Chapeau, monsieur Hulot !

vendredi 2 avril 2010
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Par Fabrice Nicolino

Sarkozy et toute la classe politique aux pelotes. On pourra toujours ergoter. Je pourrais bien entendu le faire à propos de Nicolas Hulot, dont j’ai déjà parlé ici plus d’une fois. Et à l’occasion d’une manière acide. Je me souviens d’un coup de téléphone qu’il avait donné chez moi, un matin de septembre 2008. Nous nous étions engueulés, sur des sujets fondamentaux pour moi, comme les nécrocarburants. Plus tard, je l’avais félicité, et tout était rentré dans l’ordre, un ordre éminemment provisoire et mouvant.

Je n’ai jamais caché que j’aime ce qu’est devenu Hulot. J’ai soutenu son évolution il y a près de quinze ans dans une presse qui lui était froidement hostile. Politis, par exemple. Je ne le connais certes pas en intime, mais nous nous croisons, oui. Et je crois que nous nous apprécions, au-delà de différences considérables. Car je vois évidemment tout ce qui peut nous séparer. L’important, le décisif en cette occurrence, c’est que cet homme est de liberté. Il n’est pas ce qu’il fut. Il n’est plus l’homme des paillettes télévisées. La crise écologique lui a dessillé les yeux, et l’a conduit sur un chemin où je peux, où je dois - tel est mon sentiment profond - lui serrer la main. Je rappelle, malgré la détestation que j’ai pour TF1, que l’émission Ushuaïa Nature est regardée par des millions de nos contemporains. Et que des messages d’une grande force et d’une vraie qualité y ont été régulièrement diffusés.

Rien que pour cette raison, j’aurais grande estime pour lui. Mais ce qui me touche le plus chez cet homme est cette capacité d’arrachement à lui-même qu’il a manifestée. Pour ce que je sais, il vient de loin, politiquement, socialement, culturellement. Le mouvement sincère d’un être fait partie des spectacles qui m’émeuvent en profondeur. Je ne cherche pas pourquoi, je constate. Et pour ce qui concerne la crise écologique, faut-il insister ? Si des millions de gens à qui, a priori, nous n’avons guère envie de parler, ne se jettent pas, tôt ou tard, dans la fournaise, nous sommes perdus. Je considère Hulot comme un éclaireur, un missionnaire.

Et maintenant, cette magnifique nouvelle. La Fondation Hulot se retire de cette foutaise appelée Grenelle de l’Environnement, que j’ai conspué dès les premiers instants. C’est tard ? Mon Dieu oui, comme c’est tard ! Mais au moins, c’est fait. Le misérable édifice politicien organisé par Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet s’effondre pour de bon. Car sans Hulot et les 750 000 signataires du Pacte écologique, que reste-t-il ? Une arnaque. Je serais à la place des écologistes officiels de Greenpeace, du WWF, de France Nature Environnement, j’aurais simplement honte. Car évidemment, ce sont eux, les militants de toujours, qui auraient dû mener la fronde. Et ils n’ont rien dit, rien fait. Honte !

Ce pauvre président de France Nature Environnement, Sébastien Genest, a donné il y a une poignée de jours un lamentable entretien à La Tribune (ici). Il y déclare notamment : « L’abandon de la taxe carbone n’est pas synonyme d’une remise en cause du Grenelle de l’environnement. Au contraire, l’événement taxe carbone implique une poursuite et une relance de l’esprit du Grenelle, dont le champ d’intervention est large et ne peut se résumer uniquement à cette taxe. Des tas d’autres engagements du Grenelle ont également de l’intérêt ». Pauvre garçon ! Pauvre mouvement de protection de la nature, à qui Nicolas Hulot administre une leçon tardive, mais sans appel, de courage et de lucidité. Nicolas, si tu lis ces quelques paroles, sache que je pense à toi, que je te salue, que je te félicite.

PS : Nathalie Kosciusko-Morizet, dont j’ai dit, dont je maintiens qu’elle est une politicienne tout ordinaire, vient de déclarer son soutien à Chantal Jouanno (ici). Ah, quelle rouée personne ! Elle qui sait ce que vitesse veut dire - ne s’occupe-t-elle pas d’économie numérique ? - a pris tout son temps, des jours et des jours, avant de trouver un mot en faveur de Jouanno l’esseulée. Je parie, sans preuve aucune, qu’une analyse soignée et soigneuse de carrière, appuyée sur des sondages, l’aura décidée. Sans preuve aucune, certes.

fabrice-nicolino.com


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