Une fondation du Parti Populaire espagnol a tenté de renverser Evo Morales

lundi 31 mai 2010
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Par Jean-Guy Allard

La Fondation IbéroAmérique Europe (FIE), une succursale du Parti Populaire espagnol (phalangiste) de Mariano Rajoy qui a été dirigée par Ana Botella, l’épouse de l’ex présidente du conseil Josè Marìa Aznar, a financé en 2007 à coup de millions un putsch raté contre le président bolivien Evo Morales.

C’est ce que confirme le journaliste et chercheur allemand Ingo Niebel dans un article publié dans la page web de la revue allemande GEHEIM (geheim-magazin.de), spécialisée en renseignement et subversion. Niebel signale comment le ministère public bolivien enquête au sujet de la FIE parce qu’il possède des indices voulant que des mercenaires aient reçu quelque 250.000 euros (300.000 dollars) par son intermédiaire pour réaliser un coup d’état et un attentat contre le président. Au cours de son séjour à Madrid pour le Sommet Union Européenne–Amérique latine, le président de la Bolivie, Evo Morales, a accusé le Parti Populaire (PP) espagnol d’avoir participé en 2007 dans son pays à un coup d’État qui a « heureusement » échoué. Le chef d’État bolivien a fait ces déclarations au cours des déjeuners d’information de l’agence espagnole Europa Press – proche de l’extrême-droite péninsulaire - le 18 mai 2010.

Le Dirigeant du Mouvement vers le socialisme (MAS) a basé ses accusations sur des informations publiées par des medias qui ont signalé que le PP a organisé le coup d’État « par le biais d’une fondation espagnole ». Europa Press a ensuite suggéré, dans sa propre dépêche, que l’institution en question « pourrait étre » la Fondation IbéroAmérique Europe (FIE). La revue allemande Geheim souligne que la FIE indique dans sa page web qu’elle entretient des relations avec la Chambre de Commerce et d’industrie CAINCO de Santa Cruz, place forte de l’oligarchie bolivienne et centre de la résistance anti-socialiste en Bolivie.

Le président de la FIE est l’ex-député du PP Pablo Izquierdo, qui entretient des liens étroits avec le PP et avec l’ex-chef du gouvernement espagnol José María Aznar (1994-2006) ; l’épouse de ce dernier, la politicienne madrilène Ana Botella a présidé la FIE entre 1994 y 1999, précise Ingo Niebel. « D’autres militants du PP occupaient des postes à la FIE », indique l’expert en précisant que « entre 1999 et 2008, la fondation a reçu des subventions publiques pour un montant de 4,3 millions d’euros ; de cette somme, quelque 990 000 euros ont été destinés à son travail en Bolivie ».

La “Prima Donna” du PP madrilène et patronne de la Communauté autonome de Madrid, politicienne d’extrême-droite qui dirige les campagnes de diffamation contre Cuba en Espagne aux côtés de l’agent CIA et terroriste fugitif cubain Carlos Alberto Montaner, devait nécessairement se trouver liée à cette affaire : « En novembre 2008 la FIE a reçu un autre million d’euros, cette fois de la Communauté autonome de Madrid, gouvernée par une autre politicienne du PP, Esperanza Aguirre ».

DES FONDS POUR LES DÉFAVORISÉS, A DIT EL PAIS

En septembre 2009 le quotidien espagnol El País – un autre élément de la connection – a rapporté que 750 000 euros de la dite somme allaient au « renforcement des capacités institutionelles pour le dévelopement des secteurs les plus défavorisés de la Bolivie ».
Les autres 150 000 euros étaient destinés au « renforcement des institutions du secteur des entreprises et aux jeunes journalistes du Venezuela ». « En Espagne, la FIE se consacre à s’occuper, dans ses trois centres, des immigrants originaires d’Amérique latine et de Roumanie. Pour ce travail. Elle reçoit 1,6 million d’euros ».

Dans son article pour Geheim, Niebel souligne « qu’il y a une dizaine d’années le bureau anti-corruption OLAF de l’UE faisait enquête sur cette fondation. Le tribunal d’exception espagnol, la Audiencia Nacional, a ouvert des procédures contre de hauts dirigeants du PP pour délit présumé de corruption ». En 2002 le PP a appuyé le putschiste vénézuélien Pedro Carmona Estanga avant, pendant et après son action illégale contre le président légitime Hugo Chávez.

Ingo Niebel est l’auteur de nombreuses études sur les activités de renseignement et de subversion nord-américaines en Amérique latine.
La conspiration de 2007 en a précédé une autre, survenue en avril de l’an dernier, quand un commando de mercenaires d’Europe de l’est a tenté d’assassiner Evo Morales. Les circonstances de la mort aux États Unis de l’espion d’origine hongroise Istvan Belovai, qui orientait les conspirateurs, demeurent mystérieuses.

L’ex-officier hongrois de renseignement qui a servi d’agent de liaison entre le hongrois d’origine Eduardo Rózsa Flores, le chef du groupe paramilitaire chargé de l’assassinat, et les renseignements nord-américains, est mort le 6 novembre, à Denver, États-Unis, où il habitait depuis sa sortie précipitée de son pays en 1990. La mort est survenue alors qu’en Bolivie on étudiait minutieusement le contenu de l’un des ordinateurs de Rózsa Flores. Dans un fichier d’archives, appelé Bel-Norte, les experts boliviens ont trouvé plusieurs courriers électroniques que Rózsa Flores a échangés avec l’agent Belovai.

On doit noter comment parmi les dirigeants du Conseil Suprême qui a dirigé la conspiration se trouvait l’influent entrepreneur de Santa Cruz Branko Marinkovic, croate d’origine, qui s’est enfui de Bolivie après avoir été dénoncé par le Minsitère public et a trouvé refuge aux États-Unis.
Après le démantèlement du commando, le gérant du Centre d’arbitrage et de conciliation de la CAINCO, Alejandro Melgar Pereira, complice du complot, a immédiatement fui aux États-Unis.

Il a également été démontré que Rózsa Flores s’est trouvés en contact avec UnoAmérica, organisation fasciste d’Amérique latine dirigée par par Alejandro Peña qui a ensuite fait son apparition aux côtés des putschistes honduriens. Le régime de Tegucigalpa a par ailleurs entretenu des relations privilégiées avec l’extrême-droite espagnole et avec des membres de la mafia cubano-américaine, connus pour leur collaboration avec la CIA et leurs liens avec le PP espagnol, entre autres Armando Valladares,

Jean-Guy Allard

legrandsoir.info


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