CATASTROPHE DE TOULOUSE : POURQUOI TANT DE MYSTERES 1/2

vendredi 10 septembre 2004
par  Henri Farreny
popularité : 3%

Henri Farreny est professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse. Il procède, ici, à une véritable enquête scientifique parfaitement documentée. Un grand, un très grand travail !

Jean Dornac


Chacun se souvient de la catastrophe qui s’est produite dans la « Zone chimique Toulouse-sud » le 21/9/01, vers 10 H 17 : une trentaine de morts, des milliers de blessés, des dégâts matériels colossaux. Trois ans après, ni les circonstances de la catastrophe, ni les responsabilités afférentes, ne sont établies.

La durée de l’instruction judiciaire, sans cesse prolongée, contraste avec la précipitation initiale de Michel Bréard, procureur de la République à Toulouse, qui dés le 24 septembre déclarait en conférence de presse (Le Monde, 28/9/01) : « Il y a 90 % de chances pour que ce soit un accident dû au fait que le stock de nitrate d’ammonium aurait été le siège d’un processus physique engagé depuis quatre-vingt ans, un processus long, complexe, qui a dû s’accélérer dans les jours qui ont précédé l’explosion ».

MYSTERES DE L’INFORMATION INITIALE

Le 21 septembre à 12 h, lors du premier direct réalisé par France 3 depuis le voisinage de la Zone chimique, le reporter Marc Degli indique : « Il semblerait que ce soit à la SNPE que s’est produite l’explosion ». Le journaliste Pierre Nicolas intervient en plateau : juste après la catastrophe, il s’est précipité avec un cameraman. Il commente les premières images de désolation, de douleur et de sang. Il témoigne de ce qu’il a entendu avant d’enfourcher sa moto : « deux explosions séparées de quelques secondes... cinq à six secondes ». Mais il n’a aucune information quant à la nature de ces explosions ni leurs localisations. Vers 12 h 15, Marc Degli revient en direct : « Les gendarmes ne savent pas encore où a eu lieu l’explosion, ni s’il s’agit d’un accident ou d’un attentat ».

Parole de secrétaire général de préfecture

A 15 h, sur France 3 toujours, le premier ministre Lionel Jospin affirme qu’il convient d’ « établir les causes : un accident ou autre chose ». Le secrétaire général de la préfecture de Haute-Garonne, Jean-Luc Marx, lui succède, net et précis : « Il s’agit d’une explosion sur le site de la Grande-Paroisse [c’est-à-dire l’usine AZF] : c’est une tour de fabrication qui a explosé ».

Depuis le 30/6/89, la gestion des risques majeurs relatifs à la Zone chimique Toulouse-sud est sous l’autorité suprême de la préfecture, via un Plan Particulier d’Intervention (PPI). Pour faire face à toute éventualité, une imposante salle de commandement, équipée de moyens ultra modernes, est prête 24 h sur 24. De là on peut communiquer directement avec les trois usines (AZF, SNPE et Tolochimie) et avec tous les services de police et de secours.

Ce 21/9/01 à 15 h, le secrétaire général a pris le parti d’être tranchant. Il a affirmé d’emblée qu’il s’agissait « d’une explosion » (« une » pas deux) et situé la cause : « une tour de fabrication qui a explosé » sur le site d’AZF. Le secrétaire général a ignoré les déclarations précédentes, sur la même chaîne, faisant état d’une explosion à la SNPE et de deux bruits d’explosions. Il n’a rien à dire quant à la formule primo-ministérielle : « accident ou autre chose ». Pourtant, le secrétaire général est bien placé pour savoir ce que Marc Mennessier ne sera en mesure de révéler que deux ans plus tard [Le Figaro, 20/9/03] : la SNPE était sous surveillance et « avertie d’un risque d’attentat » depuis au moins le 31/8/01, soit 2 semaines avant l’attentat de New-York. Le secrétaire général est bien placé pour savoir déjà ce que Marc Mennessier révèlera 33 mois plus tard [Le Figaro, 18/6/04] : la police a été informée la veille de la catastrophe qu’un Algérien « issu des milieux islamistes, spécialiste en explosifs » était arrivé à Toulouse pour « tâter le terrain » ; mais le PV de police n’a été porté à la connaissance du juge que le 10/6/04.

Trois ans après la catastrophe, ne serait-il pas opportun que le secrétaire lève le secret : comment furent décidés ses affirmations et ses silences de l’époque ?

Paroles de procureur de la République

On a lu en introduction la déclaration du procureur rapportée dans Le Monde du 28/9/01. Dans le journal de France 3, lundi soir 24, le procureur s’exprimait en des termes moins surréalistes mais aussi énigmatiquement péremptoires : « Les chances qu’il s’agisse d’un accident sont majoritaires et ne laissent que très peu de place à un acte de malveillance qui avait pu être envisagé au départ ». Il convient de souligner que le procureur, tout comme le secrétaire général, focalise a priori l’attention toute entière sur AZF ; dés le 21 septembre, il donne mission d’expertise en ces termes étrangement circonscrits : « Vu l’explosion s’étant déroulée le 21 septembre dans les locaux de la société AZF... requiert, Monsieur Daniel Van Schendel et Monsieur Dominique Deharo en vue de déterminer les causes et les origines de l’explosion s’étant déroulée le 21 septembre 2001 dans les entrepôts de la société AZF ».

Trois ans après la catastrophe, ne serait-il pas opportun que le procureur nous procure la clef de ce mystère : comment furent décidés ses affirmations, ses ordres et ses impasses de l’époque ?

Où « la police » et la préfecture ne perdent pas de temps

Moins d’une heure après la catastrophe les médias reçoivent la dépêche suivante : « Une seule explosion d’origine indéterminée a été recensée vendredi matin vers 10 h 15 à l’usine pétrochimique AZF... a déclaré la police » [AFP, 11 h 14]. Alors que les Toulousains sont encore en train de compter leurs abattis, voilà que « la police » trouve pertinent de communiquer à propos du nombre : « une seule explosion » et du lieu : « AZF »... Pourquoi ?

Aussitôt après la catastrophe, le site internet automatisé du Réseau National de Surveillance Sismique (RéNaSS) publie l’information suivante : à 10 h 17 mn 56 s, il s’est produit à Toulouse un séisme de magnitude 3,4 sur l’échelle de Richter. N. B. : l’épicentre ne peut être situé à moins d’un km près.

Le lundi 24/9/01, remarquable diligence, la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE, service préfectoral) passe commande d’un rapport à un laboratoire de sismologie toulousain : l’Observatoire Midi-Pyrénées (OMP). Pourquoi cette commande d’État à un laboratoire universitaire, non chimiste, était-elle si urgente ? Pourquoi la commande n’émanait-t-elle pas de la Justice ? Qu’attendait le préfet de ce rapport ? Seul le préfet pourrait répondre... et ce n’est pas sûr. Voyons plutôt ce que contient ce rapport et à quoi il a servi.

Paroles de sismologues toulousains

L’OMP rend son rapport dés le 26 septembre. Remarquable célérité. Concernant l’origine des données, on apprend que le sismomètre « qui apporte les informations les plus importantes » est un « appareil au rebut, dont une des composantes était hors service », qu’il « n’était pas installé avec le soin requis pour des mesures sismologiques, en particulier, il n’était pas enterré, pas orienté, et pas relié à une base de temps de référence ». Puis, dans un style qui semble destiné à un usage médiatique, les auteurs se posent eux-mêmes (ou bien est-ce le préfet ?) la question suivante : « De nombreux témoignages relatent deux « bangs ». Peuvent-ils être dus à une explosion unique ? ». Et ils répondent : « Une explosion unique peut expliquer les deux « bangs » perçus par la population, en tenant compte de la propagation dans la Terre, et à condition que le délai entre les deux « bangs » augmente avec la distance à l’explosion, ce qui semble être le cas, d’après les témoignages recueillis. Si le délai entre les deux « bangs » ne variait pas avec la distance, il s’agirait de deux explosions distinctes. Dans ce cas la première explosion n’aurait pas été détectée par le sismographe de l’OMP-Toulouse à cause de sa trop faible énergie, ou de son faible couplage avec le sol ».

Fautes de méthode et de raisonnement

Le rapport de l’OMP comporte au moins deux graves erreurs de méthode.

1) Au moment où il est signé (26 septembre), les auteurs ne disposent pas de faits précis permettant d’affirmer que « le délai entre les deux « bangs » augmente avec la distance à l’explosion » ; ce 26 septembre, ils n’ont pas connaissance des enregistrements des deux « bangs », par divers magnétophones, qui apparaîtront plus tard ; à cette date, personne, n’a procédé à des reconstitutions sérieuses, consignées, vérifiables, avec des témoins disposant de repères temporels tangibles permettant de chiffrer les écarts observés » ; le rapport ne réfère à aucun recueil formalisé de témoignages, ; or, il s’avèrera que, contrairement aux présupposés, les délais observés entre les deux « bangs » n’augmentent pas « avec la distance à l’explosion » ! [voir encadré n° 1]

[Encadré n° 1]

THESE DE L’EXPLOSION UNIQUE : QUELQUES CONTRADICTIONS

Le rapport de l’OMP du 28/9/01, en retenant des vitesses moyennes de propagation du son de, respectivement, 340 m/s dans l’air et 2400 m/s dans le sol, estimait qu’à 500 m du cratère d’AZF, l’écart entre les deux bangs devait avoir été de 1,3 s, 2,5 s à 1 km et 5 s à 2 km. Tout simplement parce que l’écart E, en secondes, s’exprime en fonction de la distance D, en mètres, par E = D/340 - D/2400 ˜ D/400.

Des témoins situés à moins de 500 m ont observé un écart bien supérieur au plafond de 1,3 s annoncé par l’OMP. Par exemple, une dame était en voiture arrêtée à un feu rouge, à moins de 250 m du hangar 221. Elle a entendu un 1er bang, a démarré et parcouru un peu moins de 50 m, ce qui lui a pris environ 7,5 s (selon reconstitutions sur le lieu) avant de percevoir le bang énorme et l’onde de choc de l’explosion d’AZF. Par exemple encore, une employée d’AZF est en réunion à 50 m du hangar 221 (elle a survécu par miracle, son chef, l’ingénieur Mauzac, a été tué) ; après le 1er bang son chef a continué à lui parler pendant plusieurs secondes avant que parvienne, énorme, le 2ème bang.

A 4 km la thèse de l’OMP conduirait à un écart de 10 s et à 20 km de 50 s. Jean-Marie Arnaudiès a retrouvé 7 témoins qui
- 1) se trouvaient à plus de 20 km,
- 2) ont entendu les deux bangs et
- 3) ont accepté de déposer en Justice.
Ni eux ni aucun autre témoin entendu n’estime à plus de 10 s l’écart entre les deux bangs. Entre moins de 10 s et plus de 50 s, ce ne sont pas les 7 témoignages qui sont à contester, c’est la thèse de l’OMP qui n’est pas pertinente.

L’OMP tablait sur des écarts entre les deux bangs croissant avec la distance par rapport au cratère d’AZF. Les témoignages humains précédents contredisent ce présupposé. Le tableau qui suit donne les écarts relevés sur 4 enregistrements audio de la catastrophe fournis au juge. Le rapport entre écart E et distance D porte aussi à contester la relation E ˜ D/400, donc la thèse de l’OMP.

Distance du magnétophone au cratère actuel Écart entre les deux bangs
˜ 2 700 m ˜ 10,3 s
˜ 3 300 m ˜ 7,7 s
˜ 3 800 m ˜ 8 s
˜ 4100 m ˜ 10,3 s

2) Le rapport ne comporte pas ce que les scientifiques appellent un état de l’art : il n’exhibe - et pour cause - aucun exemple académiquement attesté d’explosion unique engendrant deux « bangs » espacés de plusieurs secondes, entendus par de nombreuses personnes.

En outre, le rapport comporte au moins deux graves erreurs de raisonnement.

1) Au prétexte qu’une seule trace sismique a été recueillie, il est abusivement conjecturé qu’il n’y a eu qu’une explosion alors qu’il est patent que certaines explosions, malgré des effets destructifs considérables, ne sont pas détectées comme séismes [voir encadré n° 2].

[Encadré n° 2]

MYSTÉRIEUX CRATERES

Le 9/3/04, en Espagne, près de Barracas, un camion transportant 25 t de nitrate d’ammonium est entré en collision avec une voiture, s’est renversé, a pris feu ; le gasoil s’est répandu sur le nitrate ; après demi-heure d’incendie, une explosion est survenue : 2 morts et 5 blessés. Un cratère s’est formé, d’environ 20 m de diamètre et 5 m de profondeur. Pas de trace sismique (sur les réseaux national et internationaux), pas de double bang signalé. A noter : huit jours plus tard, sur la même route espagnole (à quelques dizaines de kilomètres), un camion chargé de 22 t de nitrate d’ammonium (venant de France !) s’est renversé mais sans départ de feu, sans explosion.

Le 22/4/04, en Corée du Nord, à Ryongchon, 2 trains transportant des carburants, des combustibles et du nitrate d’ammonium sont entrés en collision ; un incendie se déclare qui conduit à une explosion : très nombreux morts (entre plusieurs centaines et plusieurs milliers, selon les sources). Un cratère s’est formé d’environ 100 m de diamètre et une vingtaine de m de profondeur. Ni trace sismique, ni double bang.

Le 24/5/04, en Roumanie, près de Mihailesti, un camion transportant 20 t de nitrate d’ammonium s’est renversé ; après demi-heure d’incendie, une violente explosion est survenue : 18 morts et 10 blessés. Un cratère s’est formé d’environ 15 m de diamètre et 10 m de profondeur. Ni trace sismique, ni double bang.

Le 30/7/04, en Belgique, à Ghislenghien, un gazoduc explose : 16 morts, 125 blessés. Un cratère s’est formé d’environ 10 m de diamètre et 4 m de profondeur. Ni trace sismique, ni double bang.

A Barracas, Ryongchon, Mihailesti, du nitrate d’ammonium a explosé mais en présence d’hydrocarbures et après de relativement longs et violents incendies. A Barracas, Ryongchon, Mihailesti, Ghislenghien : un cratère, pas de trace sismique, un seul bang. A Toulouse : un cratère, pas d’hydrocarbures, pas d’incendie préalable, une trace sismique mais deux bangs. L’exception toulousaine ?

Une conclusion certaine :

des explosions peuvent creuser des cratères importants sans trace sismique notable et sans double bang, alors qu’à Toulouse, des experts ont préjugé que le cratère AZF correspondait à l’unique trace sismique retenue par l’OMP. Et même, se sont acharnés à associer ce cratère et les deux bangs.

On démontrera plus loin [encadré n° 3] que le cratère d’AZF ne peut être l’épicentre du séisme repéré par l’OMP et que seul le 2ème bang a été engendré par l’explosion d’AZF. Après analyses donc, de ce point de vue, le cratère toulousain ne diffère pas des cratères espagnol, coréen, roumain et belge. Voilà un mystère de moins.

Reste une question légitime :

une explosion qui laisse une trace sismique de 3,4 sur l’échelle de Richter peut-elle ne pas creuser de cratère ? La réponse est oui : par exemple une explosion souterraine.

Et une précaution tout de même :

qui peut garantir, au vu des anomalies de la gestion de crise et des retards de l’enquête, qu’il n’y a pas eu de cratère causé par la 1ère explosion, aussitôt comblé ?

Après cette conjecture arbitraire, le rapport propose un raisonnement par l’absurde : il s’agit de montrer que s’il s’était produit 2 explosions, on aurait dû faire tel constat, alors qu’on a fait un constat contraire. Mais ce raisonnement est raté de bout en bout ; en effet, il est affirmé que dans le cas de 2 explosions l’écart entre « bangs » doit être constant et comme il est présupposé (sans données sérieuses et finalement à tort) que l’écart « augmente avec la distance », il est conclu à l’unicité de l’explosion. En fait, le rapport préjuge, sans le dire, que les 2 explosions ne pouvaient se produire qu’en un même endroit (et ce en dépit des informations disponibles qui poussaient à considérer l’hypothèse de 2 explosions en des lieux distincts).

En définitive, le rapport a négligé d’envisager la question de bon sens, inéluctable, suivante : « Deux explosions en deux endroits distincts peuvent-elles expliquer les deux « bangs » perçus par la population ? ». La réponse est évidemment oui.

2) Lorsque l’idée est venue que le sismomètre pouvait ne pas avoir détecté une explosion parmi deux, le rapport a préjugé que l’explosion non détectée devait être « la première ». Il fallait envisager aussi que ce fusse la deuxième.

Et justement : on verra plus loin [voir encadré n° 3] comment Jean-Marie Arnaudiès, professeur de mathématiques, a prouvé que le séisme détecté à 10 h 17 mn 56 s par le RéNaSS correspondait à la première explosion, tandis que l’explosion du hangar 221 d’AZF ne s’est produite que 8 à 9 secondes plus tard et n’a pas été signalée comme séisme.

[Encadré n° 3] QUELQUES PREUVES

DE L’OCCURRENCE DE DEUX EXPLOSIONS - AVEC DATATIONS -

Les datations ci-après sont en temps local légal. Les preuves originales, plus circonstanciées, sont dues à Jean-Marie Arnaudiès. Les partisans de la « thèse de l’explosion unique » (comprendre : à AZF, avec trace sismique, avec 1er bang « entendu par les pieds » et 2ème par voie classique) estiment que cette explosion a eu lieu à une heure H = 10 h 17 mn 56 s (nous ne précisons pas les fractions de seconde : c’est sans conséquence quant à la justesse des raisonnements présentés ci-après). D’où tirent-ils H ? Ils adoptent l’heure associée à la trace sismique unique signalée par le RéNaSS : c’est cohérent avec leurs présupposés.

Constat à la SETMI

Selon EDF, l’usine SETMI a été privée de courant à 10 h 17 mn 56 s et une fraction de seconde, c’est-à-dire environ à l’heure H.
Instantanément un voyant s’est allumé. Le directeur a alors accompli une suite précise d’actions. Le juge a fait procéder à des reconstitutions. Il apparaît que le directeur a perçu le 1er bang environ 9 s après l’allumage du voyant, et le 2ème environ 7 s après le 1er. Donc il a perçu le 2ème bang à environ 10 h 18 mn 12 s.
Selon la « thèse de l’explosion unique », le 2ème bang marque l’arrivée à la SETMI du son émis par l’explosion d’AZF. Or il n’a fallu qu’un peu plus de 7 s pour que le son parcoure (à environ 340 m/s) les 2 500 m environ qui séparent le cratère AZF de la SETMI. Donc l’explosion d’AZF a eu lieu à l’heure 10 h 18 mn 12 s diminuée d’un peu plus de 7 s c’est-à-dire un peu avant 10 h 18 mn 5 s. L’écart très grand - de l’ordre de 9 s - entre H et 10 h 18 mn 5 s assure la validité du schéma de raisonnement présenté ici, en dépit des fractions de secondes négligées.

Autrement dit :

l’explosion d’AZF a eu lieu entre 8 et 9 s après l’heure H. Donc le séisme constaté par le RéNaSS, à l’heure H, de magnitude 3,4, doit être associé à une autre explosion survenue avant celle d’AZF. La proposition « l’explosion fut unique » est donc fausse. Donc, il était incorrect d’attacher la trace sismique à l’explosion d’AZF.
Si les 2 explosions avaient eu lieu au même endroit, le délai entre l’allumage du voyant et la perception du 1er bang eut été aussi d’un peu plus de 7 s. En fait, la 1ère explosion a eu lieu à 3 100 m de la SETMI (distance parcourue par le son en 9 s).

Constats via le téléphone

Le juge dispose de témoignages accompagnés de relevés de France-Télécom qui permettent d’établir aussi que l’explosion d’AZF a eu lieu 8 à 9 s après l’heure H.
Par exemple, un témoin a raccroché « plusieurs secondes » après avoir entendu le 1er bang et « 3 à 4 s » avant d’entendre le 2ème ; la coupure est enregistrée à 10 h 18 mn 2 s ; comme il se trouvait à un peu plus de 300 m du cratère actuel, le son du 2ème bang n’a mis qu’environ 1 s à lui parvenir (bien moins que « 3 à 4 s ») ; donc il avait raccroché avant l’explosion d’AZF ; donc celle-ci a eu lieu sans aucun doute après 10 h 18 mn 2 s et non à l’heure H. Plus finement : la 2ème explosion a eu lieu environ 2 à 3 s après 10 h 18 mn 2 s, soit entre 10 h 18 mn 4 s et 10 h 18 mn 5 s. En outre, la théorie de l’OMP ne peut expliquer qu’à 300 m du cratère l’écart entre les deux bangs soit de « plusieurs secondes » augmentées de « 3 à 4 s ».

Constat sans témoignage humain

Selon EDF-RTE, un câble d’une ligne électrique aérienne s’est rompu à 10 h 18 mn 7 s, soit environ 11 s après l’heure H. Or le point de rupture est environ à 200 m du cratère actuel. Est-ce un projectile issu de l’explosion du hangar 221 qui a coupé le câble ? Dans ce cas un calcul balistique montre qu’il a fallu de l’ordre de 2s pour qu’un projectile vienne frapper le câble ; donc l’explosion du hangar aurait eu lieu à 10 h 18 mn 7 s moins 2 s, soit à : 10 h 18 mn 5 s.

Ainsi, par trois voies indépendantes, on trouve que l’explosion d’AZF n’a pas eu lieu au moment du séisme détecté par le RéNaSS (heure H) mais 8 à 9 s plus tard.

Le rapport de l’OMP apparaît donc comme dénué de valeur scientifique. Rappelons qu’il fut commandé par un service préfectoral, non par l’autorité judiciaire, et observons qu’il tend à valider le prompt avis préfectoral [15 h, France 3 : « une explosion »] et l’ultra précoce information de « la police » [11 h 14, AFP : « une seule explosion »].

Mauvais rapport, bonne diffusion

Le 1/10/01, une technicienne de l’OMP a cru bon de diffuser sur internet, à titre personnel mais avec adresse d’origine dans le campus scientifique, l’avis suivant : « Subject : explosion de l’usine AZF : conclusions des analyses sismologiques :- les multiples pics... s’expliquent parfaitement par des phenomenes de propagation dans la croute et le manteau d’ondes rayonnees par une source unique.- le second pic... est probablement du a une réfraction... Il n’a rien a voir avec une hypothetique seconde explosion.- les deux "bangs" entendus par de nombreux temoins peuvent s’expliquer avec une explosion unique : le premier correspondrait a l’onde P (premiere arrivee) , transmise par le sol (et donc "entendue" par les pieds), et le second a l’onde acoustique aerienne. ».

Ce message a beaucoup circulé. A l’heure où j’écris ces lignes (27/8/04) on pouvait encore le trouver intégralement recopié, sans aucune considération critique, sur l’unique site internet de l’association « Plus Jamais Çà », association qui a joué un grand rôle dans la canalisation de la colère des Toulousains.

Ce rapport OMP a objectivement facilité la mise sur orbite de la thèse de l’explosion unique. Survenue au hangar 221 d’AZF bien sûr. Car, si l’explosion était unique, chacun pouvait inférer, stimulé par certains médias peu regardants, qu’elle avait eu lieu à « Grande Paroisse » puisque là, à la place du hangar 221, béait un vaste cratère.

Paroles d’experts

Le rapport de l’OMP, quoique dénué de valeur scientifique, a servi de fondation aux « premières conclusions d’étape » enfin rendues le 5/6/02 par trois experts (Daniel Van Schendel, Dominique Deharo, Jean-Luc Geronimi). Ces conclusions débutent ainsi : « La catastrophe industrielle survenue le 21 septembre 2001 sur le site AZF résulte d’une seule explosion ». Les experts n’étayent aucunement cette affirmation. Après quatre pages de considérations superficielles, ils se contentent de recopier, sous le titre : « Effet sonore et acoustique », le passage du rapport de l’OMP que nous avons présenté plus haut et dont nous avons mis en évidence les principales fautes de méthode et de raisonnement. Les experts, sans citer le rapport OMP du 26/9/01, recopient mot pour mot, faute pour faute. Ils écrivent donc aussi : « à condition que le délai entre les deux « bangs » augmente avec la distance à l’explosion. Ceci semble être le cas avec les témoignages recueillis ». Sur quels « témoignages recueillis » s’appuient les experts ? Ils ne le disent pas. Le 6/2/03, la directrice de l’OMP expliquera qu’elle s’est contentée d’interroger des personnes de son entourage et qu’elle en a « déduit qu’il y avait des présomptions pour que les deux bangs lorsqu’on était à plus d’un ou deux kilomètres soient effectivement le signal sismologique et le signal acoustique. Lorsqu’on était moins loin c’était confus ».

A signaler : le rapport de l’OMP a servi de base pour un Compte-Rendu à l’Académie des Sciences, hâtivement publié en mars 2002, dans lequel l’ « appareil au rebut, dont une des composantes était hors service » est devenu « un appareil en test ».

Que penser d’experts qui plagient un rapport léger, écrit quelques jours après la catastrophe, pour constituer leurs « premières conclusions d’étape » 8 mois plus tard ? A signaler : ils donnent 4,3 pour magnitude du séisme détecté par le RéNaSS, au lieu de 3,4 (l’échelle de Richter étant logarithmique cette erreur est très importante).

Les conséquences tirées de ces tardives « premières conclusions d’étape » sont graves. Ayant proclamé qu’il n’y avait qu’une explosion, les experts en sont venus à imaginer un nouveau scénario (voir paragraphe suivant). Une semaine après sa communication au juge, 13 personnes sont mises en examen. La suite confirmera que ces mesures étaient non fondées. Les experts ne parvenant pas à étayer leur scénario, le juge prononce, le 15/9/03 puis le 8/7/04, 11 non-lieux malgré l’opposition farouche du procureur. Au 27/8/04, il restait deux mis en examen.

[Encadré n° 4]

UN ELEGANT RAISONNEMENT GEOMETRIQUE POUR SITUER LA 1ERE EXPLOSION

Le juge dispose de plusieurs enregistrements audio des deux bangs. On peut donc connaître avec une assez bonne précision l’écart entre les deux bangs perçus en différents lieux. Dés décembre 2001, Jean-Marie Arnaudiès, professeur de mathématiques a proposé d’appliquer un raisonnement géométrique qui, connaissant les écarts E1 et E2, perçus en deux lieux L1 et L2, le site A de la 2ème explosion (cratère AZF), la vitesse du son V, détermine que le site X de l’autre explosion appartient à une branche d’hyperbole dont les foyers sont L1 et L2.

On peut avoir une très bonne précision sur les coordonnées de L1, L2 et A. Plus difficilement sur V, E1 et E2. L’imprécision amène à considérer un faisceau d’hyperboles (comme une hyperbole dont le trait serait épais).
A partir d’un 2ème couple de lieux de perception, on obtient un 2ème arc d’hyperbole,. L’intersection, si elle existe, de ces deux arcs détermine le site X. Le choix (autant que faire se peut) des couples de lieux de perception influe sur la précision du résultat.

Avec les données dont il disposait, Jean-Marie Arnaudiès a circonscrit une zone d’un à deux hectares, à l’Est du territoire d’AZF.
Naturellement il appartient à la Justice de prendre les moyens pour conférer à ce raisonnement une efficacité maximale.

Jean-Marie Arnaudiès a démontré que toutes choses étant égales par ailleurs, on obtient le même arc d’hyperbole en considérant que la vitesse du son varie d’une quelconque manière au début de sa propagation(jusqu’à un seuil inférieur aux 2 distances entre l’émission et les 2 récepteurs).
L’arc d’hyperbole change, légèrement, si on prend en compte le vecteur de la vitesse du vent le 21 septembre.

La zone circonscrite reste à l’Est d’AZF.

Les hyperboles sont des courbes socialement utiles, qu’on se le dise ! Pour les lecteurs aimant, étudiant, pratiquant, ou enseignant les mathématiques (voire les quatre), voici une formulation plus précise.

On note tA la date (connue ou non, peu importera) de la 2ème explosion (en A), tX la date (connue ou non) de la 1ère explosion (en X), E1 l’écart entre les 2 bangs perçus en L1, E2 l’écart perçu en L2. On note AL1 la distance entre A et L1, de même XL1, AL2 et XL2.

En L1, la date de perception du 1er bang est tX + XL1/V ; celle du 2ème bang est tA + AL1/V. Donc E1 = tA- tX + (AL1 - XL1)/V. De même : E2 = tA - tX + (AL2 - XL2)/V. D’où E1 - E2 = (AL1 - AL2)/V + (XL1 - XL2)/V. On voit que tA et tX ont disparu ! Il vient : XL2 - XL1 = V.(E1 - E2) + AL2 - AL1. Le 2ème membre est une constante, disons k. Le lieu géométrique des points X dont la différence des distances XL2 - XL1 à deux points fixés L2 et L1 vaut k est une branche d’hyperbole de foyers L2 et L1.

Souvent experts varient... et journalistes suivent

Le 28/9/01 Daniel Van Schendel et Dominique Deharo remettent une « note expertale » de 12 pages. Les décombres fument encore mais déjà ces experts affirment, sans preuve, que : « L’épicentre de l’explosion se situeau milieu du tas formé dans ce bâtiment 221... la totalité du tas entreposé a pris le régime explosif ». Ces deux assertions se révèleront fausses. Toujours sans conditionnel, ils assurent que : « Le nitrate d’ammonium a été mis au contact de corps organiques (fuel,huiles, matières plastiques), d’oxyde de fer, de chlore et de végétaux, sans compter ce qui a pu migrer par la terre, voire par infiltration par la nappe phréatique tout [si¢] proche ». Ils déclarent que « le cas de l’acte volontaire a été, et même en premier lieu, envisagé » mais « cette hypothèse s’est toutefois écartée d’elle-même au fur et à mesure de l’avancement de nos travaux, de nos découvertes et de ce que nous avions établi au niveau du cratère et de la cohérence avec le milieu de l’entreposage ». Ils assurent que : « le tas de nitrate d’ammonium n’aurait pu exploser que s’il avait été amorcé très correctement en plusieurs endroits et à cœur » ce qui nécessite « de la part de l’opérateur ou du concepteur de très bonnes connaissances en matière d’explosif » et « quinze à vingt minutes ». Et ils terminent par : « A ce jour, de nos exploitations et interprétations, l’explosion découle d’une origine accidentelle, liée aux mauvaises conditions de stockage et à l’hétérogénéité du nitrate d’ammonium entreposé ». Donc, en moins d’une semaine, les experts considèrent qu’il n’y a plus lieu à enquêter sur un « acte volontaire », car la difficulté d’amorçage serait plus élevée que dans le cas d’une pollution accidentelle ?

La Dépêche du Midi, unique quotidien de la région toulousaine, soutient la thèse initiale des experts pendant trois mois. Le 21/12/01, elle explique encore : « Nouvelle confirmation de la thèse évoquée dés le départ par les experts judiciaires indépendants [voir encadré n° 5]. Celle d’une « auto-inflammation » du tas de nitrate... A l’épicentre de l’explosion précisément localisé à ras-de-terre, sous les 300 t de nitrate, des traces de soufre ont été découvertes dans un sous-sol saturé d’humidité et oxydé par le ferraillage des armatures en béton. Du soufre mais aussi du chlore, des hydrocarbures et des pollutions organiques diverses qui ont été autant d’ingrédients pour une « soupe chimique » explosive ».

[Encadré n° 5]

DES EXPERTS INDEPENDANTS ?

Dés le 28/9/01 les deux premiers experts désignés (noter : par le procureur, le 21/9/01), MM. Daniel Van Schendel et Dominique Deharo, signent une « note expertale » choquante par ses préjugés et ses lacunes.

Qui sont ces experts capables de délimiter le champ d’étude, si précisément, si vite ? Mais qui ne portent aucune attention aux événements concernant la SNPE ni aux carences préfectorales (qui pourraient pourtant aider à « déterminer les causes et les origines de l’explosion s’étant déroulée le 21 septembre 2001 dans les entrepôts de la société AZF ») ?

Ne pas rester au fond du cratère

Dominique Deharo est responsable de la section Explosion Incendie au Laboratoire de Police Scientifique à Toulouse. Ce statut assure-t-il qu’il soit indépendant de la SNPE ou de la préfecture ?

En sa qualité de responsable à la Police Scientifique, ne devait-il pas, entre autres, plaider immédiatement pour la collecte systématique de tous les témoignages sur les évènements et leur chronologie (témoignages humains mais aussi enregistrements audio, vidéo, électriques, téléphoniques, sismiques, informatiques...) dans toute la Zone chimique ? La « note expertale » ne reflète en rien une telle préoccupation.

Leurres et écrans de fumée

Dans le cadre de l’enquête, Daniel Van Schendel se présente comme Expert près la Cour d’Appel de Toulouse, en Incendie-Explosion. Il a aussi longtemps exercé comme Directeur du Laboratoire d’Essais de la société Lacroix. Dans le Journal Officiel [n° 2 du 4/1/00, page 14] on lit que, par arrêté du 23/12/99, les ministres de l’intérieur et de l’économie ont nommé comme membre d’une « commission technique relative aux artifices de divertissement » au titre de « représentant des fabricants », « M. Van Schendel (Daniel), société Lacroix-Ruggieri ». Il a occupé ce poste jusqu’au 10/7/03.

Lacroix-Ruggieri ne vit pas que de pétards festifs.
En 1999, son chiffre d’affaires se répartissait comme suit : un tiers pour « les feux d’artifice », plus de la moitié pour « la défense civile et militaire », le reste pour « l’industrie ».
Selon Éric Dourel [l’Humanité, 22/1/00], elle est « fournisseur officiel de l’armée française dans la fabrication des leurres et écrans de fumée, indétectables aux radars et aux infrarouges. Virtuose dans les procédés de camouflage d’avions, bateaux et chars d’assaut, elle a mis au point toute une série de systèmes de défense très rentables... ».
Le 21/12/99, la SNPE vend à Lacroix-Ruggieri « l’activité contre-mesures », avec brevets, matériels, logiciels. Cette opération place Lacroix-Ruggieri « en position de monopole dans la production de leurres pour la défense militaire ».

Les fonctions occupées par Daniel Van Schendel assurent-elles qu’il soit indépendant de la SNPE ou de la préfecture ? Il est permis de s’interroger.

Par ailleurs, est-il bien convenable qu’un expert judiciaire, propose au juge d’instruction pour lequel il enquête, de recourir aux prestations de la société dont il est l’un des hauts cadres ?

Mais, ne pouvant étayer leur affirmation initiale (« auto-inflammation »), les experts, sans reconnaître leur échec, échafaudent une nouvelle thèse. Aussitôt relayée par La Dépêche et d’autres.

Le 27/12/01, le Nouvel Observateur réussit un scoop : « Les enquêteurs ont pu établir que du chlore, sans doute provenant des laboratoires de la société AZF, a été chargé sur le site dans des bennes ». Certes, c’est grande pitié que dans un hebdomadaire aussi cultivé on confonde l’élément chlore, gazeux à pression atmosphérique normale, avec un composé chimique contenant du chlore et se présentant sous forme solide, donc pouvant être « chargé dans des bennes »...
Le 29/12/02, La Dépêche emboîte le pas : « Une demi-heure avant la déflagration, une benne contenant probablement du chlore, avait été déversée dans le sas d’entrée du bâtiment 221 ». Et précise : « La semaine dernière, les deux experts ont fait un rapport d’étape aux juges d’instruction... Un simple compte-rendu oral. Pour l’instant, ils n’ont pas écrit une ligne ». Alors que Le Nouvel Observateur avait prétendu que : « Les deux juges d’instruction chargés du dossier ont, depuis mardi 18 décembre, entre les mains, un nouveau rapport d’étape, dressé par les enquêteurs du SRPJ et les experts judiciaires ». « Entre les mains » un « compte-rendu oral » ?

En fait, les experts mettront encore près de six mois à coucher sur papier leurs « premières conclusions d’étape ». A la fin des 13 pages rendues le 5/6/02, quelques lignes leur suffiront pour exposer ce nouveau scénario (qui va fonder les mises en examen 6 jours plus tard) : « versement accidentel, environ 15 minutes avant l’explosion, dans le sas et sur un tas d’une dizaine de tonnes de nitrate d’ammonium industriel, d’une benne blanche contenant au moins 500 kg d’un produit non identifié, pouvant être du DCCNA ».

En toute logique, la nouvelle thèse des experts aurait dû relancer l’attention pour la piste de la malveillance tout autant que pour la piste de l’accident. Car s’il suffisait que du DCCNA soit déversé sur le nitrate pour le faire exploser, ne devait-on pas envisager autant un déversement volontaire de DCCNA qu’involontaire ? En toute incohérence, le procureur déclare le 16/1/02, lors de la rentrée judiciaire à Toulouse : « Je maintiens, persiste et signe : la thèse de l’attentat, de la malveillance, qui n’a été corroborée par aucun élément objectif de l’enquête judiciaire, n’est plus du tout d’actualité, elle ne résiste pas à la logique pas plus qu’au travail des experts ».

Or s’il est vrai qu’il a été trouvé un sac plastique vide étiqueté DCCNA,

- 1)l’employé chargé d’approvisionner le hangar 221 a toujours nié y avoir amené autre chose que du nitrate d’ammonium,
- 2)les tentatives de reconstitution des 9/10/02 et 11/10/02, ont prouvé qu’il était impossible de déverser du DCCNA sans provoquer un dégagement gazeux suffocant,
- 3)il a été impossible en laboratoire de faire exploser du nitrate d’ammonium en y déversant du DCCNA dans les conditions physiques qui existaient au hangar 221.

Lire la deuxième partie : CATASTROPHE DE TOULOUSE : POURQUOI TANT DE MYSTERES 2/2


Commentaires

Agenda

<<

2019

 

<<

Décembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational