Ils vont finir par nous faire détester le rugby ? L’actualité regorge de détails trop désolants à répéter sans pouvoir agir.
Cette période fait irrésistiblement songer au diagnostic de la comtesse et journaliste américaine Rosie Goldschmidt-Graefenberg-Ullstein, de son nom de plume Rosie Waldeck, qui se trouvait à Bucarest quand survint l’inconcevable : L’écroulement en quelque jours seulement de la Grande nation, de l’armée réputée alors la meilleure du monde, de la « nation par excellence » et patrie des Droits de l’Homme, envahie et avilie brutalement au printemps 1940 :
« La chute de la France marqua l’apogée d’une période de vingt ans au cours desquels la démocratie manqua aux promesses qu’elle avait faites de s’attaquer à la question du chômage, de l’inflation, des déflations, des conflits sociaux, de l’égoïsme des partis, que sais-je encore… L’Europe, fatiguée d’elle même, et doutant des principes qui l’avait fait exister, se sentait presque soulagée maintenant que tout était réglé, non qu’elle fut satisfaite, mais parce qu’elle était, en quelque sorte, dégagée de toute responsabilité. »
On a l’impression que la situation est revenue aujourd’hui presque au même point, même s’il faut ajouter au constat particulier de l’égoïsme des partis, l’égoïsme actuel des appareils syndicaux et associatifs.
(Citation de Rosie Waldeck, « Athene Palace », Robert M. Mcbride and Co, 1942, p. 124, citée par Geert Mak, « Voyage d’un européen à travers le XXe siècle », traduit du néerlandais par Bertrand Abraham, Gallimard, 2007.)

Par Napakatbra
La règle des trois tiers de Nicolas Sarkozy en a pris un sacré coup, hier. France Télécom, dont l’État est pourtant le premier actionnaire, a décidé de distribuer 3,65 milliards d’euros en dividendes, soit plus que le montant des bénéfices réalisés !
Jeudi, France Télécom a fièrement annoncé ses résultats pour l’année 2009. Pas mal... le résultat net consolidé s’élève à 3,47 milliards d’euros. Pas mal non plus, le montant des dividendes proposé dans la foulée par la direction : 1,40 euro par action, soit 3,65 milliards d’euros au total. Pour simplifier : le groupe a réalisé 3,47 milliards d’euros de bénéfices et distribuera 3,65 milliards de dividendes. Et France Télécom devra s’endetter, ou réduire son investissement, pour payer ses actionnaires.
"Mon objectif, ce serait qu’on obtienne la société des trois tiers : en cas de bénéfices, un tiers pour l’actionnaire, un tiers pour les salariés, un tiers pour l’investissement" affirmait Nicolas Sarkozy, il y a deux ans, jour pour jour. La direction de France Télécom aura visiblement mal compris les recommandations de son Boss :
Il n’y a pas de petits profits !...