Acharnement non-thérapeutique

(sur Borloo)
mardi 13 juillet 2010
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Par Fabrice Nicolino

Je crois que je devrais plutôt en rire. Jean-Louis Borloo, bonimenteur de foire virtuose, ami de longue date de Bernard Tapie - entre bateleurs, on se comprend -, ministre m’as-tu-vu de l’Écologie parce que Juppé lui a laissé la place contraint et forcé en 2007, Borloo ne cesse de jongler. On peut applaudir, et c’est d’ailleurs ce qu’ont fait depuis trois ans les malheureux écologistes officiels et patentés du Grenelle de l’Environnement, cette farce grandiose. En échange d’un plat de lentilles, dont il y a fort à parier qu’elles n’étaient pas même bio, nos écolos de ministère ont aidé Borloo à se forger une image d’écologiste.

Encore bravo à FNE, la fondation Hulot, Greenpeace, le WWF pour ne prendre que les principales associations de ce Barnum de seconde catégorie. Regrettent-ils ? Pas même. Elles sont déjà passées à autre chose, car leur temps est celui du monde existant, médiatique, immédiat, sans jamais aucun retour en arrière. Ma foi. J’aimerais croire qu’un jour, quelqu’un leur demandera des comptes sur ces années perdues qui ne reviendront pas. Mais j’en doute, franchement. Le probable est que tout sera jeté à la benne du temps qui passe. Et ce sera tout.

Borloo est un triste monsieur, quoi qu’en disent ses nombreux amis. Il sait taper dans le dos, promettre la lune à l’imbécile de service, boire un verre en explosant de rire. Ce qui s’appelle entourlouper. Ses deux derniers coups d’éclats sont fameux, croyez-en mon expérience. J’ai beaucoup vu de bluffeurs, il m’est arrivé dans une autre vie d’en affronter au poker, mais Borloo est un maître. Alors qu’il avait annoncé en octobre 2007 - gros titre du journal Le Monde au moment fatidique du Grenelle - que les programmes autoroutiers étaient terminés, voilà qu’il vient d’en débloquer trois, et d’importance (ici). Il a eu l’intelligence du joueur, qui tient parfois à la diversion, profitant du fracas autour de l’affaire Woerth-Bettencourt. Voyou un jour, voyou toujours.

Autre merveille : la disparition des niches fiscales dites vertes. C’est assez génial, dans le genre. La taxe carbone ayant sombré dans les oubliettes, il restait des avantages fiscaux qui ne changeaient rien au fond, mais permettaient au moins un affichage bien venu. Zou ! Dans la cuvette. On tire la chasse d’eau et on sourit aux caméras, comme si de rien n’était. Borloo devrait faire s’envoler à lui seul deux milliards d’euros de « niches vertes » (lire ici).

Est-ce un flag’ ? Bien sûr. Borloo va racontant depuis qu’il a été nommé en 2007 que la planète est exsangue. Si elle l’était à ses yeux, réellement, il va de soi qu’il ne considèrerait pas l’écologie comme une variable d’ajustement de la politique gouvernementale. Mais comme il s’en fout absolument, comme elle n’a jamais été conçue par lui autrement que comme un éventuel marchepied vers Matignon et le poste de Premier ministre, il tente de convaincre son maître qu’il est le meilleur élève de cette classe de médiocres et de corrompus. Et il y parviendra probablement. Peut-être à l’aide de Greenpeace, du WWF, de la fondation Hulot et de FNE. Voyons, ce cher Jean-Louis n’est-il pas des leurs ?

fabrice-nicolino.com


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