Mange ta nanoparticule et tais-toi !

samedi 3 avril 2010
popularité : 1%

Des nanoparticules, ces micros matériaux 500 000 fois moins gros qu’un cheveu, l’industrie alimentaire en met dans le sel (pour qu’il reste fluide), le chocolat (pour qu’il ne blanchisse plus en vieillissant), le ketchup (comme épaississant), etc. « Le Canard » a déjà raconté à quel point l’Afssa, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de Aliments, pédale dans la choucroute sur les nanoaliments, incapable de dire où on en trouve et ce qui se passe pour notre santé quand on les avale.


Cette fois c’est l’Afsset, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail, qui remet le couvert. Avec, au terme d’un rapport de 219 pages, une conclusion assez La Palice : « Le risque ne peut pas être évalué, il ne peut donc pas être exclu ». Et l’Afsset de recommander un « étiquetage compréhensible » des nanoaliments, et de promettre, d’ici à deux ans, un « outil simplifié d’évaluation des risques »… En fait, elle n’a tenté d’évaluer qu’un seul nanoaliment : l’oxide de silicium.

Cet additif, déguisé sur l’étiquette en « E255 », est un anti agglomérant utilisé dans le sucre, le sel et le café en poudre, les soupes instantanées, le riz. Le hic, c’est que saupoudrées en grosses quantités dans la gamelle des rats, la nanosilice bousille le foie des pauvres bêtes. Sûr l’homme, on verra bien… Si le patron de l’Afsset se dit prêt à interdire les chaussettes anti-transpiration, parce qu’elles relarguent au lavage 18 tonnes de nanoargent par an dans les rivières, s’il prône un « examen au cas par cas, produit par produit, usage par usage », on ne peut pas dire que son rapport fasse vraiment avancer le schmilblick…

Le plus drôle est que l’Afssa, agence avec qui l’Afsset va bientôt fusionner, en a profité pour donner son avis sur la question, lequel consiste en un « appel à la prudence » plus vaseux encore que celui de l’Afsset : on y apprend que les connaissances en matière de nanoparticules sont « lacunaires », que « de nombreuses questions restent à résoudre avant de pouvoir évaluer les risques et les bénéfices liés à ces composés », et qu’il serait chouette que la présence de ces nanoparticules « fasse l’objet d’une déclaration systématique et d’une demande d’autorisation de mise sur le marché ».

Joli vœu pieux, à l’heure ou un millier de nanoproduits sont déjà dans les rayons… Encore un triomphe du principe de précaution !

Le Canard Enchaîné N° 4666 du 31 Mars 2010


Commentaires

Agenda

<<

2019

 

<<

Septembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational