Au bout du tunnel

dimanche 23 mai 2010
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Lundi 24 mai - La Chaîne Parlementaire - 20h30
Doc : Rue Abu Jamil - Durée : 55 minutes
(rediffusion : mardi 1er juin - 19h30)

Par René Backmann

Lorsqu’en septembre 2005, après avoir évacué les derniers colons, les soldats israéliens ont quitté la bande de Gaza, certains des habitants du territoire ont imaginé que leurs tourments avaient pris fin. Ces optimistes croyaient que les Israéliens, une fois partis, pouvaient rester des voisins, des clients et des fournisseurs. Erreur. Ils avaient quitté Gaza pour en devenir les geôliers, en fermant la plupart des accès du territoire, ne délivrant les autorisations d’entrée et de sortie qu’aux véhicules de l’ONU, aux diplomates, aux journalistes et à une poignée de privilégiés.


Habitués à vivre de leurs productions agricoles et horticoles, de leurs petites entreprises et des échanges avec la Cisjordanie et Israël, les Palestiniens de Gaza se retrouvaient dans l’incapacité d’acheter et de vendre à l’extérieur de la clôture métallique, doublée d’un no man’s land, qui les séparait d’Israël.

Au moment où la bande de Gaza cessait d’être un territoire occupé et colonisé, ce vaste rectangle de 45 kilomètres de long, sur 5 à 12 kilomètres de large, où s’entassent 1,5 million de personnes, devenait la plus vaste prison de la planète. Prison soumise à un véritable blocus après la victoire du Hamas aux élections de janvier 2006. Ainsi s’explique la naissance de ce qui est aujourd’hui la principale activité économique du territoire : le creusement et la gestion des tunnels, sous la frontière avec l’Egypte. On en compterait aujourd’hui plusieurs centaines.

Pratiquement tout ce qui est à vendre sur les marchés et dans les boutiques du territoire est arrivé d’Egypte par les tunnels. Selon l’exploitant d’une de ces galeries, le passage d’une tonne de marchandises est facturé 1 000 dollars. Celui d’un sac de 40 kilos, 50 dollars. Sachant que le creusement et la mise en oeuvre d’un tunnel coûte de 100 000 à 200 000 dollars, il est facile d’imaginer le pactole qu’empochent les exploitants des galeries. On estime aujourd’hui entre 35 000 et 50 000 le nombre d’habitants de la bande de Gaza qui vivent - et qui meurent - des tunnels.

Car les accidents sont fréquents : ils ont tué près de 40 tunneliers en 2008. Tout arrive par les galeries : produits alimentaires, bouteilles de gaz, bidons de kérozène, vêtements, groupes électrogènes, cigarettes, chèvres, motos démontées, pièces de rechange d’automobiles, armes et munitions. Combien de temps la bande de Gaza dépendra-t-elle de ses « taupes » ?

Le temps que la paix s’installe entre Israéliens et Palestiniens, entre le Hamas et le Fatah. Que la lumière apparaisse... au bout du tunnel.

René Backmann

teleobs.com


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