Chômage : à quand la mobilisation générale ?

mercredi 24 février 2010
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Par Guillaume Duval

L’augmentation du chômage appelle des réponses sociales pour mieux indemniser les chômeurs en fin de droits. Et également des politiques de partage du travail et de création d’emplois publics.

Suite au Sommet social qui s’est tenu le 15 février dernier à l’Élysée, le premier sujet négocié dès cette semaine entre gouvernement et partenaires sociaux concerne les chômeurs en fin de droits. Un million de personnes devraient en effet cesser cette année de percevoir une assurance chômage et 600 000 d’entre elles ne recevront alors plus rien : ni allocation de solidarité spécifique (ASS) ni RSA « socle » (ex-RMI) versés par l’État, et ce parce qu’elles ne remplissent pas toutes les critères pour y prétendre. Le gouvernement a raison de souligner que, année après année, ce sont à peu près 800 000 personnes qui se trouvent dans cette situation. Il n’en reste pas moins que l’afflux supplémentaire est sensible. Et que, compte tenu de la situation globale du marché du travail, les perspectives de ce million de personnes de sortir rapidement de la mouise sont à peu près nulles.

Ces gens sont généralement très démoralisés et désocialisés, il y a donc peu de risque qu’ils aillent manifester en masse devant les grilles de l’Élysée. Malgré cela, la capacité de notre République à leur permettre de vivre dignement, eux qui sont les principales victimes directes de la crise, est une question centrale pour un pays qui se veut celui de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. On ne comprendrait pas qu’après avoir lâché des milliards pour venir au secours des spéculateurs qui avaient pris des risques insensés, l’État ne trouve pas quelques millions d’euros pour améliorer le quotidien des chômeurs. D’autant qu’en termes de soutien à l’activité, l’effet est garanti : c’est de l’argent qui sera à coup sûr consommé immédiatement et n’ira pas remplir les bas de laine, contrairement à celui qui est laissé aux bénéficiaires du bouclier fiscal…

Travailler plus pour avoir plus de chômeurs

Au-delà de cette question, le gouvernement ne semble pas avoir pris la pleine mesure des conséquences de la dégradation du marché du travail. Nous vivons dans un pays qui consacre toujours 4 milliards d’euros d’argent public, 0,2 % des richesses produites chaque année, à inciter salariés et entreprises à faire des heures supplémentaires au lieu d’embaucher des jeunes et des chômeurs. Un emploi coûte en moyenne 40 000 euros par an, y compris les charges sociales. Avec ces 4 milliards d’euros, l’État pourrait donc financer entièrement 100 000 emplois nouveaux. Au lieu de cela, grâce à ces subventions massives, on a enregistré 167 millions d’heures supplémentaires au troisième trimestre 2009, soit l’équivalent de 420 000 emplois à temps plein… Tout simplement aberrant.

Plan social dans la fonction publique

Le gouvernement a en effet justement choisi cette période où le chômage bondit pour accentuer sa politique de réduction des emplois publics avec 30 000 postes supprimés cette année, dont 16 000 dans la seule Éducation nationale, domaine pourtant emblématique des dépenses d’avenir que le gouvernement indique vouloir privilégier. Est-ce vraiment le moment pour le gouvernement d’engager le plus grand plan social du pays ? Enfin, le gouvernement affirme aussi avoir relancé les emplois aidés, mais pour l’instant, les chiffres communiqués par l’Insee indiquent qu’après avoir baissé de 63 000 en 2008, ceux-ci n’ont remonté que de 48 000 en 2009. On reste donc encore très loin du compte.

Autant Nicolas Sarkozy avait montré, et à bon escient, une grande réactivité face à la crise bancaire fin 2008, autant pour le moment, il ne semble pas avoir pris vraiment la mesure de la crise sociale engendrée par la montée du chômage. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire…

alternatives-économiques.fr


Commentaires

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Chômage : à quand la mobilisation générale ?
jeudi 25 février 2010 à 03h37 - par  Gilles Lecoq

Bonjour,

Autant, certes, M.N.Sarkozy avait montré un bel empressement à sauver les Banques d’une banqueroute certaine en y injectant des milliards d’Euros, autant je ne pense pas qu’il soit prêt à injecter même quelques centaines de millions d’Euros pour sauver les "Pauvres" que sa propre Politique a mené là ou ils en sont, c’est à dire nulle part !!
Dans le jargon Néo-Libéral, cela ne s’appelle-t-il des "dégâts collatéraux" d’une Guerre Economique dont les plus faibles paient toujours le prix le plus exorbitant, et dont les "plus nantis" en retirent toujours plus de richesses et de dividende, eux-même une insulte faîte à ces Victimes !!

Je ne crois plus en la plus simple honnêteté de ces femmes et hommes politiques qui nous demandent toujours plus de sacrifices en cette Période de Crise, mais qui sont bien incapables de mettre ces "bonnes paroles" en application envers eux-mêmes et leurs "pareil(lle)s" !!!
Au contraire, non comptant de continuer à se "gaver" sur le dos des citoyennes et citoyens de ce Pays via leurs "émoluments" de Députés ou autres Sénateurs et toute la clique des profiteurs professionnels, ils ne devraient pas tarder à nous reverser le coup des "Larmes de Crocodile" dont ils ont le "secret" !!
En effet, les Voix du Peuple qu’ils entubent allègrement le restant de l’année leur sont pourtant indispensables et vitales pour leur petite carrière d’arrivistes patenté(e)s !!
Il serait peut-être grand temps de leur demander des Comptes, à ces gens-là, et pas simplement avec un "avis consultatif",mais sans aucun effet dissuasif, annuellement répété comme celui de la Cour des Comptes de cette République qu’ils pillent sans vergogne et sans retenue aucune.

Donc, oui, Aux Urnes Citoyennes et Citoyens, et ne nous laissons plus prendre pour des nigauds et des benêts !!
G.Lecoq.

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