Les mystères de Toulouse

samedi 29 mai 2004
par  Henri Farreny
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Catastrophe de Mihailesti : encore un cratère consécutif à une explosion de nitrate d’ammonium

Lundi 24 mai 2004, vers 4 heures 55 du matin, heure locale, près de Mihailesti (Roumanie), un camion transportant 20 tonnes de nitrate d’ammonium (“azotat de amoniu”), en sacs de 50 kilogrammes, s’est renversé.
Un incendie s’est déclaré. Vers 5 heures 50, une violente explosion est survenue.
Bilan au 26 mai : 18 morts (dont 7 pompiers et 2 journalistes, de télé, des secouristes) et 10 blessés graves.
L’explosion a creusé un cratère d’environ 15 mètres de diamètre et 10 mètres de profondeur.


Références :

www.jurnalul.ro : articles et photos (aussi : un lien vers un film de l’explosion en temps réel).

www.evenimentulzilei.net : articles avec traduction partielle en anglais.

Libération a publié quelques lignes sur le sujet mardi 25 mai, en page 11 (d’après AFP).
(Le site web du journal, présentait, le 25 mai, une photo du cratère ; mais il était question, par erreur, d’ “ammoniaque” ; le journal-papier indiquait “engrais azotés”).

www.24heures.ch , en date du 25 mai : quelques lignes.

Encore une catastrophe qui creuse un cratère mais ne laisse pas de trace sismique ? Aucun des réseaux de surveillance sismique que j’ai pu consulter sur le web n’a repéré la catastrophe de Mihailesti.

Références :

www.renass.u-strasbg.fr : site du RéNaSS, Réseau National de Surveillance Sismique. De nombreux liens vers des réseaux de surveillance étrangers sont offerts sur le site précédent.

Encore une catastrophe qui ne produit qu’un seul bruit ?

A ma connaissance il n’a jamais été question de deux bruits d’explosion à Mihailesti.

A Ryongchon (Corée du Nord) et à Barracas (Espagne) comme à Mihailesti : un cratère, un incendie préalable, pas de trace sismique, un seul bruit

Le 22 avril 2004, en Corée du Nord, à Ryongchon, 2 trains transportant des carburants, des combustibles et du nitrate d’ammonium sont entrés en collision ; incendie conduisant à une explosion : très nombreux morts (entre plusieurs centaines et plusieurs milliers, selon les sources). Cratère d’environ 100 mètres de diamètre et une vingtaine de mètres de profondeur.

Ni trace sismique, ni double bruit.

Le 9 mars 2004, en Espagne, près de Barracas, un camion transportant 25 tonnes de nitrate d’ammonium est entré en collision avec une voiture, s’est renversé, a pris feu ; le gasoil s’est répandu sur le nitrate ; après une demi-heure d’incendie, explosion : 2 morts et 5 blessés. Cratère d’environ 20 mètres de diamètre et 5 mètres de profondeur.

Ni trace sismique, ni double bruit.

A noter : huit jours plus tard, sur la même route espagnole (à quelques dizaines de kilomètres), un camion chargé de 22 tonnes de nitrate d’ammonium, “venant de France” (lu dans la presse espagnole), s’est renversé mais sans départ de feu : pas d’explosion.

A Toulouse : un cratère, pas d’incendie préalable, une trace sismique, deux bruits

Le 21 septembre 2001, à Toulouse, quelques dizaines de tonnes de nitrates d’ammonium (plusieurs estimations coexistent) ont explosé, sans incendie préalable : 30 morts (chiffrage encore objet de vérifications de la part du juge d’instruction), des milliers de blessés.
Cratère d’environ 50 mètres de diamètre et 5 mètres de profondeur. Deux bruits entendus par de très nombreux témoins et enregistrés sur magnétophones.
Une trace sismique (de magnitude 3,4) ce 21 septembre 2001, vers 10 heures 17, dans l’agglomération toulousaine, sachant que :

- la datation d’événement fournie par les sismographes est relativement précise, mais la position de l’épicentre ne peut être estimée qu’à plusieurs centaines de mètres près.

Questions techniques :

- Pourquoi une trace sismique à Toulouse, mais pas de trace sismique à Mihailesti, à Ryongchon, à Barracas... ?
- Pourquoi deux bruits à Toulouse, mais un seul à Mihailesti, à Ryongchon, à Barracas... ?
- Pourquoi pas d’incendie préalable à Toulouse, contrairement à Mihailesti, à Ryongchon, à Barracas ?

Questions politiques :

Est-il des professions de foi pour les imminentes élections européennes qui :

- 1) réclament que la lumière soit faite sur la catastrophe de Toulouse et les leçons tirées ?
- 2) font des propositions en matière de contrôle démocratique des risques industriels ?
- 3) se préoccupent du transport des matières dangereuses ?
(à suivre)

Henri Farreny est professeur à l’Institut National Polytechnique de Toulouse


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Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational