Le dernier numéro vient de sortir en librairie :
REVUE D’ÉTUDES PALESTINIENNES
N° 108, ÉTÉ 2008
• Editorial
« Pour des raisons qui relèvent d’une part des difficultés financières que connaît l’Institut des études palestiniennes, d’autre part de la baisse régulière, depuis quelques années, des ventes en librairie, et qui n’a pu être compensé malgré nos efforts par une augmentation du nombre des abonnés, nous nous trouvons dans l’obligation d’interrompre la parution de la Revue d’études palestiniennes. »
Muhammad Kanaané, Les étoiles ne se couchent jamais, poème
Ilan Halevi, Du souvenir, du mensonge et de l’oubli
Juan Goytisolo, Que devons-nous commémorer ?
Walid Khalidi, La chute de Haïfa revisitée
Spiro Munayyer, La chute de Lydda, Introduction et notes par Walid Khalidi
Moustafa Abbasi, La fin de la Tibériade arabe
Sandrine Mansour-Mérien, Une Catastrophe programmée
Kadhim Jihad Hassan, La Nakba dans la littérature arabe
Beshara Doumani, Pour une autre représentation des Palestiniens
• LETTRES ARABES
Riad Beidas, Prier pour la paix dans le monde !
• CHRONIQUES
Ilan Halevi, Reflux
Rudolf El-Kareh, Pessimisme de la raison, optimisme de la volonté
• NOTES DE LECTURE
• CHRONOLOGIE
Rachid Akel
1er janvier-31 mars 2008
"Sortie du numéro 11 de la revue ZEO, un numéro où l’on traite d’immigration, de souvenir, de mémoire, de liberté, ... malheureusement d’actualité car tous menacés par une politique désastreuse qui nous engage vers toujours plus d’individualisme.
A télécharger sur notre site :
pagesperso.orange.fr
Réagissez, écrivez, partagez, diffusez, notre revue se construit avec vous."
1er avril 2008 à 21 heures
Arte, dossiers "Spécial Tibet"
Le Dessous des cartes s’ouvre au travail d’une voyageuse, Virginie Vaillant, qui a pu, les yeux grands ouverts, marcher dans les rues de Lhassa, la capitale du Tibet. Son carnet de voyage est notamment composé d’images et de plans de la ville dont l’urbanisme est lentement, volontairement, systématiquement transformé par l’occupant chinois.
Film documentaire retraçant l’histoire récente du Tibet et le drame que vit le peuple tibétain sous occupation chinoise depuis un demi-siècle.
Sortie de ZEO 9
disponible en téléchargement gratuit sur notre site
Cordialement
Loïc Andrien
Educateur spécialisé,
Rédacteur en chef de la revue ZEO
Z-E-O, Zone Entièrement Ouverte
L’édition palestinienne du Monde diplomatique vient de voir le jour. Elle sera publiée une fois par mois, sous forme de supplément, par le quotidien Al-Ayyam de Ramallah (Cisjordanie). Ce partenariat a été rendu possible par la souscription réalisée par Les Amis du Monde diplomatique, qui a permis de récolter 15 000 euros. Nous vous remercions pour votre soutien.
Cette nouvelle publication s’ajoute aux 8 autres éditions en langue arabe (Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats arabes unis, Koweït, Maroc et Qatar), avec un tirage cumulé de plus de 1 300 000 exemplaires. Au total, Le Monde diplomatique compte 71 éditions internationales, dont 38 imprimées et 33 en ligne.
Quatrième de couverture :
Dans une cité de la banlieue parisienne, le jeune Mehdi est champion de boxe thaïe, un art martial agile et violent qui lui permet de défouler en partie sa rage aux multiples objets : les politiciens menteurs, les dealers, les architectes des barres, la vie qui lui est imposée. La douceur est une denrée introuvable dans cet univers difficile qui rend les femmes aussi enragées que les hommes. Seule Marie, plus âgée que lui, pourrait le rassurer, mais le temps de l’amour vient toujours après celui de la vengeance...
Ces thèmes appartiennent à la vie quotidienne des banlieues, des événements récents l’ont montré. Ici la nouveauté réside dans le ton, l’invention verbale qui font passer avec un grand naturel la vivacité du parler "beur" dans la langue écrite, la littérature.
Mohamed Razane, trente-sept ans, est français d’origine marocaine. Il a été éducateur spécialisé auprès des jeunes en difficulté, animateur de quartier, et vit actuellement en Seine-Saint-Denis. Dit violent est son premier roman.
Publié chez Gallimard
Sortie le 15 juin 2006
ISBN 2-07-078073-2
Prix : 11,90 euros
Jean Dornac : Vous avez été éducateur spécialisé auprès de jeunes en difficulté et animateur de quartier. Ce sont les expériences vécues à ce moment-là qui vous ont inspiré ce premier roman ?
Mohamed Razane : Mon roman a été inspiré par des réalités sociales pour lesquelles il n’est nul besoin d’être travailleur social pour en prendre la mesure, tant ces réalités sont prégnantes et visibles aujourd’hui. Il est vrai cependant que mes expériences auprès des jeunes en situation de difficultés m’ont permis d’explorer plus avant l’ampleur des souffrances qui se cachent derrière des parcours délinquants. Les enfants difficiles sont toujours des enfants en difficulté.
Jean Dornac : Votre roman dégage et présente une grande violence. Quelles en sont les causes majeures ? Est-ce, de votre part, une dénonciation en plusieurs directions ou un constat de l’état des lieux ?
Mohamed Razane : La violence est une forme de langage pour ceux qui ne maîtrisent pas l’art de la langue, elle est alors une manière d’exister et d’exprimer sa souffrance. Il faut savoir qu’aujourd’hui beaucoup de nos gamins des quartiers sortent de l’école avec un langage pauvre, la faute à l’école ?
Mon roman n’a d’autres ambitions que d’interpeller sur le processus qui fait que des gamins en arrivent à poser des actes violents. Ils ne naissent pas avec le gêne de la violence ! Occulter la compréhension de ce processus et se contenter de formules démagogiques telles que « sauvageons ou racaille à nettoyer au karcher » ne participera aucunement à résoudre la recrudescence de la violence juvénile.
Malheureusement, aujourd’hui nous avons insidieusement glissé du droit des exclus au droit à la sécurité, l’état social disparaît au profit d’un état pénal aux discours sécuritaires. Condamner des actes délictueux est une chose, occulter les raisons de ces actes c’est accepter délibérément que cette violence se développe, car pour un jeune violent aujourd’hui, c’est dix pour demain si rien n’est fait pour comprendre les processus et intervenir sur le terrain de la prévention.
Par ailleurs, dans la montée de la violence, quand allons-nous enfin soulever la responsabilité sociale, économique et culturelle des adultes, des entreprises et des institutions ?
Jean Dornac : Militant pour la non-violence, je me pose la question, et je vous la pose aussi : Est-il possible de voir émerger dans le contexte des banlieues une lutte, certes, nécessaire, mais à base non-violente et par la désobéissance civile ? Que manquerait-il, selon vous, pour qu’une lutte de cette nature soit possible et réaliste ?
Mohamed Razane : Malheureusement notre société n’accepte d’entendre (on est encore loin du « comprendre ») que lorsque les choses sont posées dans un contexte de violence frontale. Depuis combien d’années des associations ou des groupes interpellent, sur la base du débat, les pouvoirs en place sur la question de la ghettoïsation et de l’exclusion de territoires périphériques ! Il a fallu que des jeunes brûlent des voitures et dégradent des biens publics pour que cette question traverse toutes les strates des médias et des pouvoirs politiques ! Et il en fut de même pour les chauffeurs routiers ou encore les agriculteurs qui bloquèrent la France entière. Il est intéressant de noter ici que pour eux il n’y a pas eu d’état d’urgence.
De manière générale, on n’aime pas trop les collectifs de jeunes qui se forment pour dénoncer, dans les règles, les violences policières, le laxisme de la justice en matière de crimes à caractère raciste. On préfère plutôt les jeunes que les mairies embauchent et érigent comme de gentils animateurs.
Jean Dornac : Envisagez-vous de poursuivre une carrière d’écrivain que, pour ma part, je trouve prometteuse à la lecture de votre premier roman ?
Mohamed Razane : Merci infiniment pour vos compliments. J’ai toujours écrit, que ce soit des nouvelles, des poèmes, ou encore pour le théâtre, et il en sera toujours ainsi. J’espère un jour avoir la chance d’écrire pour le cinéma. La question de la visibilité est intimement liée à la chance qu’une maison d’édition vous donne d’être diffusé. Je travaille actuellement sur un deuxième roman qui relève, tout comme « Dit violent », de la chronique sociale, de souffrances étouffées.
Jean Dornac : Que pensez-vous de la politique de l’immigration imposée par le ministre de l’Intérieur ? Et surtout, que vous inspire ce choix qu’il clame haut et fort : « immigration choisie plutôt que subie » ?
Mohamed Razane : Le pire c’est qu’à gauche, par la voix d’un certain Malek Boutih, secrétaire national du parti socialiste, la formule est la même.
La France n’a pas les bons immigrés ! M. Sarkozy flatte l’électorat de la droite tandis que des médecins ou des étudiants étrangers rencontrent les pires difficultés pour travailler ? Que les sans-papiers qui ont un emploi ne sont toujours pas régularisés. L’immigration sert, une fois de plus, de prétexte pour justifier les problèmes de la société française, au risque de nourrir la xénophobie, et sert également, au détour, les ambitions présidentielles d’un individu.
Jean Dornac : Les troubles des banlieues qui ont éclaté l’automne dernier sont-ils, pour vous, le fruit d’un accident ou plutôt une logique imparable, un événement prévisible ?
Mohamed Razane : Qui pourrait encore dire qu’il s’agit d’un accident ? Pour mémoire, avant ces évènements, il y a eu les émeutes des Minguettes en 1981, celles de Vaulx-en-Velin en 1990, de Mantes-La-Jolie ou encore de Sartrouville. Des accidents qui se répètent et se durcissent, il faut s’interroger ! Et des accidents qui se produisent toujours dans des territoires qui sont le nid des inégalités économiques, culturelles, sociales et géographiques, où vivent des populations pour qui l’insertion n’est plus une étape mais un état, c’est tout de même un drôle de hasard !
Il est évident, et j’espère que le débat n’est plus à ce niveau, que les réalités sociales et économiques de ces territoires exclus sont en lien direct avec ces évènements. Et tant que l’on ne travaillera pas sérieusement sur ces réalités, par une vraie politique qui ne soit pas une politique de la ville que je qualifie de « RMI des quartiers », ces évènements demeureront encore prévisibles !
Jean Dornac : Quel avenir voyez-vous pour les jeunes des banlieues ?
Mohamed Razane : Je consulte ma boule de cristal et je vous fais signe aussitôt que j’aurai trouvé. En tout état de cause, il faut pointer la réalité de la qualité du service publique dans ces quartiers. L’instruction est la clé pour se construire un avenir, et malheureusement la qualité de l’enseignement public est médiocre dans ces territoires, et l’idée d’une République qui assure une même qualité de service public à ses citoyens demeure au stade d’idée tant cette qualité varie selon les territoires que vous habitez.
Jean Dornac : Que faudrait-il faire pour améliorer sérieusement la situation en banlieue ? C’est d’ordre financier, social ou avant tout une question de respect des différences ?
Mohamed Razane : Il suffit de visiter les territoires favorisés pour vous rendre compte qu’il s’agit avant tout d’une question de moyens financiers. Jusque là, on a institutionnalisé le « RMI des quartiers », à savoir la politique de la ville, définie à l’origine comme une mission devenue à présent une bureaucratie qui ne gère guère que le non-emploi, repeint de jolis couleurs des immeubles dans des états de délabrement avancé, qui demande aux habitants de ces quartiers d’être des citoyens et de s’investir dans des actions collectives (à ce sujet, demande-t-on aux habitants des quartiers favorisés de s’investir dans des projets de vie collective, et aux jeunes de ces quartiers de monter des projets pour faire preuve de leur intégration ?).
Améliorer « sérieusement », comme vous dites, la situation en banlieue est possible, encore faut-il une vraie volonté politique. Les solutions existent, mais elles nécessitent des moyens. Le jour où cette volonté sera d’actualité, alors je me rendrais disponible, bénévolement, pour apporter mon expertise et mes pistes de travail.
Jean Dornac : Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Mohamed Razane : Une longue vie au site Altermonde le village dont je suis un fervent lecteur tant la réflexion y est de qualité.
Jean Dornac : Merci à vous. Je vous souhaite de nombreux lecteurs tant votre livre est passionnant.