Écologie politique : une traversée du désert

dimanche 11 septembre 2011
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Par Gérard Charollois

La sympathique secrétaire générale du parti Vert que je n’ai jamais entendu parler d’éthique animale, aurait déclaré, dans un mouvement d’humour que si la candidate de son parti atteignait 10 % des suffrages lors de la présidentielle d’avril prochain, elle se mettrait au Norvégien !


Quand bien même les militants de ce parti auraient effectué l’autre choix, lors de leurs primaires, Nicolas Hulot ne pouvait guère dépasser 8 % des suffrages, eu égard à la nature de cette élection nécessairement bipolarisée.
8 % à une présidentielle eut été un excellent score permettant aux animateurs de ce parti de négocier avec leurs alliés une représentation meilleure dans le cadre d’une nouvelle majorité de gouvernement.
Cette option aurait évité à Nicolas Hulot de bien mauvaises fréquentations et un déjeuner avec le leader du parti conservateur pour lequel « l’environnement ça suffit ! », parti conservateur qui pactise avec le groupuscule politique des chasseurs.

Désormais, les Verts peuvent au mieux espérer 4 % et cela ne pèsera pas lourd. Alors, à défaut de se mettre au Norvégien, les leaders Verts pourraient-ils se mettre à l’écologie et au lieu d’acheter une méthode assimil s’offrir mon livre « Pour en finir avec la chasse » publié aux éditions IMHO, (excusez l’autopromotion, bien utile face à la censure !). Une candidate prétendument écologiste qui n’envisage pas l’abolition immédiate et sans réserve de la chasse à courre et de la torture tauromachique, c’est un candidat communiste qui veut privatiser la SNCF, un candidat socialiste qui veut supprimer des postes d’enseignants, un candidat Front National qui veut subventionner des mosquées ou un candidat du parti de l’argent roi qui veut rétablir la TVA à 19 % pour les restaurateurs, électeurs des diverses droites !

Bien sûr, il y a les amateurs d’oxymores ou pour être moins littéraire de bévues morales. C’en est une de se dire écologiste en oubliant l’éthique animale. Certes, ainsi que je n’ai pas cessé de le rappeler, le combat politique implique des choix globaux sur la société. Il est important de « laver plus blanc », de supprimer les paradis fiscaux où les riches qui détruisent la terre planquent leur argent sale. Il est impératif de couper la main invisible mais criminelle du Marché, ce tyran qui abaisse l’homme, torture l’animal, anéantit la biodiversité. Il est urgent de défendre les services publics, de maintenir un secteur économique non marchand, de ne pas faire de la course au lucre une valeur. Mais, ces préoccupations morales et sociales peuvent être partagées par nombre de socialistes de diverses obédiences. Ce qui fait la spécificité de la pensée écologiste tient à l’élargissement du cercle de l’empathie en dépassant l’anthropocentrisme.

Nos écologistes politiques actuels, pas mauvais dans ce qu’ils disent, déplorables dans ce qu’ils taisent, ne sont que de gentils sociaux-démocrates vaguement environnementalistes.
Ils conçoivent la nature non pas comme une valeur en elle-même mais comme un simple cadre de vie, un décor, un moyen au service de l’homme.
Faute de consistance idéologique, dépourvus de spécificités programmatiques, les écologistes politiques Français demeurent et demeureront un joli petit appendice de la sociale-démocratie. S’ils inscrivaient clairement dans leurs intentions une modification du rapport au vivant, l’abolition des agressions cruelles à l’encontre des animaux, la défense de la nature et non de l’environnement, ils auraient le mérite d’exister. Pour l’heure la pusillanimité de la pensée conduit aux échecs électoraux de ce courant politique.

Pour les excuser de ne pas avoir le courage de prononcer ces gros mots « chasse, corrida, élevages concentrationnaires », constatons le naufrage de la pensée politique en son ensemble, depuis ces trente dernières années.
L’économie a pris le pas sur la politique et la finance a pris le pas sur l’économie. Face à la dictature du Marché, les hommes politiques se révèlent inconsistants et sans alternative à un système délétère qui pollue la terre aussi bien que les consciences. Les sociaux-démocrates perdent les élections en Europe parce qu’ils ont préalablement perdu leurs convictions en se ralliant au système pervers de leurs adversaires conservateurs. Comment s’étonner que la démocratie s’étiole et que la jeunesse, ce vivier de toutes les résistances et de toutes les révolutions nécessaires à toutes les époques, se révèle globalement gâchée par la culture télévisuelle imposée par les puissances d’argent.

La fin des grandes idéologies de naguère génère la mort des idées et nos femmes et hommes politiques ne mènent plus de combats pour des valeurs éthiques mais font de la communication, du spectacle creux, veillant à ne déplaire à personne. Or, sans courage de déplaire, il n’est point de politique qui vaille.

Gérard Charollois
CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ÉCOLOGIE ÉTHIQUE ET RADICALE
POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES ÉQUILIBRES NATURELS.


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