Vu du ciel, les pesticides !

samedi 16 juillet 2011
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202 000 hectares, c’est la surface aspergée de pesticides chaque année en France par une noria d’hélicos et d’avions. Un joyeux nuage dont profitent à pleins poumons promeneurs, riverains et touristes, puisqu’une partie de ces épandages aériens s’effectuent l’été.

Il y a trois ans et demi, lors du Grenelle de l’environnement, on nous avait pourtant promis que les pesticides tombés du ciel, c’était terminé. Sauf que les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie viennent de pondre un arrêté qui accorde moult dérogations aux gros céréaliers et consorts pour qu’ils continuent à traiter leurs champs par épandage aérien.

Pour préparer le terrain, les deux ministères se sont appuyés sur un rapport qu’ils avaient eux-mêmes commandé en février 2010. Un document qui conclut évidemment qu’« il est actuellement prématuré d’interdire la possibilité de recourir à l’aéronef ». Premier effet de ce rapport : le Grenelle 2 a mis de l’eau dans son vin en acceptant l’idée de dérogations, lesquelles viennent d’être précisées par cet arrêté magique qui rend vertes de rage les associations écolos comme Générations Futures.

Au fait, quel est l’intérêt de l’épandage aérien ? Ça va beaucoup plus vite ! Pour traiter un même champ, un avion mettra de dix à vingt fois moins de temps qu’un tracteur. Pour la vigne, c’est entre cinquante et cent fois plus rapide que de pulvériser à dos d’homme. Et puis, comme l’explique le rapport, l’interdiction de l’épandage aérien « pourrait fragiliser fortement les filières dans une conjoncture déjà très concurrentielle avec les autres pays producteurs ».

Sur le maïs, le surcoût serait ainsi de 30 %. Les 59 hélicos et les 22 avions équipés de kits d’aspersion vont pouvoir s’en donner à cœur joie, pour le plus grand profit des fabricants de pesticides, des viticulteurs, des riziculteurs de Camargue et de Guyane, des maïsiculteurs et producteurs de bananes antillaises. Tant pis pour la directive européenne d’octobre 2009 qui stipulait : « Les États membres veillent à ce que la pulvérisation aérienne soit interdite ».

Cet été, si vous entendez ronronner dans le ciel, levez la tête et ouvrez les narines… [1]

Le Canard Enchaîné N° 4733 du 13 juillet 2011


[1Ndlr d’Altermonde : Le nom des deux ministres à qui nous devons cet agréable vecteur d’empoisonnement aux pesticides, visiblement heureux de poser ici pour la postérité : Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet. Retenez les bien pour vous en souvenir en temps utiles !


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