Un surloyer pour les riches vivant en HLM

lundi 9 mai 2011
popularité : 3%

Par Simon Cottin-Marx

La droite a voté une loi imposant un surloyer de solidarité aux personnes riches locataires d’un logement social. Les élus locaux de gauche empêchent son application au nom de la mixité sociale. Solidarité Vs Mixité sociale ?


Pour une fois qu’une alternative était proposée par la droite, d’autant plus par l’ex-ministre du logement Christine Boutin, il ne faut pas laisser passer l’occasion. Après quelques mesures anti-sociales comme la baisse du budget du ministère du logement et la vente des logements sociaux, la mère Boutin avait prévu, par la loi du 25 mars 2009, l’application d’un surloyer de solidarité pour les locataires HLM dépassant de 20% les plafonds de ressources.

Une personne pauvre dans les années 90 et éligible à un logement social, ne l’est plus forcement 20 ans après. Car la vie mène son train, la vie professionnelle évolue - parfois en bien -, les chiards quittent la maison, bref les revenus augmentent parfois au point que si l’on faisait une demande de logement social, on gagnerait trop pour y avoir droit. Le surloyer concerne ces personnes là, trop riches pour être légitimes dans un logement à loyer modéré, mais comme elles en sont locataires et bien chez elles, on ne leur demande pas vraiment de partir, mais d’être solidaire. Cette solidarité c’est payer un surloyer de solidarité dans une limite raisonnable de maximum 25 % de son revenu. Concrètement, si cette personne, locataire d’un logement social PLS de 30m² gagne plus de 2 900 euros par mois, elle devra mettre une rallonge de 25 euros à son loyer de 300 euros. Vraiment pas grand chose, vous pouvez faire le calcul vous même. Cela s’appelle la solidarité nationale : si la personne se maintient dans le logement public, elle paye un surloyer qui permettra de financer la construction d’autres logement sociaux.

L’objectif est d’inciter les locataires HLM aisés à quitter leur logement social. Le surloyer rappelle qu’un logement social n’est pas une propriété, mais une solution destinée aux personnes ne pouvant pas se loger sur le marché privé. En tapant modérément au porte monnaie, l’État rappelle l’objectif social des HLM. Mais voilà que les socialistes et les cocos de la communauté d’agglomération de Plaine-Comme en Seine-Saint-Denis (93), refusent ce mécanisme de répartition des richesses. Ils viennent de faire le choix d’exonérer les riches locataires du parc social du surloyer, l’objectif affiché étant la mixité sociale, d’éviter le départ des
classes moyennes. Ce n’est pas seulement le cas dans le 93, les élus locaux de gauche sont nombreux à vouloir faire de même.
Le collectif Jeudi Noir fait parti de ceux qui trouvent cet objectif douteux. Alors que 150 000 personnes ont été expulsés l’an dernier, que l’attente pour un logement social n’a jamais été aussi longue, il est étrange d’exonérer les riches de solidarité.

La mixité sociale ne se construit pas en mettant les riches dans les logements aux loyers modérés, et en laissant les plus pauvres sur un marché privé aux prix gonflés à l’hélium. La droite va dans le sens de la justice sociale, pendant que la gauche protège les biens lotis, à quand Che Boutin ?

alterblog.net


Commentaires

Agenda

<<

2019

 

<<

Décembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Hopitaux en danger

jeudi 19 avril 2018