Les « comiques » de la semaine

lundi 6 juin 2011
par  Jean Dornac
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Il est des semaines où il est difficile de ne pas rire de nos dirigeants politiques et financiers, voire de certains chroniqueurs… même si cela donne parfois plus envie de pleurer ou hurler…

1 - Sarko 1er… roi du cirque politique français

Le locataire de l’Élysée ne veut pas dire, pas encore, qu’il est candidat à sa succession, l’an prochain. Coquetterie courante dans le monde politique, mais parfaitement risible. C’est d’autant plus risible, que nous apprenions, cette semaine, que le sieur en question, a poussé sa petite colère contre Jean-Louis Borloo. Je m’empresse de dire que ce dernier n’est pas parmi les politiciens que j’estime et, surtout, en qui je puisse avoir confiance. Il n’en reste pas moins, que c’est son droit le plus légitime de vouloir se présenter à nos suffrages, l’an prochain. Comme l’ancien ministre semblait avoir fait un pas supplémentaire vers sa candidature, lundi dernier, la réaction du Président, pas encore candidat mais déjà plus qu’impatient de le redevenir, n’a pas été heureux, c’est le moins que l’on puisse en dire !
« En effet, mercredi soir à l’Elysée, en recevant les députés du Nouveau Centre, Nicolas Sarkozy s’en est pris à son ex-ministre de l’Écologie.
En parlant de Jean-Louis Borloo, il s’est demandé comment quelqu’un qui voulait être son Premier ministre il y a six mois fera pour dire du mal de lui pendant la campagne
 », raconte un parlementaire du Nouveau Centre cité par Le Figaro.fr

Jusqu’ici, ça va, c’est même une réaction logique et on attend Borloo là-dessus. Le « petit chef », non pour sa taille dont je refuse de me moquer, mais pour son bilan et plus encore pour sa politique en général depuis plus de quatre ans, n’en est pas resté là. Voyez plutôt :
« Par ailleurs, Nicolas Sarkozy est allé jusqu’à menacer d’organiser "des primaires" au sein de la majorité lors des prochaines élections législatives.
"Et il nous a dit que si nous voulions des ’primaires’ à la présidentielle, nous en aurions aux législatives !
 » ajoute cet élu centriste. Sous entendu : si vous ne vous alignez pas pour la présidentielle, vous aurez des concurrents UMP dans vos fiefs locaux pour les élections législatives. » (Sources Le Post)

Bien entendu, Jean-François Copé, ci-devant patron de l’UMP, a vite pris le relais, enfonçant le clou du chantage.
« À noter que Jean-François Copé patron de l’UMP menace de couper les vivres du Parti radical. Le même devrait aussi envoyer une lettre aux responsables UMP radicaux la semaine prochaine, leur demandant de se positionner entre Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo pour la campagne présidentielle », selon Lexpress.fr. Ah qu’il est beau ce monde politique où l’on ne se fait plus de sourires entre petits amis ou complices, mais où l’on sort l’arme lourde du méchant chantage ! Si quelqu’un doutait encore que Sarkozy se présenterait l’an prochain, le voilà fixé !

Quoi qu’il en soit, pour Sarko et son camp qui voulaient tant nous montrer qu’après l’affaire DSK, c’était la droite sarkozyste qui était « le camp de la morale », cela se présente très mal. À moins bien sûr, que du côté de l’Élysée, le chantage soit une arme considérée comme très morale !
Et ces gens voudraient que nous ayons confiance en eux, voudraient recevoir nos suffrages, voudraient être aimés et adulés par les foules ! Des nèfles, oui !

2 - Les « primitifs » tragiques de l’Assemblée Nationale

Comme n’importe quel tremblement de terre, l’affaire DSK ne cesse de connaître des répliques plus ou moins violentes qui ne le concernent pas directement, mais qui montrent une mentalité masculine que je n’hésite pas à nommer de « primitive », « barbare », « mentalement dégénérée », « lamentable et odieuse » envers les femmes.

Enfin, celles-ci parlent, disent ce dont elles souffrent trop souvent, que ce soit dans l’hémicycle pour les élues, ou ailleurs dans la société. Je ne suis pas, mais alors pas du tout, partisan du « retour de la morale » dans notre pays. Mais j’ai honte que tant d’hommes, surtout ceux qui ont des responsabilités, donc, supposés être intelligents et évolués, se montrent parfaitement incapables de respecter les femmes ! Voici quelques extraits du « florilège » publié par Le Parisien.fr du 30 mai 2011. Les bras m’en tombent. Là, c’est un comique triste et même, à bien des égards, tragique.

Quelques extraits très éclairants trouvés sur le Parisien.fr du 30 mai 2011…
« C’est un député UMP des Yvelines qui, mardi dernier, avant l’audition de Claude Guéant par la commission des Affaires européennes, avise une collègue PS en tailleur-pantalon et petit haut, et lance : "Habillée comme ça, faut pas s’étonner de se faire violer !" C’est le président d’une importante commission de l’Assemblée qui ne décolère pas à l’idée que Christine Lagarde, une femme, soit nommée à la tête du Fonds monétaire international (FMI), et qui pratique une inégalité de traitement systématique et notoire selon qu’il donne la parole à un homme ou une femme.
C’est une élue UMP de la région parisienne qui répugne à s’asseoir à sa place habituelle lorsque son voisin est là, sûre de s’entendre demander, si elle part prématurément : "Avec qui tu vas tirer un coup ?" ou de s’entendre répondre, lorsqu’elle demande tel document, "Je te le donne si tu b.... avec moi !" Ainsi se porte, plutôt pas mal, le machisme ordinaire à l’Assemblée nationale. Il est davantage le fait des obscurs, des sans-grade que des leaders, à en croire le témoignage des élues. Il est surtout plus insidieux que ne le racontent ces anecdotes. "À l’Assemblée règne une forme de paternalisme, d’infantilisation des femmes que je n’avais jamais rencontrée auparavant", souligne ainsi Sandrine Mazetier, députée PS de Paris. "C’est une manière de ne pas prendre en compte la parole des femmes, de nier votre travail ou votre rôle." »

Encore quelques exemples, donnés cette fois par la Tribune de Genève du 4 juin 2011…
« Je pense qu’il y en a beaucoup qui doivent être un peu stressés. Beaucoup qui regardent leurs pompes en se disant "vivement qu’on passe à autre chose." Réagissant aux affaires DSK et Tron, qui ont déstabilisé la gauche et la droite françaises, ces derniers jours, l’ex-Garde des Sceaux Rachida Dati, n’hésite plus à parler de "sentiment d’impunité des hommes politiques" en France. »
« Dans Libération, une ministre anonyme estime que "si tous ceux qui mélangent pouvoir et sexe devaient rendre des comptes, c’est la moitié des responsables politiques qui devraient rendre des comptes". »

En conclusion, sans doute très provisoire, je dirais : Comment s’étonner des violences faites aux femmes dès lors que la représentation nationale, au travers d’un certain nombre de ses mâles, en est la première tanière ! Souvenons-nous et, là, cela ne donne aucune envie de rire ni de sourire, que l’on estime qu’il y a 25 000 à 75 000 viols par an (selon les sources) dans notre pays et qu’une femme meure tous les deux jours sous les coups de son compagnon, dans le pays des Droits de l’Homme qui oublie un peu vite les Droits de la Femme…

3 - Autre bande de « rigolos » de la semaine…

Il y a de plus en plus d’opposants aux tenants de la mondialisation et de l’Europe néolibérale qui nous imposent leurs volontés sans, bien entendu, nous demander notre avis. Pour tout esprit un peu lucide et avisé, une telle opposition, c’est l’évidence, est basée sur les résultats de la mondialisation et de l’Europe de quelques élites. En France, cette opposition pourrait devenir de plus en plus vigoureuse, tant nous sommes nombreux à être, encore aujourd’hui, en rage contre le vol de notre choix au référendum de 2005, vol effectué en urgence par Sarkozy, le Président des riches, et ses sbires de la représentation nationale, dont un certain nombre de brutes qui s’en prennent sans cesse aux femmes. Ne respectant pas ces dernières, comment pourraient-ils respecter les choix des citoyens ?

L’échec des politiques basées sur le néolibéralisme à la sauce américaine est tellement patent, que c’est vrai, j’ai eu la surprise, ces dernières semaines, d’entendre des hommes politiques, et non des moindres, dire qu’il faudrait modifier la mondialisation en enlevant le pouvoir au monde de la finance pour le redonner à celui des pouvoirs nationaux. Comment ne pas partager ce qui est le BAba d’une société qui serait enfin plus harmonieuse, plus juste ? Seulement voilà, lorsque vous suivez de près les débats qui se déroulent sur nos télévisions, vous trouverez encore de pseudos « experts », tel Alain Minc, et bien d’autres encore, affirmant, sans vergogne, sans rougir, sans avoir honte, que les opposants à ce qui est leur « bijou », ne sont rien d’autre que des partisans de Marine le Pen. C’est là, à défaut d’arguments valables et solides, ce qu’ils ont trouvé pour conserver leurs privilèges ou l’essence de leurs pensées.

Pour ma part, je considère que cet argument est une insulte à l’intelligence, une insulte à la vérité, un crachat à la figure de tous ceux qui réclament la justice la plus élémentaire. Cet argument n’est rien d’autre qu’une très lourde manipulation des esprits. Ces porteurs d’injures ne sont en fait que des « rigolos » perdus devant l’énormité de l’échec de leurs pensées. Cela me fait penser aux cours de récréation des écoles ! C’est du même niveau, mais sans l’excuse du petit âge…

Vous aurez, bien sûr, compris que si je parle de nos « comiques » de la semaine, en fait, je n’ai pas envie de rire. Je vois mal comment notre pays et, partant, tous les pays d’Europe ont encore une chance de relever la tête… Ils sont trop nombreux, ceux qui nous gouvernent, à se moquer de nous… Pouvons-nous seulement espérer en un changement sérieux, en France, l’an prochain ? Je n’en suis même pas certain… Mieux vaut en rire qu’en pleurer, mais c’est dur de rire face à un avenir toujours plus sombre…

Jean Dornac
4 juin 2011


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