Les proches collaborateurs de M. Sarkozy sont tous des hommes

mardi 9 mars 2010
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Par Arnaud Leparmentier

Des femmes, oui, mais seulement lorsque c’est indispensable. Et surtout pour la photo. Si Nicolas Sarkozy a mis en avant des femmes politiques au début de son mandat, ses proches collaborateurs ne sont que des hommes, le plus souvent âgés.

Après son élection, M. Sarkozy a promu des femmes ministres, qui alliaient élégance et diversité. En novembre 2007, il avait voulu arriver à la Maison Blanche en compagnie de Christine Lagarde, Rama Yade et Rachida Dati, qui faisait alors la une des magazines people. La photo n’avait pu être prise pour des raisons de protocole et de sécurité. Le chef de l’État avait alors trouvé ses ministres "très belles".

Plus récemment, Mr Sarkozy a mis sa patte dans le quatuor ministériel, aujourd’hui désaccordé, qui mène la campagne de l’UMP pour les élections régionales en Ile-de-France : la tête de liste, Valérie Pécresse, (Yvelines) est alliée à Chantal Jouanno (Paris) Nathalie Kosciusko-Morizet (Essonne) et Rama Yade (Hauts-de-Seine).

Derrière cette vitrine féminine de la galaxie Sarkozy, se cache en fait un univers d’hommes. L’équipe resserrée du président est composée du secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant (65 ans), qui travaille avec Raymond Soubie (69 ans, conseiller social), Xavier Musca, (49 ans, conseiller économique) et Jean-David Levitte (63 ans, conseiller diplomatique) tandis qu’Henri Guaino, 52 ans, reste la "plume" du président.

À la réunion des principaux conseillers de l’Élysée qui se tient chaque matin à 8 h 30, la seule participante est l’ex-journaliste du Point Catherine Pégard. Elle est seule depuis qu’Emmanuelle Mignon, rédactrice du programme électoral présidentiel de 2007, est retournée au Conseil d’État, début janvier, faute de pouvoir s’entendre avec Mr Guéant. Parmi les cinquante personnes qui forment le cabinet officiel du président ne figurent que six femmes.

L’univers élyséen n’aurait donc guère changé depuis l’époque du général de Gaulle, qui avait théorisé l’absence de femmes. "Le général de Gaulle pensait que les femmes étaient une source de complications, écrit Bernard Tricot, l’un des collaborateurs de Charles de Gaulle, qu’elles font intervenir des éléments sentimentaux, des facteurs passionnels, des préférences ou des animosités personnelles qui risquaient de perturber les relations entre les collaborateurs. D’altérer, par conséquent, l’objectivité, l’impartialité, la froideur même, avec lesquelles il souhaitait que les affaires soient traitées."

Concernant les nominations, Mr Sarkozy préfère l’ouverture à gauche à la féminisation. Il a ainsi choisi le socialiste Didier Migaud pour succéder à Philippe Séguin à la présidence de la Cour des comptes, plutôt que de promouvoir la candidature interne de la magistrate Claire Bazy-Malaurie.
Le Conseil constitutionnel ne compte plus qu’une seule femme, la juriste Jacqueline de Guillenchmidt. Les trois nouveaux entrants, choisis par les présidents de la République, de l’Assemblée nationale et du Sénat, sont des hommes, vétérans de la politique. Le mitterrandien Michel Charasse, 69 ans, l’ancien commissaire européen Jacques Barrot, 73 ans et le sénateur Hubert Haenel, 67 ans. Tous ont été préférés à des femmes. Les candidatures évoquées des juristes Marie-Laure Denis et Anne Levade n’ont pas été retenues.

Officiellement, c’était pour la bonne cause : après le départ de Pierre Joxe, Mr Sarkozy tenait absolument à nommer une personnalité de gauche. Mais il existait un moyen de concilier cette contrainte en choisissant l’ancienne garde des sceaux socialiste Élisabeth Guigou. Mr Sarkozy n’en a pas voulu. Enfin, dans les entreprises publiques, la présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac n’a pas été renouvelée tandis que la patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, est sur la sellette.

La situation est meilleure au gouvernement, mais le chef de l’État n’a pas tenu ses engagements de campagne. Il avait alors promis un gouvernement paritaire composé de quinze ministres. L’équipe de François Fillon compte vingt ministres mais seulement un quart de femmes : Michelle Alliot-Marie (justice), Christine Lagarde (économie), Valérie Pécresse (recherche et enseignement supérieur), Roselyne Bachelot (santé) et Marie-Luce Penchard (outre-mer). Si l’on prend en compte les secrétaires d’État, on arrive à treize femmes sur trente-neuf, soit un tiers. Pour les régionales, la droite a choisi une femme tête de liste dans six régions métropolitaines sur vingt-deux, contre trois seulement au Parti socialiste.

Arnaud Leparmentier

lemonde.fr


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HLM, des locataires blindés

jeudi 2 décembre 2010

Plus de 50.000 familles parmi les plus riches de France bénéficient d’un logement HLM.

Fin 2007, quelque 53 000 familles parmi les plus fortunées de France étaient logées en HLM, selon des chiffres de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, révélés par La Tribune. (Mais ne vous précipitez pas sur le lien : l’article est payant bien sûr ! Ces gens-là ont investi le net seulement pour faire de l’argent) 37 000 familles logent en Ile-de-France, dont 18 000 à Paris, et 15 000 en province. Elles gagnent 11 200 euros par mois avec un enfant ou 13 500 euros par mois avec deux enfants.

bakchich.info