Problème insoluble : on fait comment ?

jeudi 21 juillet 2011
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Par SuperNo

En me documentant pour un autre billet, je suis tombé sur les statistiques de la production d’électricité en France en 2010. Les toutes dernières, donc. Je vous les livre :

Ça vous inspire quoi ? Bon, que le nucléaire fasse les 3/4 du total, tout le monde est censé le savoir. L’hydraulique, 1/8ème, fort bien. Marge de progression faible, et je me demande toujours si on compte dans ces 12 % les KWh générés par l’eau remontée en amont des barrages par les centrales nucléaires lors des périodes de faible activité.
Mais l’éolien ? Le solaire ? 3 ans après le barnum du “Grenelle de l’environnement”, la vérité toute nue est là : l’éolien ne produit que 1.74 % du total… Quant au solaire : 0.1% !!! On se serait foutu du monde qu’on ne s’y serait pas pris autrement !

Prenons le problème dans un autre sens. Tous les politiciens clairvoyants (c’est à dire une petite minorité) sont convaincus, après la démonstration magistrale faite à son corps défendant par l’industrie du nucléaire à Fuck-U-Shima, qu’il faut se sortir de ce merdier. Un délai de 2 ou 3 décennies est considéré comme raisonnable. Je suis tout à faut d’accord avec ça. Sans vouloir me lancer des fleurs, j’ai été parmi les premiers à comprendre que l’explosion de cette centrale marquait la fin de l’ère nucléaire, sous les huées hautaines de ceux qui pontifiaient “mais non, pov’ tache, ce n’est qu’une petite explosion d’hydrogène, c’est pas grave…”.

Quand un mafioso du nucléaire t’affirme quelque chose avec un aplomb qu’il essaie de faire passer pour naturel, on peut être sûr, comme quand c’est Xavier Bertrand qui fait la même chose, qu’il y a anguille sous roche, et que la seule chose dont on puisse être sûr, c’est qu’il ment pour protéger ses intérêts. Même si on ne sait toujours pas tout, on a rapidement appris que la centrale était dévastée, qu’au moins 3 réacteurs étaient éventrés et relâchaient leur merde dans des quantités affolantes, que le nuage radioactif ne connaissait pas de frontières et faisait le tour du monde, etc…


Le risque d’accident nucléaire ne fait que s’ajouter aux autres inconvénients, et en premier lieu à l’aberration qui consiste à utiliser un combustible pendant 100 ans pour en subir les conséquences pendant des millions d’années. Et je ne parle même pas de l’escroquerie qui consiste à revendiquer un coût de revient inférieur à celui des autres sources d’électricité, alors que ce coût est une bouffonnerie qui n’englobe que les coûts d’exploitation, oubliant l’argent public dépensé pour la construction et surtout pour le démantèlement, opération que personne ne sait réaliser correctement. Sans parler du stockage et du gardiennage de déchets pour une durée très supérieure à celle de l’humanité.

Bref, il n’y a pas à tortiller : il faut sortir du nucléaire. Mais si on revient au tableau, la question se pose : comment ? Si l’UMPS est tellement favorable à la poursuite du nucléaire, c’est sans doute pour éviter d’avoir à répondre à cette question… Quand on est en campagne électorale, il est pourtant facile de monter sur une tribune et de gueuler : “Ben yaka mettre des éoliennes et des panneaux solaires partout, voilà !”. Ben oui, voilà. Sauf que les chiffres sont têtus. Eolien = 1.74 % = peanuts. Solaire = 0.1 % = peau de balle. Ah, mais attention ! Il va y avoir les éoliennes offshore, et là, ça va moins rigoler ! Ça fait l’équivalent d’une centrale nucléaire, les éoliennes offshore !

Mensonge, propagande ! Encore récemment répété dans un dossier de France Info. Toutes les 600 éoliennes offshore de Sarko, dont la construction n’a pas encore commencé, ne produiront que l’équivalent de 2/3 d’un réacteur EPR, ou les 3/4 d’un réacteur “classique”. D’un réacteur, hein, pas d’une centrale, qui est généralement composée de 4 réacteurs. 9 TWh par an. 1.7 % du total… Pour rappel, la centrale nucléaire de Cattenom, distante d’à peine plus de 30 km à vol d’oiseau irradié de l’endroit où j’écris, en produit à elle seule environ 8 %…

Entre 2009 et 2010, la consommation d’électricité a augmenté de 5.5 % …À cause du froid, qu’ils disent… Quand on regarde la courbe depuis 2000, il semble qu’il fasse de plus en plus froid… La réalité, c’est qu’on aura beau consteller la France d’éoliennes, on arrivera au mieux à absorber le surplus annuel de consommation…Production annuelle : 550 TWh. Admettons que 50 partent à l’export. Besoin : 500 TWh. On zappe les 58 réacteurs, en commençant par les plus pourris (Fessenheim, par exemple). Il reste 142 TWh. On rajoute 600 éoliennes offshore : 151 TWh.

Je répète : on fait comment ?
Pour corser le problème, ajoutons qu’il est interdit de rajouter des centrales à gaz ou pire, au charbon, pour ne pas accélérer le réchauffement climatique.
Pour corser encore, ajoutons qu’on prévoit de faire rouler prochainement, et en tout cas avant la fin du démantèlement prévu des centrales nucléaires, quelques millions de voitures électriques. Enfin, ne pas oublier qu’il nous “faut” une “croissance” économique de 2 ou 3 % l’an, qui se traduira si on ne fait rien par autant de consommation électrique en plus.

Alors, on fait comment ?
Vous avez 4 heures…

superno.com


Commentaires

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Problème insoluble : on fait comment ?
jeudi 21 juillet 2011 à 15h32 - par  caro_oo7

C’est simple, aujourd’hui, on ne fait pas.
Mais si on s’en donne les moyens, "demain" (dans 20, 30, 50 ans ?), on pourrait...
Pour cela, il faut (en même temps) :
1. Réduire nos gaspillages énergétiques
- interdire tout nouveau recours au chauffage électrique (et inciter vivement au remplacement dans les bâtiments existants)
- améliorer la qualité énergétique globale des bâtiments en ne construisant plus que du "passif" et du "à énergie positive", tout en déconstruisant peu à peu les gruyères énergétiques existants
- améliorer l’efficacité énergétique des équipements
- produire et consommer le plus "localement" possible notre énergie

2. Rendre notre réseau intelligent (ça c’est pour bientôt)
- informer les usagers de ce qu’ils consomment, en temps réel, et à quel coût réel, pour favoriser les usages à des périodes moins coûteuses et donc moins critiques
- faciliter l’intégration des productions locales dans le réseau
- démultiplier les stockages (par exemple les batteries des voitures électriques...)

3. Favoriser pour de bon le développement des énergies de flux, dites renouvelables, car elles seront toujours disponibles jusqu’à la fin de la vie de notre planète, en réduisant drastiquement le recours aux énergies de stock pour les limiter aux cas d’urgences, et ainsi les faire durer beaucoup plus longtemps qu’au rythme actuel

4. Revoir notre paradigme énergétique qui a longtemps promu, à tort, l’électricité comme vecteur "idéal" d’énergie. En effet, pour faire de l’électricité de façon "conventionnelle" (centrales thermiques et nucléaires), il faut de la chaleur, qui active une turbine, laquelle entre en rotation et génère par son mouvement un courant électrique ; c’est donc un cycle au rendement plutôt faiblard, puisqu’il faut transformer 2 fois l’énergie (chaleur en mouvement, mouvement en électricité).
Gaspiller cette électricité chèrement acquise pour en faire de la chaleur, ou du mouvement, est donc la plupart du temps une bêtise, surtout quand on sait qu’il est tout à fait possible de faire de la chaleur et du mouvement directement, par d’autres moyens.
Il faut donc :
- réduire bien entendu les besoins de chaleur (et de rafraîchissement) en isolant mieux les bâtiments
- travailler aux réseaux de chaleur type biomasse, solaire thermique, géothermie, pour les besoins résiduels
- réfléchir à des modes de transport dits "doux" (marche à pied, vélo) pour limiter les recours aux véhicules énergivores
- limiter les transports de marchandises en consommant localement ce qui est produit localement (le changement de mentalités a commencé, c’est bien)

En travaillant sur ces 4 axes (plutôt que sur l’hypothétique fusion nucléaire qui nous confine dans le paradigme actuel), un jour, on pourrait offrir la possibilité à nos (petits-)enfants de fermer "proprement" la dernière centrale nucléaire, idéalement avant que l’accident de trop ne l’impose brutalement.

A noter que l’énergie n’est qu’un des (petits) soucis qui va se poser à nos chères têtes blondes : demain, c’est l’eau potable, l’acier, le cuivre, etc... qui vont venir à manquer !
C’est à nous, aujourd’hui, de préparer l’avenir pour que la transition se fasse en douceur et pas violemment, pour que la terre puisse rester cette belle planète bleue peuplée de tant d’espèces...

Et voilà, beaucoup moins de 4 heures pour définir le beau défi à relever d’ici 2050. On peut y arriver, et de plus en plus de personnes veulent y arriver. Et vous, SuperNo, un SuperOui pour relever ce défi ?

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Problème insoluble : on fait comment ?
jeudi 21 juillet 2011 à 11h39 - par  Cargol

Deux liens à suivre, m’enfin c’est peut etre pas des solutions mais allez hop, voyons grand.

http://www.rtflash.fr/capter-l-energie-solaire-dans-l-espace-l-idee-fait-son-chemin/article

http://espace.canoe.ca/sauvonslaplanete/blog/view/47131

Doit y avoir plus explicite comme lien, à vous de voir.

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