Zoé qui rit, Aurélie qui pleure

jeudi 5 août 2010
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Par Charline Blanchard


Shepard ferait un joli nom. Et pour prénom, elle emprunterait à Zoé, martyre romaine. Mais Aurélie Boullet, à l’état civil, n’avait pas envisagé un avenir aussi funeste que son pseudonyme. Si son livre a conquis le public et s’est écoulé à quelque 30 000 exemplaires, il lui vaut de risquer une suspension pour deux ans de son corps d’origine.

En mars dernier, Zoé Shepard publie « Absolument dé-bor-dée ! » (chez Albin Michel), un journal intime à l’humour acide façon Bridget Jones dans lequel elle raconte les tribulations d’une fonctionnaire, peignant au passage un portrait corrosif de la fonction publique française. L’auteure, trentenaire originaire d’une cité de l’Essonne, a écumé les services des collectivités territoriales avant de rejoindre le conseil régional d’Aquitaine. Elle s’y ennuie ferme. « J’en venais même à demander à mes collègues de me refiler des dossiers », dit Zoé-Aurélie, exaspérée par les « réunions stériles » et autres « pistons ». Mieux vaut en rire. S’inspirant d’anecdotes vécues ou rapportées par son entourage, elle trempe sa plume dans le vinaigre.

Dès lors se croisent dans un univers délirant « Coralie « Coconne » Montaigne, trou noir cérébral et concierge du service », qui « se lève chaque jour avec une mission : repousser les limites de la bêtise », « Grand Chef Sioux », dit DGS, qui utilise son bureau comme « garçonnière » et home-cinéma, ou encore Monique, qui se sert du téléphone, avec « une conscience professionnelle qui force l’admiration », pour ses conversations personnelles.

La rebelle s’en donne à coeur joie dans un style mordant, qu’elle avait mis quelques années plus tôt au service du journal satirique de l’Inet (Institut national des Etudes territoriales), établissement où elle a été formée après hypokhâgne, khâgne et Sciences-Po Bordeaux. Un CV sans une égratignure jusqu’au 1er juillet dernier. La romancière en herbe s’est confiée à une collègue. Elle se voit dénoncée et convoquée en conseil de discipline pour manquement au devoir de réserve. Le conseil régional d’Aquitaine lui reproche « un discours démagogique anti-fonctionnaire » qui met en péril la « crédibilité et l’honneur du personnel de la région ». Zoé-Aurélie se défend : « Mes parents sont fonctionnaires. J’ai toujours voulu travailler dans le service public. Mon bouquin n’est pas anti-fonctionnaire, il dénonce les dysfonctionnements qui empêchent la fonction publique d’avancer. »

L’avis du conseil de discipline tombe. Elle encourt deux ans de suspension - sans salaire, avec interdiction d’exercer dans la fonction publique. Alain Rousset, le président socialiste du conseil régional, doit se prononcer d’ici la fin du mois. Pour éviter le bûcher, Zoé-Aurélie est prête à aller jusqu’au tribunal administratif.

Charline Blanchard

hebdo.nouvelobs.com


Commentaires

Logo de Pierre
Zoé qui rit, Aurélie qui pleure
mardi 10 août 2010 à 08h32 - par  Pierre

Bonjour,

Ayant fait une carrière de fonctionnaire, je peux dire que si certains font bien leur travail, il y a ,hélas, une minorité qui sont de véritables boulets à traîner.

Il faut reconnaître que ces gens-là un un don tout particulier pour faire croire qu’ils sont "débordés" et "indispensables" à la bonne marche des institutions...

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OGM : 8 mois ferme requis contre José Bové à Bordeaux

mercredi 27 août 2008

BORDEAUX - Le procureur de la République de Bordeaux a requis ce mercredi
huit mois de prison ferme et quatre ans de privation des droits civiques à
l’encontre de José Bové
, poursuivi avec 11 autres militants devant le
tribunal correctionnel pour une action anti-OGM menée en 2006 en Gironde.

Le représentant du ministère public Jérôme Bourrier a aussi requis 10 mois
de prison avec sursis contre Marc Giblet
, l’exploitant agricole chez qui
avait été menée en novembre 2006 cette action, à Luganos (Gironde), et qui
avait tiré à cette occasion un coup de feu en présence des militants
écologistes.

Six mois avec sursis ont été requis contre deux militants anti-OGM et
quatre mois avec sursis pour les neuf autres opposants aux organismes
génétiquement modifiés
.

Les plaidoiries de la défense interviendront jeudi.

(©AFP / 27 août 2008 22h18)

L’ONU interdite d’entrer dans les territoires palestiniens occupés

jeudi 17 juillet 2008

La "plus grande démocratie du Moyen-0rient", vient d’interdire à une délégation de l’ONU de se rendre dans les territoires occupés pour y enquêter sur les droits de l’Homme. Ce n’est pas la presse française qui nous l’apprend. Il faut dire qu’elle a d’autres chats à fouetter, ne serait-ce que pour suivre Ingrid Betancourt dans toutes les églises où elle est allée prier. D’ailleurs, des membres de l’ONU virés comme des malpropres, quoi d’extraordinaire ?

« Les autorités israéliennes ne nous ont pas permis de visiter les territoires palestiniens et n’ont donné aucune raison pour expliquer leur refus », a déclaré mardi, lors d’une conférence de presse à Amman, Prasad Kariyawasam, responsable d’un comité spécial de l’ONU, chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme des Palestiniens et des autres Arabes des territoires occupés par Israël.

On ne sait pas ce qu’en pensent leurs chefs. Ils ne sont pas très susceptibles apparemment. A moins qu’ils aient peur de passer pour antisémites...

europalestine.com

Rétention de sûreté : une peine infinie

dimanche 13 juillet 2008

A l’initiative de l’association pour une information alternative populaire éducative et citoyenne : A.I.A.P.E.C, le film "rétention de sûreté : une peine infinie" de Thomas LACOSTE sera projeté mercredi 16 Juillet à 2O H 3O. Cette soirée se déroulera au 44, rue dufour, au centre ville de MACON.
La peine de rétention de sûreté qui permet de laisser en prison des personnes ayant fini de purger leur peine, expliquée par huit intervenants : juristes, psychiatres, militants.
Une soirée d’actualité donc... Une année après la suppression de la "grâce présidentielle" qui permettait "d’alléger le nombre des détenus en prison " !

Daniel DERIOT