Chanson pour l’immigré

mercredi 27 avril 2011
par  Jean Dornac
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Tu es un étranger, un ami, un vrai frère...
Tu cherchais le bon miel, le droit de vivre en paix,
Surtout la liberté qu’on chante de concert,
En France, sous le ciel, qu’il fasse beau ou frais...


Tu m’as écrit un jour ton choix des droits de l’homme ;
Tu sortais de prison, et tu cherchais un gîte...
Tu avais de l’amour pour mon pays, en somme...
Mais garde ta raison, vois ce qui nous agite...

Écoute ce qu’ils disent...

Tu n’es qu’un étranger, tout juste un « bon à rien »,
Tu viens nous étrangler, tu es juste un « vaurien »...
A-t-on idée, ma foi, de n’être pas Français,
Comme nous, purs Gaulois, que nous savons parfaits...

Vois-tu, mignon, mignonne, tu n’es rien qu’un diplôme,
Un corps et des neurones, sans droits en ce royaume !
Nombre de tes parents, aux temps qu’on dit naguères,
Devaient montrer leurs dents, à leurs propriétaires...

Ami, reste à l’abri... écoute-moi...

Supposais-tu vraiment échapper à ce crime ?
Ne sais-tu pas qu’on ment, à ceux qu’on dit infimes ?
Un Blanc demeure un Blanc ; Dieu serait avec lui...
Lui seul a droit au rang des maîtres de la nuit...

Alors, ami bronzé, si ta peau est trop noire,
Ne prends pas ce sentier : Ici, c’est sans espoir...
Dans ce pays, la mort, par orgueil, règne et pue ;
Ils vendent aussi nos corps ; c’est l’argent qui nous tue...

Si tu n’es pas rentable aux yeux de ces maudits,
Tu es un misérable, stérile à leurs profits...
Par force de leurs lois, ils t’offriront l’enfer ;
Si tu parles de droits, ils te mettront aux fers !

Prends garde de mener tes enfants aux loups blancs !
Ils sauront les tuer et suceront leur sang...
Il n’est pas d’espérance en ce pays fermé ;
Ici tout n’est que rance et os desséchés !

Que sera notre avenir ?

Ils dansent avec la mort et n’aiment pas la vie...
Ce qui leur ressemble peut seul faire leur bonheur.
Mais ils ne sont pas forts, ne vivant que d’envies ;
Rien ne les rassemble, ils forgent leur malheur...

Attends, mon tendre ami, quelques années encore ;
Ils méprisent la vie, ne sont plus que des porcs...
Ces peuples sans bambins, qui vivent du chaos,
Avides de leurs gains, meurent sans un halo...

Leur esprit partira en délaissant les terres,
Qui donc les pleurera, ces violeurs de planète ?
Mais souviens-toi encor, qu’au cœur de la défaite,
Des Blancs de notre bord croyaient en vous, nos frères...

© Jean Dornac
Première publication le 9 avril 2006 : altermonde-sans-frontiere.com

(© Photo : Melmoth, AFP
stellamaris.blog.lemonde.fr)

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