Évolution régressive

lundi 21 mars 2011
par  Jean Dornac
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Il est de coutume de dire et de penser que "l’homme" progresse et que nous vivons une époque très moderne, très évoluée sur les plans scientifiques, techniques et financiers. Mais les chantres de cette modernité, s’ils parlent "progrès", ne nous disent guère en quoi consiste ce progrès. Et si, d’aventure, ils le font, ils ne s’arrêtent qu’aux "progrès" techniques.


Lorsqu’on les écoute, l’homme domine la terre, plus que jamais. Nous serions tellement puissants, nous les humains de ce temps, que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles. Sécurité maximale pour les citoyens par un espionnage toujours plus complet de nos faits et gestes ; risques "zéro" du côté de la science qui ne sait faire que des merveilles ! En fait, la terre est devenue une paillasse sur laquelle ces prétentieux s’essuient allègrement les pieds. Seulement, voilà, cette semaine, la terre et l’océan ont parlé plus fort que tous les discours de nos savants en tous domaines ! Toute une partie du Japon est ravagée. C’est l’apocalypse en grandeur nature. Des "forces impensables" dans l’esprit égotique de nos faiseurs de fables modernistes, se sont exprimées là-bas. Il faut vraiment faire partie de l’élite pour imaginer que le "petit humain" domine les forces de la nature. Je suis prêt à faire le pari que, parmi nous, humains "d’en bas", rares étaient ceux pour qui cette catastrophe était "impensable". Nous avons, en général, un peu plus d’esprit que les élites en question, dont l’esprit navigue dans les rêves de Prométhée.

À l’exemple de ce personnage mythologique, nos "grands esprits" ont cru dérober et dominer le "feu" nucléaire, le dompter en le plongeant dans de vastes piscines, en le faisant prisonnier dans des enceintes réputées inviolables. Il aura pourtant suffi d’une vague de dix-sept mètres de hauteur pour renverser le mythe. Si, selon la mythologie, Zeus punit Prométhée, Héraclès le délivra. L’avantage de la mythologie est que tout est possible. Mais, dans la vraie vie, nous voyons que cela n’est qu’une épaisse illusion de plus. Les réacteurs de la centrale de Fukushima s’affolent, pendant que les hommes, effrayants lilliputiens face à l’ampleur du drame, ne savent plus quoi faire pour éviter le dernier stade de la catastrophe nucléaire majeure…

Voilà qui ramène l’illusion mortelle de l’homme tout puissant à son niveau réel, une sorte d’atome prétentieux, perdu dans un univers qui n’admet pas d’être soumis aux volontés de quelques orgueilleux.
Bien entendu, dans notre beau pays nucléarisé au maximum depuis l’époque Giscard d’Estaing, nombre de politiciens, le Président en tête, s’ils ne peuvent nier l’état de catastrophe nucléaire au Japon, nous ressortent l’argument débile de centrales françaises au risque "zéro". Sont-ils stupides ou sous domination du lobby nucléaire tout puissant dans notre pays ? Pour eux, même si Tchernobyl se réédite à Fukushima, mais avec la possible explosion de trois ou quatre réacteurs, cela ne remet pas en cause le programme nucléaire français. Il y a, là, quelque chose d’un aveuglement féroce, d’un manque de lucidité incommensurable, voire des "avantages" importants pour ceux qui défendent le nucléaire français. On peut tout imaginer à un tel stade de stupidité…

Régression

À ce stade du refus de tenir compte des réalités de la dangerosité du nucléaire, nous nous approchons de quelque chose qui ressemble à de la "criminalité en bande organisée". Une telle posture montre et démontre une fatale régression de l’esprit des "décideurs", tant politiques que scientifiques. Car, au bout du compte, qu’ont-ils à faire de nous, citoyens, de notre avis et de notre vie ainsi que de celle de nos enfants ? Rien, absolument rien, enfermés qu’ils sont dans leurs certitudes et leur absolu orgueil. À un tel niveau de régression, j’en arrive même à me demander si ces gens, réputés intelligents dans leurs propres castes, n’ont jamais été des êtres réellement évolués. Notamment, ce besoin de pouvoir qu’ils ont, me fait plutôt penser à des êtres collés aux instincts primaires. L’humain véritablement évolué est celui qui n’a pas la moindre envie de posséder un quelconque pouvoir sur les autres humains. Là, l’évolution est considérable et admirable.

Le fait même que nos sociétés soient, aujourd’hui encore, tributaires d’un quelconque pouvoir, démontre que nous n’avons que très peu évolué. Il n’y a guère de sagesse dans les sociétés humaines. S’il y en avait, cela ferait longtemps que les pouvoirs seraient obsolètes. Cela signifierait qu’enfin, nous nous serions totalement affranchis des instincts primaires. À l’exemple de la majorité des mammifères, nous nous traînons encore derrière le chef, exécutant ce qu’il décide, ce qu’il veut. Il en va ainsi pour l’industrie nucléaire qui, avec la complicité active des politiciens, depuis bientôt quarante ans, nous a imposé, sans que nous n’ayons rien à dire ou à redire, un maillage de centrales nucléaires sur tout notre territoire. Certes, il y a eu quelques résistances, et l’association "Sortir du nucléaire" en est un exemple brillant. Mais tant que la "masse" du peuple suit aveuglément, sans rien dire, les décisions des "chefs", tout, y compris le pire, nous sera imposé.

Des yeux qui s’ouvrent

La catastrophe de Fukushima a au moins deux avantages. Le premier, c’est de montrer à quel point nos politiciens sont déconnectés des réalités. Nous avons vu les réactions de ces gens qui, comme Ségolène Royale, pour contrer l’actuelle remise en cause du nucléaire français par les associations, ont osé dire "C’est indécent", sous entendu que cette lutte n’est pas d’actualité et qu’il fallait d’abord penser aux victimes japonaises. L’un n’empêche pas l’autre pour tout esprit non partisan, pour tout esprit ayant un peu de lucidité. Ce qui est et reste réellement indécent, c’est la propagande parallèle en faveur du nucléaire français soi-disant totalement sécurisé. Ceux-là, n’ont pas le moindre égard envers les victimes japonaises, ceux-là sont écœurants !

Mercredi 16 mars, j’ai entendu, au Grand Journal de Canal+, Jean-Michel Apathie (Voir son article sur son blog : blog.rtl.fr ), affirmer que plus rien ne serait comme avant. Nul doute que, d’autres, comme lui, comprendront, à leur tour, que nous sommes arrivés à la fin programmée du nucléaire. Certes, il faudra de nombreuses années, mais il faut que cette menace de mort prenne fin !

Nucléaire, faille de la démocratie

Dernier aspect lié au nucléaire, comme l’ont remarqué divers intervenants interrogés à la télévision, les pays les plus nucléarisés sont ceux qui ont connu et connaissent encore une faille de démocratie non négligeable. En effet, et c’est totalement vrai pour la France, les pouvoirs qui se sont succédé n’ont jamais eu cure de l’avis de la population. Ils ont toujours imposé leurs volontés, leurs vues, leurs intérêts. Depuis plusieurs décennies, on nous a imposé le nucléaire comme seule vérité possible à l’avenir. On nous a fait comprendre, sous diverses formes, que nous devions accepter et faire confiance aveuglément aux scientifiques comme aux politiques, sans débats, sans explications sur les dangers autres que l’affirmation gratuite et ridicule que nos centrales françaises étaient les plus sécurisées du monde.

Nous voyons, avec une lucidité terrible, qu’il est impossible de faire confiance à ces politiciens, à ces scientifiques, soumis aux lobbies dont le seul souci est l’argent y compris au détriment de la vie des populations.

Jean Dornac
Paris, le 19 mars 2011


Commentaires

Logo de Pandore
lundi 21 mars 2011 à 11h03 - par  Pandore

Dans la mythologie il est vrai que Prométhée veut donner le feu aux humains
((C’est comme le diable qui veut donner la connaissance à Eve "Tu auras la connaissance et vous serez pareils à Dieu))
de ce fait Hermés ou Héraclès plaide auprès de Jupiter ou Zeus " pour sa délivrance
dans ce monde rien n’a changé , Alors que la théorie de l’évolution devrait faire naître l’altruisme chez l’homme et devrait s’opposer aux logiques éliminatoires
celle ci est instrumentalisée au profit de la science du plus fort c’est à dire le plus riche exploitant ainsi le plus pauvre

les scientifiques ont cesser de collaborer avec la terre , l’homme prolifère des cellules cancéreuses
les maladies les virus sont une forme de défense de la terre qui veut se débarrasser ""d’une forme de vie qui la menace ""Nous" }
}
le diable veut faire partie de la vie

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Brèves

Nouvelle convocation José Bové au tribunal d’instance

samedi 8 décembre 2007

Reçu du "Collectif des faucheurs Volontaires Rhône-Loire"

José se retrouve à nouveau devant la JAP lundi 10 décembre au matin, il faut à nouveau tous être présents pour soutenir la fin de toutes les condamnations contre les militants anti-OGM.

RAPPEL :

Lundi 12 novembre, José Bové est ressorti libre du bureau de la juge d’application des peines du tribunal de Millau. La magistrate et le porte-parole des Faucheurs volontaires ont discuté de la façon dont celui-ci pourrait accomplir la peine que lui a infligée la cour d’appel de Toulouse le 15 novembre 2005 : quatre mois de prison ferme, en tant que récidiviste, pour avoir participé au fauchage d’un champ de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne).

En droit, la juge pouvait placer M. Bové sous bracelet électronique, mesure que le leader paysan avait par avance rejetée. Ce refus aurait pu justifier sa mise en détention immédiate. Selon son avocat, Me François Roux, José Bové a indiqué qu’il acceptait un aménagement de sa peine, qui pourrait prendre la forme de "jours amendes". La juge l’a convoqué le 10 décembre, pour un débat contradictoire avec le procureur.

cactus pubis

samedi 24 novembre 2007

Au poil !

Un cactus sur lequel poussent des poils pubiens ?

Voilà qui ne manque pas de piquant. Cette œuvre conçue par Laura Cinti est l’une des pièces phares du Festival international des sciences d’Edimbourg, en Ecosse. Pour réaliser The Cactus Project, l’artiste “transgénique” dit avoir introduit du matériel génétique humain dans le génome d’une cactée.

En 2000, l’artiste brésilien Eduardo Kac avait déjà exposé un lapin transgénique vert fluorescent, doté d’un gène de méduse. Si le directeur du Scottish Arts Council – l’ancien évêque d’Edimbourg – a quelques réserves en ce qui concerne la manipulation d’animaux, l’œuvre de Laura Cinti ne lui pose pas de problème éthique. “Faire pousser des poils pubiens sur un cactus ne fait de mal à personne”, estime-t-il.

courrierinternational