation balancé dans une raffinerie en surchauffe, qui ne demande plus qu’à exploser.
Pour résumer, le jugement en question a donné raison à M. X le bien nommé, démarcheur livreur de DHL Express, mécontent de ne bénéficier que de 25 jours de congé par an, contre 30 pour les cadres. Pour sa défense, l’employeur faisait état de "l’importance des responsabilités" des cadres. Mais la Cour lui a opposé l’égalité de traitement entre salariés et l’obligation de fournir des "raisons objectives" vérifiables pour justifier les avantages catégoriels. M. X, comme tous les non-cadres de sa société, pourra désormais bénéficier de 30 jours de congés tous les ans.
Ce n’est pas la première fois que la Haute juridiction va dans ce sens. Mais cette fois-ci, la grande nouveauté, c’est que la Cour applique son raisonnement à un accord d’entreprise. Et la jurisprudence risque de faire mal. Car qui dit "accord d’entreprise" dit aussi "accord de branche" ! Congés payés, indemnités de licenciement, mutuelles, capital-décès... la plupart des 700 conventions collectives de France et de Navarre présentent des différences de traitement entre cadres et non-cadres, totalement impossibles à justifier au sens de la Cour de cassation. Ce que précise l’avocat Éric Rocheblave, sur son blog : "Une telle démonstration de critères objectifs et pertinents s’avère difficile voire vaine [...] Il convient de se rendre à une évidence : les différences de traitement entre catégories professionnelles ont vécu. Dès lors, salariés : n’hésitez pas à formuler vos demandes de rappels de salaires et autres avantages !".
Le jugement de la Cour de cassation a d’ailleurs déjà fait des émules. Le 4 novembre 2009, la Cour d’appel de Montpellier a donné raison à une salariée non cadre d’une cave coopérative agricole licenciée économique qui réclamait une indemnité de licenciement calquée sur celle des cadres, plus généreuse. Ne voyant "aucune raison objective et pertinente" à cette situation, les juges ont donc fait sauter la différence de traitement. De tels arrêts vont rapidement se multiplier. Et les entreprises, acculées, vont rapidement dénoncer les conventions collectives, afin de mieux les renégocier... à la baisse. Il va seulement falloir trouver des syndicats pour les signer. Un détail.
Amusant, les syndicats de Veolia ont récemment défendu le double taf de leur chef, Henri Proglio. Pour mieux réclamer l’alignement des avantages sociaux de tous les salariés sur les siens ? Oups.
"Détail" .... peut-être pas : à partir de 1787, c’est le judiciaire de l’Ancien Régime (les Parlements ) qui ont mené la Fronde et entraîné sa paralysie progressive !... Ce pouvoir épuisé, socialement, éthiquement puis finalement financièrement s’est désintégré dans la Révolution !...
Constatons un courant dérivant similaire : la "Justice" va se retrouver de plus en plus en guéguerre avec le législatif et l’exécutif [hargneux !].... Quant aux syndicats-bidon ( voir moins ...), ils joueront le rôle des corps de métiers !... Ces corporations, les révolutions les ont abolies aussi ( et parfois, avec trop de précipitation !...)