Je rêvais d’un autre monde (1)

mardi 15 mars 2011
par  8119
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Le nombre de sujets dirigés vers l’idée d’un monde meilleur est si vaste qu’il va falloir traiter de nombreux thèmes résidant dans plusieurs champs d’analyse. C’est avec l’énergie contenue dans cette chanson de Jean-Louis Aubert qu’il faut s’atteler à cette perspective. J’ai eu la joie de le rencontrer, genre en 1997, on avait passé une bonne soirée dans son studio perso d’enregistrement à Boulogne-Billancourt avec ses musiciens et une radio qui retransmettait l’interview. Le fait est que les mondes se succèdent et même au sein du monde actuel il existe de nombreux mondes dont certains feraient bien d’inspirer les autres, ou du moins, dont on peut tirer de chacun l’essence de ce qui doit devenir global. En particulier dans le monde artistique il y a l’idée que « le travail », tout en n’étant pas un labeur, est un acte où on se réalise soi-même et cerise sur le gâteau, c’est ce plaisir qui est garant de la qualité.

Un monde qui fonctionne

Comme je suis développeur d’applications qui fonctionnent, j’envisage de façon très tangible le plan qui consiste à concevoir un monde qui va en s’améliorant de façon incrémentielle, de la façon la plus logique et la plus élégante possible, si les actions sont menées dans le cadre d’un fonctionnement global qui aura été correctement pensé et articulé dès le départ. En cela il faut voir que ce qui se réalise ce sont les Droits de l’Homme, considérés non pas au pied de la lettre mais sur le plan spirituel. L’idée de pouvoir aller où on veut, d’aller à la recherche de soi-même, de vivre libre et heureux est quelque chose qui ne se décrète pas, mais qui se fabrique avec le temps, le travail, et le courage de quelques révolutions.

Parmi les nombreux thèmes qui convergent vers le projet d’un monde meilleur, les relations inter-humaines sont la base de tout.
Il est clair que « le bonheur » n’est pas dans le pot de yaourt qui pourtant est vendu avec une telle étiquette. Le bonheur c’est le monde dans lequel on vit, et si on travaille avec un bon salaire pour une entreprise qui produit du malheur, qu’elle le veuille ou non, le bonheur restera inaccessible, il sera seulement factice, fugace, voire illusoire.
La tristesse et la dévastation du monde actuel peut se résumer en la tristesse et la dévastation des relations inter-humaines cantonnées à des relations hiérarchiques où le dominé doit faire abstraction de ses aspirations idéales et le dominant n’arrive jamais à trouver le bonheur auquel il aspire malgré l’exagération sans cesse grandissante de sa tendance à soumettre les autres par tous les moyens.

La relation hiérarchique est un bon exemple car l’absence de relation hiérarchique ne produit pas l’effet escompté. Il faut, avant de commettre une révolution, savoir ce qui est bon et juste dans l’existant, et se demander comment le reproduire par un autre moyen qui éliminera ce qui est malfaisant et injuste. Si on part de ce que les relations interhumaines doivent être une clef du bonheur, alors les relations hiérarchiques doivent se munir d’outils et d’usages qui légitiment cette hiérarchie. Le principe même du « travail », mais on va voir qu’il ne faut pas salir ce mot noble et vital donc on va parler uniquement de « l’emploi », constitue presque directement une violation des Droits de l’Homme, car pour le moins qu’on puisse en dire, il est la cause de souffrance, de pauvreté, et de malheur autant à l’échelle individuelle que globale, et comme tout Droit de l’homme, ou au moins comme toute Loi morale, tant qu’on ne la respecte pas, on se coltine tout un attirail d’inconvénients qui ne peuvent que sauter aux yeux.
On peut procéder par la réciproque en fait, si quelque chose, qu’il soit cerné ou invisible, provoque le malheur et la souffrance, c’est évidemment qu’une loi morale aura été transgressée de façon chronique et sans que personne ne puisse se défendre contre cela.

Actuellement le monde se demande comment changer et se réformer, tout en continuant de façon automatique et presque inconsciente à produire du malheur et de la souffrance.
Pourtant il est certain que le monde va devoir se réformer, et le cours de l’histoire ne peut qu’être infléchi par la pression de ces lois morales ou lois de la nature, qui dépassent allègrement ce dont on peut être conscient, et qui n’a de cesse de chercher des voies d’accès pour s’ancrer dans la réalité de ce monde. Il est improbable que les choses continuent comme elles sont aujourd’hui, quelle que soit la méthode trouvée par cette pression cosmique pour se réaliser, que ce soit en éradiquant l’espèce qui ne devra s’en prendre qu’à elle-même de ne pas avoir été assez évoluée moralement pour survivre, ou que ce soit en élevant les consciences au point que l’irritation de devoir enfreindre ces lois naturelles pousse les gens à se révolter contre un système injuste qui ne profite à personne, pas même aux dominants qui pourtant font tout leur possible pour que rien ne change.

Il y a une zone de conflit entre chaque courant opposé. Cette zone peut aussi bien être déplacée afin qu’un des deux courants devienne mineur et perde toute sa force puis s’éteint, mais très vite d’autres courants apparaissent, de sorte que l’évolution poursuive son chemin.
Quand un courant perd toute sa crédibilité il tente de se muer afin de conserver son inertie, du moins c’est ce qui arrive avec le capitalisme déclinant.
C’est aussi ce qui arrive avec la faillite des États qui se convertit en xénophobie, de sorte que la colère soit dirigée par des choses que la raison (pour peu que cela soit de la raison) vers des choses plus faciles à comprendre. C’est comme ça que fonctionne la psychologie à l’échelle individuelle et à l’échelle sociale, la colère et la frustration existent, et même si leur cause est difficile à cerner, elle va chercher à s’exprimer, mais pour s’exprimer, elle va choisir des motifs faciles à cerner, même si ils n’ont rien à voir.

Donc, au moment où la révolution mondiale gronde et où les esprits se réveillent comme soudainement d’une torpeur dans laquelle ils se sont laissés bercer, il devient d’une extrême importance de cerner et identifier les causes du malheur dans le monde, et le meilleur moyen pour le faire c’est de proposer des solutions par lesquelles ces malheurs ne peuvent plus jamais se reproduire. Et évidemment, là encore, il faut viser juste parce que l’illusion et la nécessité peuvent conduire à faire des erreurs plus graves que celles qu’on veut corriger.
C’est normal qu’il en soit ainsi, puisque rien de bon ne se fait à la légère, tout nécessite un travail patient et rationnel, de la passion, et de l’intelligence. C’est pourquoi je parle d’intelligence incrémentielle quand il s’agit de réformer le monde, il faut des bases solides sur lesquelles fonder progressivement un monde meilleur.

Une fois seulement que les gens commencent à percevoir les effets néfastes de cette pseudo mécanique post-darwinienne (qui stipule « chacun pour soi », et que ainsi « tout s’équilibre naturellement », alors soudain elle tente de revêtir un masque hypocrite afin de se soustraire aux critiques légitimes qui sont énoncées à son encontre.
Mais : les critiques énoncées à son encontre ne font qu’appartenir au domaine de ce qu’on peut exprimer. Or les critiques possibles à énoncer à son encontre vont bien au-delà de ce qui peut tenir dans un discours, un traité ou même des centaines d’analyses cumulées. Exactement comme le fait aussi le subconscient, la nature n’écoute pas les raisons et les discours, elle observe seulement les effets et les associe aux causes, construisant des relations qui tendent à devenir de plus en plus denses, construisant ainsi la mécanique qui sert à la réflexion et à l’analyse.

Si on explique qu’il y a un problème natif et vital avec ce fameux capitalisme : ce ne sont pas des paroles en l’air et il est très énervant d’entendre des réponses qui se contentent de contrecarrer des arguments pris isolément. Il s’agit de toute une idéologie, et en fait de tout un psychisme, qui précisément croit qu’on peut s’attaquer aux choses isolément afin de s’attaquer aux choses globales.

Mais ce n’est pas comme ça que ça marche dans le monde de ce qui est fonctionnel. Oui, on peut faire le rapport entre la psychologie individuelle et la psychologie collective, ça c’est certain, mais non, on ne peut pas attendre d’un principe valable à court terme et dans un champ restreint qu’il soit valable à long terme et dans le champ global, à condition qu’il soit répliqué par tous. Ce capitalisme qui uniformise des façons de faire qui appartiennent à un passé non organisé rationnellement, et qui attend de cette uniformisation qu’elle fasse le travail qui consiste à « organiser rationnellement » est de la pure ingénuité.
La conception des systèmes (qui fonctionnent) enseigne une autre philosophie, celle par laquelle on prend une posture universelle, un peut dans l’esprit des Droits de l’homme, pour ensuite déclamer des lois et des concepts qui ensuite doivent entrer en résonance avec les faits et les actions.

Sur le plan mécanique cela prend forme de protocoles et de conventions arbitraires, qu’on est libres de changer allègrement selon les besoins, et auxquelles on ne s’attache pas. Et c’est très philosophique qu’il en soit ainsi car dans la vie, quand on se plante et qu’on est obligés de corriger une erreur, le travail que ça donne est d’autant plus lourd que grand est le nombre des objets à avoir adopté ces règles qui s’avèrent finalement obsolètes. Et cela n’empêche pas qu’il faille « tout refaire ». Et, cerise sur le gâteau, cela oblige à penser à des sur-systèmes qui permettent de « tout refaire » facilement. Et là, on entre dans un nouveau domaine de la mathématique qui est la métamathématique, selon moi la clef de la réussite d’une société qui fonctionne. (mais on va y revenir !)
Il faut surtout retenir que l’esprit d’un concepteur est capable d’imaginer une mécanique et un fonctionnement qui permettra de rendre logique l’apparition des résultats désirés.

Le capitalisme ne soupçonne ni même n’énumère les résultats désirés, tout cela reste en retrait, ce qui compte pour lui c’est d’obtenir l’argent qui lui promet ensuite d’obtenir un bonheur mal définit.
Un monde plus juste, une meilleure répartition des richesses, si cela peuvent être de bons objectifs à se fixer, ne sont eux-mêmes que des façon de dire des choses encore plus globales.
Mais c’est normal que le capitalisme ait relégué ces objectifs nobles à une vague conséquence de son fonctionnement, comme une promesse en l’air, puisque que cela serait aberrant de vouloir obtenir ces objectifs concrets avec une méthode aussi flasques et intuitive que le capitalisme.

8119
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