Surveillance du Rohypnol : il était temps !

dimanche 6 février 2011
par  Sylvie Simon
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Par Sylvie Simon


Le Rohypnol®, indiqué dans les troubles sévères du sommeil et remboursé à 65 %, est enfin placé sous surveillance avec suivi renforcé. Ses nombreux effets indésirables comprennent des troubles du comportement, modifications de la conscience, agressivité, modifications de la libido, et surtout la dépendance physique et psychique, même à doses thérapeutiques avec syndrome de sevrage ou de rebond à l’arrêt du traitement.

Dans son numéro du 18 juillet 1996, Le Nouvel Observateur a publié un dossier sur « Les jeunes et la drogue » qui dénonce le Rohypnol® comme étant une drogue de substitution au cannabis du fait de son prix modique. « Si vous luttez contre l’endormissement, explique le Dr William Lowenstein, de l’hôpital Laennec, vous entrez bientôt dans un état qui s’apparente au “pilotage automatique”, vous devenez une sorte de zombie qui perd totalement contrôle. »

Malgré ses nombreux effets indésirables reconnus, les psychotropes sont devenus des drogues légales, jouissant de la bénédiction des pouvoirs publics, alors que notre ministère de la Santé a concentré son tir sur le cannabis qui « fait des trous dans le cerveau ». Et les psychotropes n’en feraient pas ? Il est vrai que les laboratoires ne vendent pas encore de cannabis ! Le cannabis est donc interdit, mais pas le Rohypnol® !

Depuis le mois de mars 1996, le Rohypnol®, qui contient du flunitrazépan (dont la durée d’action est extrêmement longue), est considéré aux États-Unis comme une drogue parce qu’il est largement utilisé par les drogués américains. En revanche, dans ce pays, il n’est pas enregistré ni autorisé comme médicament, alors qu’il l’est dans une soixantaine de pays. Cela souligne bien le « flou artistique » qui entoure la plupart des médicaments.

Durant des décennies, cette drogue a garanti à Roche de confortables bénéfices, ce qui explique que Félix Raeber, alors porte-parole du laboratoire, ait déclaré « soutenir » les préoccupations américaines à l’égard du trafic illégal du médicament, mais en ayant pris soin de souligner que la prescription du même médicament par ordonnance médicale est une tout autre chose. Comme si la même drogue était susceptible de devenir moins dangereuse du moment qu’elle est autorisée. Ce qui laisse à penser que si le cannabis était fabriqué par un laboratoire, il serait autorisé !

Sylvie Simon


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