Le cinéaste Oumar N’Diaye arrêté lors de l’expulsion d’un jeune Sénégalais à Paris...

lundi 11 octobre 2010
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Par Pierre Dupuy

La lutte contre l’immigration clandestine, qui est un droit légitime pour n’importe quel état, est une activité extrêmement délicate qui doit être menée avec beaucoup de doigté. Aujourd’hui, la logique du chiffre et des quotas est en train de prendre le pas sur le nécessaire respect de la personne humaine et une des dernières victimes n’est autre qu’Oumar N’Diaye, un réalisateur sénégalais qui se trouvait encore à la Réunion la semaine dernière, à l’occasion du Festival International du Film d’Afrique et des Iles.

Oumar N’Diaye était l’invité du Festival International du Film d’Afrique et des Iles. Il a quitté la Réunion dimanche soir pour un transit par Paris avant de regagner Dakar. Lundi matin, à Paris, une fois installé en classe Confort dans l’avion et peu avant le décollage, il voit arriver un jeune Sénégalais que des policiers encadrent en vue de l’expulser vers son pays d’origine. Le jeune n’est visiblement pas d’accord et se débat. Les policiers utilisent des moyens coercitifs, ce qui incite un autre passager, un Français qui a une entreprise au Sénégal, à intervenir pour leur demander un peu de retenue.

Un des policiers, visiblement très énervé, lui adresse des mots très crus avant de le menacer des pires représailles s’il ne se mêle pas de ses affaires. Le ton monte et les deux hommes manquent en venir aux mains. Ce que voyant, le commandant de bord demande à la police d’intervenir pour débarquer les trois "fauteurs de troubles" : le jeune expulsé, l’entrepreneur métropolitain et Oumar N’Diaye. Les deux derniers sont placés en garde à vue pendant 48 heures et convoqués à comparaitre devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate le lendemain. Et on leur demande 40.000 euros de caution en échange de leur libération.

Oumar N’Diaye prend comme avocat un neveu de Léopold Sédar Senghor et la caution est d’abord ramenée à 15.000 euros, avant de disparaitre totalement, l’avocat ayant mis en exergue les garanties de représentativité des deux personnes. Mercredi donc, les deux hommes se présentent au tribunal correctionnel, pour la comparution immédiate. Mais, en l’absence du policier, l’affaire est renvoyée au 4 novembre, ce qui signifie que le réalisateur sénégalais devra revenir, à ses frais, du Sénégal s’il souhaite être présent à son procès.

Le comble est que cette histoire a permis de découvrir que le jeune Sénégalais, à l’origine de l’incident dans l’avion, a de son côté été relâché après qu’on ait découvert qu’il avait des papiers en règle au Portugal, et qu’il avait donc tout à fait le droit de se rendre en vacances à Paris pour visiter notre capitale...

Pierrot Dupuy

zinfos974.com


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Brèves

Sans papiers

mardi 3 juillet 2007

Selon le quotidien O Globo, les autorités brésiliennes ont infligé une amende à la compagnie Alitalia pour avoir transporté deux voyageurs sans papiers, arrivés à Sao Paolo le 9 mai dernier.

Le premier, connu sous le nom de Benoît XVI, s’appelle Joseph Ratzinger.
Le second, Tarcisio Bertone, est secrétaire d’Etat du Vatican.
Ni l’un ni l’autre n’avait songé à emporter son passeport.
O Globo ne précise pas si les deux clients d’Alitalia avaient subi le contrôle de sécurité au départ de Rome.

Les photos montrent pourtant, très distinctement, un objet métallique assez volumineux, en forme de croix, sur la poitrine de l’un et de l’autre.
Il serait étonnant qu’à leur passage le portique n’ait pas sonné.
A-t-on procédé alors à une fouille manuelle ?
Les longues robes des deux voyageurs - blanche pour le premier, noire avec une ceinture rouge pour le deuxième - devaient bien cacher quelque livre subversif.

Peut-être même le plus subversif de tous : celui qui invite à aimer ses ennemis, tendre l’autre joue et accueillir l’étranger, même sans papiers.

Transmis par Linsay

rougemidi.org

Martin Hirsch a des absences...

mercredi 27 juin 2007

Reçu de Daniel Deriot

Mercredi après midi, près d’une centaine de familles de mal logés de PARIS ont envahi un amphithéatre du Conservatoire National des Arts et Métiers,ou se déroulait un colloque intitulé "travailleurs pauvres et action sociale : nouvelle question sociale ? de l’impensé vers l’action..."Le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, M.Martin HIRSCH aurait dû conclure cette rencontre, mais il ne s’est pas déplacé.

Alors que se terminait le quatrième mini forum de ce colloque organisé par l’École Supérieure de travail Social de PARIS, près d’une centaine de familles ont envahi un amphithéatre du C.N.AM (Paris 3éme) et ont déployé une banderole sur laquelle l’on pouvait lire "Mal logés en colère, non aux expulsions ". Les manifestants souhaitaient attirer l’attention de M.HIRSCH qui n’est autre que l’ancien président d’EMMAUS FRANCE sur les conditions de logement que rencontrent un nombre croissant d’habitants de l’Ile de France.

Le tout nouveau haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté ne s’est pas déplacé, il devait conclure ce colloque de deux jours qui a regroupé des étudiants, des chercheurs et acteurs de l’action sociale autour des thèmes de la nouvelle pauvreté, de la valeur travail et de la construction du lien social... Les participants ont néanmoins mis à profit la fin de ces deux jours pour nouer des liens avec les familles en difficultés qui entendaient faire droit à leurs revendications avec une certaine détermination.