Condamné pour avoir chanté du Brassens

dimanche 5 juin 2011
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« Interpréter cette chanson devant un miroir, pourquoi pas… Devant des policiers, c’est un outrage », apostrophe le procureur, ce vendredi 27 mai, devant le tribunal correctionnel de Rennes.

Dans la nuit du 24 juillet 2009, un Rennais de 27 ans avait chanté Hécatombe , de Brassens, dans laquelle il est question de « mégères gendarmicides ». Et ce, depuis la fenêtre d’un appartement de Cherbourg. Le public ? Trois policiers qui n’ont pas apprécié.

Ivre, le fan de Brassens est interpellé. Ce vendredi, il a reconnu les faits : « Mais ce n’était pas directement destiné aux policiers. » L’avocat de la défense a rejoint le procureur : « Tout le monde n’a pas le talent de Brassens. Mon client avait bu. »

Le prévenu a été condamné à un travail d’intérêt général de 40 heures. Il devra aussi verser 100 euros à deux policiers. Comme quoi, on n’est pas libre de chanter n’importe quoi chez soi. En revanche, on est libre de vous proposer cette chanson de Brassens pour vous faire un avis !

Hécatombe

Au marché de Briv’-la-Gaillarde
À propos de bottes d’oignons
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon
À pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l’aventure
D’interrompre l’échauffourée

Or, sous tous les cieux sans vergogne
C’est un usag’ bien établi
Dès qu’il s’agit d’rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie
Ces furies perdant tout’ mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent je vous l’assure
Un spectacle assez croquignol

En voyant ces braves pandores
Être à deux doigts de succomber
Moi, j’bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J’excitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant : "Hip, hip, hip, hourra !"

Frénétique l’une d’elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier : "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l’anarchie !"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d’un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu’elle serre comme un étau

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée
Ils tombent, tombent, tombent, tombent
Et s’lon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus bell’ de tous les temps

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j’ose
Le dire tellement c’est bas
Leur auraient mêm’ coupé les choses
Par bonheur ils n’en avaient pas
Leur auraient mêm’ coupé les choses
Par bonheur ils n’en avaient pas


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