Hurlons contre les loups

jeudi 2 décembre 2010
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Par SuperNo

Un récent matin, Audrey Montebourg s’est fendue sur France Inter d’une belle chronique au sujet du premier vagabond mort de froid, cuvée automne/hiver 2010-2011. Pleine de compassion, rappelant que dès 1985 Coluche et Goldman chantaient "aujourd’hui, on n’a plus le droit, ni d’avoir faim ni d’avoir froid".


Fort bien. Je pense même qu’elle était sincère. Néanmoins, elle m’a semblé à des années-lumières en-deça de la réalité, qui est à hurler. Alors hurlons. Ce pauvre type s’appelait Mohamed. Momo. Pas Nicolas, François, Christine ou Laurence, encore moins Liliane ou Charles-Henri : Momo. Ensuite, il avait 78 ans. Soixante-dix-huit. Je n’ai pas entendu grand monde là-dessus. Il est vrai que tout le monde sait que tous les ans, entre le beaujolais nouveau et la Saint Nicolas, on a l’habitude du décompte morbide, des reportages sur le 115, et des ministres qui assurent qu’il y a assez d’hébergements pour tout le monde. Banal à en hausser les épaules et à changer de radio, ils nous emmerdent avec leurs SDF, z’ont qu’à bosser, ah, Lady Gaga, c’est quand même plus intéressant…

PUTAIN DE BORDEL, NOUS SOMMES EN FRANCE, PAYS DES DROITS DE L’HOMME ET CINQUIÈME ÉCONOMIE DU MONDE, EN 2010, ET À 78 ANS ON PEUT CREVER DE FROID DANS LA RUE DANS L’INDIFFÉRENCE QUASI TOTALE ! Même pas comme un chien, puisqu’on ne laisse pas crever ainsi un chien, la SPA l’interdit formellement. Et avec raison. J’ai des lecteurs plus intelligents et plus "terriens" que la moyenne, je suis sûr qu’au moins ici on me comprendra. Ces morts de froid dans la rue sont le meilleur symptôme de l’absurdité totale de ce système qui nous emporte. Ils sont aussi la preuve que les incapables qui nous gouvernent sont des escrocs et des bateleurs d’estrades, qui n’utilisent le pouvoir que pour leur profit et ceux de leurs richissimes copains.

On nomme des ministres, des secrétaires d’État, qui proclament, la main sur le cœur, qu’il ont trouvé THE plan qui va résoudre le problème. Les derniers en date s’appellent Borloo (alias "le social"), Sœur Boutin, ou Apparu. Inutile de leur chercher des excuses, ils n’ont rien branlé. Rien. Oh, ils ne sont peut-être pas les seuls coupables, puisqu’on ne leur donne aucun moyen. Ils sont les collègues du long troupeau de politiciens qui assurent depuis bientôt 40 ans que l’emploi est leur priorité. Au final, il n’y a jamais eu autant de chômeurs. Ni de SDF. Ni de "clients" dans les Restos du Cœur.

Sarkozy lui-même, en campagne électorale pour la Présidentielle de 2007, avait pondu cette perle : « Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n’est plus choqué quand quelqu’un n’a pas un toit lorsque qu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s’en trouvera remis en cause ».
Deux ans plus tard, rien. Et je prends les paris que 20 ans plus tard, toujours rien. Sarkozy est un menteur, Sarkozy joue sur la corde de la grandeur d’âme pour faire voter les pauvres pour lui, Sarkozy s’en fout, seul le Fouquet’s et le CAC 40 l’intéressent : Sarkozy est indigne de son mandat.

Pourtant, Sarkozy, reprenant une proposition de Chirac, cet autre bon à rien de profiteur notoire, a instauré cette pignolade de "droit au logement opposable", alias Dalo. Il est bien évident qu’un vagabond va aller voir un avocat qui va lui prendre 1 000 euros avant même d’avoir répondu à sa première question… Si ce gouvernement de nababs avait eu la moindre volonté de loger des sans-logis, il aurait aussitôt débloqué des crédits importants, et des grues auraient poussé comme des champignons, non pas pour construire une résidence privée pour rupins ou un parking Vinci, mais des logements sociaux. Partout, par dizaines de milliers. Or, rien. Que dalle. Pas une grue, tout le monde s’en branle. Neuilly culmine condescendammment et impunément à 2% de logements sociaux.

Ironie, on apprend ces jours-ci que 50 000 logements sociaux seraient occupés par des "ménages" aux revenus supérieurs à 11 000 euros par mois. Et principalement en région parisienne. Parmi ces usurpateurs criminels, il y a un certain Georges Tron. Le stratège de l’autostop de Balladur en 1995. Et secrétaire d’État à (la destruction de) la fonction publique. Ce hautain rupin fait mine de s’offusquer lorsque Le Canard révèle qu’il occupe indûment une HLM depuis des années. Ce à quoi il répond "ce n’est pas une HLM". Pendant que des vieillards vagabonds crèvent de froid dans la rue, un membre du gouvernement joue avec les mots. Car même si son logement n’est pas une HLM stricto sensu, c’est assurément un logement social dont la décence exigerait qu’il en déguerpisse fissa. Mais non. Avec toute sa morgue, il reste.

En France, on n’a plus de sous, ma brave dame. Alors on peut pas construire de logements, hein ? Pourtant on a bien claqué des milliards pour les banques (et on en claque encore ces jours-ci pour que les banques françaises puissent avoir une chance de récupérer leurs dettes irlandaises), pour l’automobile, pour les restaurateurs, pour "baisser les charges" des multinationales ou les impôts des riches.

Alors forcément, il n’en reste plus pour loger les vagabonds. Ni pour les retraites. Ni pour la Sécu. Ni pour les hôpitaux. Ni pour les Services Publics. Ni pour l’école. Ni pour les associations. Ni pour déneiger les voies de gauche. En attendant pire. C’est juste une question de priorité. Pour ces gens-là qui nous gouvernent, un banquier vaut infiniment plus que des vieillards dans la rue sous la neige. Ça a le mérite d’être clair.
Ces gens là sont des imposteurs, des escrocs, des nuisibles, et, n’ayons pas peur des mots, des assassins. Et ceux qui votent pour eux sont des cons. Qu’ils s’en aillent tous® !

superno.com


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Brèves

Sans papiers

mardi 3 juillet 2007

Selon le quotidien O Globo, les autorités brésiliennes ont infligé une amende à la compagnie Alitalia pour avoir transporté deux voyageurs sans papiers, arrivés à Sao Paolo le 9 mai dernier.

Le premier, connu sous le nom de Benoît XVI, s’appelle Joseph Ratzinger.
Le second, Tarcisio Bertone, est secrétaire d’Etat du Vatican.
Ni l’un ni l’autre n’avait songé à emporter son passeport.
O Globo ne précise pas si les deux clients d’Alitalia avaient subi le contrôle de sécurité au départ de Rome.

Les photos montrent pourtant, très distinctement, un objet métallique assez volumineux, en forme de croix, sur la poitrine de l’un et de l’autre.
Il serait étonnant qu’à leur passage le portique n’ait pas sonné.
A-t-on procédé alors à une fouille manuelle ?
Les longues robes des deux voyageurs - blanche pour le premier, noire avec une ceinture rouge pour le deuxième - devaient bien cacher quelque livre subversif.

Peut-être même le plus subversif de tous : celui qui invite à aimer ses ennemis, tendre l’autre joue et accueillir l’étranger, même sans papiers.

Transmis par Linsay

rougemidi.org

Martin Hirsch a des absences...

mercredi 27 juin 2007

Reçu de Daniel Deriot

Mercredi après midi, près d’une centaine de familles de mal logés de PARIS ont envahi un amphithéatre du Conservatoire National des Arts et Métiers,ou se déroulait un colloque intitulé "travailleurs pauvres et action sociale : nouvelle question sociale ? de l’impensé vers l’action..."Le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, M.Martin HIRSCH aurait dû conclure cette rencontre, mais il ne s’est pas déplacé.

Alors que se terminait le quatrième mini forum de ce colloque organisé par l’École Supérieure de travail Social de PARIS, près d’une centaine de familles ont envahi un amphithéatre du C.N.AM (Paris 3éme) et ont déployé une banderole sur laquelle l’on pouvait lire "Mal logés en colère, non aux expulsions ". Les manifestants souhaitaient attirer l’attention de M.HIRSCH qui n’est autre que l’ancien président d’EMMAUS FRANCE sur les conditions de logement que rencontrent un nombre croissant d’habitants de l’Ile de France.

Le tout nouveau haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté ne s’est pas déplacé, il devait conclure ce colloque de deux jours qui a regroupé des étudiants, des chercheurs et acteurs de l’action sociale autour des thèmes de la nouvelle pauvreté, de la valeur travail et de la construction du lien social... Les participants ont néanmoins mis à profit la fin de ces deux jours pour nouer des liens avec les familles en difficultés qui entendaient faire droit à leurs revendications avec une certaine détermination.