Une marche pour l’eau

(mais si !)
samedi 29 mai 2010
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Par Fabrice Nicolino

Je rebondis sur un commentaire qui évoque l’une des plus belles pages de l’histoire de l’homme. Je veux parler de la marche du sel lancé par Mohandas Karamchand Gandhi, en 1930. Je ne peux décrire ici cette épopée. Sachez que les Britanniques qui tenaient l’Inde imposaient aux peuples de ce pays un impôt sur le sel. Les pauvres, les plus pauvres payaient les plus riches, ce qui rappelle bien d’autres souvenirs.


Le 15 février 1930, Gandhi annonce une campagne de désobéissance civile sans précédent. Il entend soulever pacifiquement le peuple des profondeurs, pour refuser l’inssupportable taxation. « À côté de l’air et de l’eau, écrit-il le 27 février dans Young India, le sel est peut-être la plus grande nécessité de la vie ». Et le 12 mars, Gandhi commence sa marche, cette merveilleuse, cette grandiose, cette inoubliable Marche du sel. Les 79 marcheurs du départ sont rejoints par des milliers d’autres, accueillis ailleurs par des dizaines de milliers de gueux. Le 5 avril, Gandhi est à l’océan, et le 6 au matin, après s’être baigné, il saisit une poignée de sel et déclare : « Ce poing qui tient ce sel peut être brisé, mais ce sel ne sera pas rendu volontairement ».

C’est l’insurrection, qui n’est pacifique que d’un côté. Les colonialistes envoient en prison peut-être 60 000 personnes, et en tuent un nombre inconnu. Mais le sel ne sera pas rendu.

Cette fois, me comprendra-t-on mieux ? Je bois de l’eau en bouteille car je ne peux tolérer de boire de l’eau morte. Je bois de l’eau en bouteille car je la respecte, car je vois en elle un cadeau des plus lointaines éternités, offerte à l’homme, aux bêtes, aux plantes, à tout ce qui vit sur cette terre. Je bois de l’eau en bouteille car je me sens un insurgé, et que rigole qui veut. Ce que je pense au plus profond, c’est que nous devons trouver le moyen de faire, à notre façon, avec nos moyens et nos limites, si tristement évidentes, ce qu’a réussi le Mahatma il y a 80 ans. Il faut trouver un moyen indiscutable, incomparable, incroyable de réclamer une eau vraie, pour tous, d’un bout à l’autre de la terre.

Je vous le dis, et vous le savez, nul ne se battra jamais pour cette « eau » industrielle que l’on nous oblige à consommer. Si l’on doit se battre, ce sera pour le vivant, pour une eau vivante donc. Et si nous parvenions à formuler un plan, si nous réussissions à galvaniser enfin ces énergies que je sens poindre, je gage que tout deviendrait soudain plus facile. Pensons ensemble à un mouvement radical, populaire, non-violent mais sans peur aucune, bataillant contre les épouvantables ersatz de l’industrie. Pour commencer, il faut une idée. Une grande, belle et simple idée. Comme celle de Gandhi en 1930. Ne nous précipitons pas. Nous avons le temps. Peu de temps, mais assez pour polir ensemble une si splendide action que personne ne l’oublierait jamais.

fabrice-nicolino.com


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