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Brèves
E-Constitution - Une forme de démocratie directe d’inspiration islandaise
mercredi 29 juin

Les autorités islandaises ont accepté l’idée de faire participer la population à l’élaboration de la constitution du pays à travers internet et les réseaux sociaux. Un nouveau mode de démocratie directe est en marche.

Les réseaux sociaux sont un outil participatif de choix pour les islandais, peuple le plus informatisé au monde et où les deux tiers de ses habitants possèdent une page Facebook. Dans une démarche pragmatique, les membres de l’Assemblée Constituante interagissent avec les citoyens islandais grâce à Facebook, Twitter, Flickr, et soumettent leurs idées, amendements, suivent en streaming les réunions du conseil dans une totale transparence.

N’en déplaise aux oligarques, voilà un contrat social légitime qui reposera sur des bases solides. À méditer...

 
HLM, des locataires blindés
jeudi 2 décembre

Plus de 50.000 familles parmi les plus riches de France bénéficient d’un logement HLM.

Fin 2007, quelque 53 000 familles parmi les plus fortunées de France étaient logées en HLM, selon des chiffres de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, révélés par La Tribune. (Mais ne vous précipitez pas sur le lien : l’article est payant bien sûr ! Ces gens-là ont investi le net seulement pour faire de l’argent) 37 000 familles logent en Ile-de-France, dont 18 000 à Paris, et 15 000 en province. Elles gagnent 11 200 euros par mois avec un enfant ou 13 500 euros par mois avec deux enfants.

bakchich.info

 
Manuel Valls le grand démocrate !
samedi 22 mai

Le député (PS) de l’Essonne Manuel Valls a estimé récemment sur Radio J qu’il était "incontestablement" nécessaire que les budgets nationaux soient contrôlés par Bruxelles.

Mais le bouillant Valls n’a pas l’air de trouver qu’il serait normal que les contrôleurs d’un budget européen soient "incontestablement" élus.

 
Extrêmiste onction
samedi 23 janvier

Jusqu’alors plutôt discrets sur leurs relations avec les tarés des mouvements anti-IVG, les évèques français se lâchent : ils sont 24 à avoir rejoint le Comité de soutien à la "Marche pour la Vie" qui s’est déroulée le 17 janvier à l’initiative de toute la nébuleuse de groupuscules intégristes que compte notre beau pays.

Parmi ces prélats, relève la revue Golias, on compte des pointures comme le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon. Le site Internet du diocèse lyonnais fournissait même les indications pour se rendre à la manif parsisienne. Merci !

In Siné Hebdo N°72

 
Santé : Ni forfait ni à faire
mercredi 7 octobre

Tout augmente.
- En 2005, participation de 2 euro sur le remboursement des consultations et autres examens.
- En 2006, mise en route du forfait dit "18 euros" pour tous les actes techniques dont la valeur dépasse les 91 euros.
- En 2008, instauration des franchises médicales : et hop ! 0,50 euro par boîte de médicaments (enfin, ceux qui n’ont pas été déremboursés) et aussi 0,50 euro par acte infirmier, et encore 2 euros par transport sanitaire.
- Dans le budget 2010, une augmentation de 2 euros pour le forfait hospitalier, qui passe à 18 euros !

Enfin, tant que sont remboursés les antidépresseurs... ça va encore !

In Le Canard Enchaîné

 
Souvenirs, souvenirs...
Double langage. Quand les caïds du patronat mettent leurs gants de velours
samedi 31 juillet 2010

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Par Thomas Lemahieu

« Le rouquin à Pékin » ou « Les cocos au poteau »... Le 30 mai 1968, un jeune archi-mondain, François-Marie Banier, se tord le cou pour apparaître avec Malraux en tête du cortège gaulliste. Bettencourt est là aussi. Dans l’ombre, le clan de Liliane B. repart à l’attaque.

Ah vraiment, il n’est pas joli-joli pour tout le monde, ce mois de mai 1968  ! François Dalle le passe au fond du trou. Depuis 1957, il est le PDG de L’Oréal après que le fondateur, Eugène Schueller, l’a intronisé avec l’aval de sa garde rapprochée et cagoularde, couché sur son testament aux côtés de Liliane et André Bettencourt, comme s’il était son fils, et que, pendant les obsèques du patriarche, l’héritière en titre a serré sa main dans la sienne, comme s’il était son frère. La smala s’est élargie, les yé-yé mettent du déo, l’entreprise est devenue une multinationale  ! Après salut, les profits !, voilà le coup de blues  : la France est paralysée et, après une expédition dans son usine d’Aulnay-sous-Bois, occupée par des ouvriers qui prétendent qu’elle est à eux, François Dalle n’est pas loin de paniquer. Au cas où, il partage «  non sans émotion  », précise-t-il, l’argent liquide qu’il a pu récupérer à la banque avec ses proches collaborateurs. Et met les voiles. Pas encore pour Varennes ou Baden-Baden, non  : l’âme en peine finit son errance devant chez Maxim’s, là où, au bon vieux temps, il rencontrait ses relations d’affaires. «  Le restaurant était ouvert, se réjouit-il encore dans son autobiographie, trente ans plus tard. Quel ne fut pas mon étonnement d’être accueilli par l’ensemble de la brigade, chacun dans sa tenue habituelle, les boutons bien astiqués, comme si rien ne se passait au dehors  !  » Cigare au bec, le grand patron, rasséréné, tirera à l’issue de ce bon déjeuner une «  leçon d’optimisme  ». Tout change pour que rien ne change  ?

Le travail reprend, la droite revient. Et avec une poignée de camarades comme Antoine Riboud, le patron de BSN qui se reconvertira dans l’agroalimentaire en rachetant Danone, François Dalle cogite et s’agite. Le PDG de L’Oréal fonde Entreprise et Progrès, un petit club incarnant, selon la presse éblouie, l’aile «  marchante  » ou «  éclairée  » du patronat français. En mai 1972, le bonhomme s’invite au 20 heures  : «  Nous considérons que nous avons réalisé une partie de notre rôle, nous avons démocratisé et nous avons généralisé l’abondance, lance-t-il solennellement. Évidemment, il reste de grands îlots de pauvreté. À côté des critères d’efficacité économique, nous voulons nous pencher du côté des critères d’efficacité sociale. Au lieu que les Français puissent avoir plus, nous pensons qu’il faut qu’ils soient mieux, et nous voulons être associés à cette œuvre.  » Le 18 octobre 1977, même registre aux assises du CNPF  : «  Nous, les dirigeants d’entreprise, sommes devenus des hommes profondément démocrates, profondément désireux de partager avec tous cette abondance  », promet François Dalle. Ironie de l’histoire  : depuis le 14 octobre, dans une de ses usines à Orléans, un site pilote du «  taylorisme à l’envers  » (concept fumeux élaboré par le grand chef), les ouvrières du conditionnement, ces benêtes de «  betteravières  », se sont mises en grève pour leurs salaires. Selon Brigitte, vingt-cinq ans, quand Dalle cause abondance, il s’en sort à bon compte  : «  Avec ce qu’il me donne, ce monsieur, j’ai tout juste de quoi me payer un sandwich au repas de midi. À l’avenir, il faudra peut-être que je compte les rondelles de saucisson.  »

Prudent, le clan ne met pas tous ses œufs d’esturgeon dans le même panier. À l’automne 1977, pendant que François Dalle, «  l’humaniste  », disserte en public, André Bettencourt finance en coulisses, avec la crème des patrons anti-programme commun (Michelin, Paribas, UIMM, etc.), le lancement d’un quotidien du soir, «  J’informe  ». Une affaire de famille ici aussi car c’est son cousin, le comte Michel de Chalendar, qui dépose les statuts de la société éditrice. Et aussi parce que l’ancien ministre Joseph Fontanet, qui en prendra la direction, est le père de Xavier, marié à une Chalendar  : un temps animateur du «  comité éthique  » du Medef, ce même Xavier Fontanet siège au conseil d’administration de L’Oréal, une fonction qui lui permet de retirer entre 50 000 et 55 000 euros de jetons de présence par an  ! Un vrai four, ce journal  : malgré des moyens considérables, il s’arrête au bout de trois mois, faute de lecteurs  ! De son côté, François Dalle n’a en vérité pas complètement déserté les officines  : en 1975, poussé par François Ceyrac, patron des patrons et inventeur de la désormais fameuse caisse antigrève de l’UIMM, il fonde l’Institut de l’entreprise qui est officiellement une structure de formation des cadres du CNPF, mais qui se transforme tout de suite en arme de guerre contre la gauche et les syndicats. Une note interne de 1976 consacrée aux «  nationalisations  » livre des «  arguments généraux  » de très haute tenue intellectuelle. «  Les gens qui vivent dans les usines et les banlieues dominées par les communistes savent que les caïds font la loi.  »

Rien n’y fait et Mitterrand remporte la présidentielle. La grande frousse du patronat se dissipe vite, la dynastie Bettencourt s’adapte sans problème, au fond. «  François Mitterrand, c’est une amitié de jeunesse, un homme extrêmement cultivé, raffiné  », vante François Dalle à la radio. En 1983, c’est l’heure du tournant déjà  : les socialistes deviennent «  réalistes  », les communistes partent et, en revanche, le PDG de L’Oréal et ses copains sont plus présents que jamais. Désigné «  manager de l’année  », il reçoit son prix des mains de Jacques Delors, et le ministre des Finances se taille un franc succès en vantant une économie qui va mieux «  au-delà des erreurs d’autrefois  »  : «  Le mérite en revient aux entreprises et à ceux qui travaillent  », précise-t-il.

Présents à la cérémonie, Liliane et André Bettencourt peuvent jubiler. François Dalle aussi, qui voit une de ses prophéties, psalmodiées dès mars 1981, se réaliser  : «  Il faut un consensus national. Entre les socialistes qui ne sont plus marxistes et les libéraux qui sont avancés, il n’y a pas de différence de doctrine.  »

Thomas Lemahieu

humanité.fr

 

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