Une République d’assassins

mardi 18 octobre 2011
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Par JPD

Depuis le 25 août, la ville libyenne de Syrte est soumise aux tirs de missiles et d’armes lourdes des « rebelles » et des forces de l’OTAN. Selon ses propres estimations, l’organisation militaire occidentale a effectué 427 bombardements entre le 25 août et le 29 septembre, dont 35 raids pour la seule journée du 27 septembre.

Syrte avant sa destruction par l’OTAN

L’armée française, quant à elle, s’enorgueillit d’avoir assuré 140 sorties de chasseurs et d’hélicoptères dont 60 % sont des missions offensives, entre le 30 septembre et le 6 octobre. Une vingtaine d’objectifs dans les régions de Syrte et Bani Walid auraient été « neutralisés ».

Hélicoptère français semant la terreur de nuit

Dans l’indifférence des médias et des opinions publiques occidentales, cette ville - qui compte 75.000 habitants - connaît une gigantesque catastrophe humanitaire. Les habitants qui tentent de fuir l’enfer qui leur est imposé décrivent les scènes d’horreur et parlent de milliers de morts. Certains d’entre eux - notamment les Noirs et les jeunes gens - sont arrêtés par les « rebelles » et accusés d’être des partisans de Kadhafi.

Le docteur Mego Terzian, porte-parole de Médecins sans Frontières (MSF) explique que le personnel médical de la ville, avec lequel l’organisation a des contacts, se plaint de l’afflux de blessés, dont une majorité d’enfants. « On manque d’électricité, d’eau et de matériel médical élémentaire tels antibiotiques, pochettes de sang, etc. ». MSF voulait se rendre dans les hôpitaux avec du matériel, mais l’accès en a été formellement interdit par le « Conseil national de transition » (CNT). Et, par la mer, aucun accès n’est possible, en raison du blocus par les navires de l’OTAN. Les chefs de guerre des forces du CNT ont leur plan : « Nous essayons en quelque sorte d’affamer » les pro-Kadhafi, avouent-ils. Déclaration qui n’émeut même pas les partisans de « l’ingérence humanitaire ».

Pendant ce temps, en France, l’actualité c’est le non-évènement de la future élection présidentielle et son spectacle. Les avions de chasse et les hélicoptères de « notre » armée peuvent détruire et massacrer en toute tranquillité. Personne ne s’interrogeant, par ailleurs, sur la crédibilité d’une soi-disant « révolution » qui, en dépit du surarmement de ses partisans et du déluge de feu de l’OTAN, n’est pas encore parvenue à s’imposer après huit mois de combats.

Quant au groupe français Total, il a annoncé qu’il avait repris la production de pétrole sur une plate-forme au large de la Libye. Total est donc la première compagnie étrangère à reprendre l’exploitation du pétrole libyen depuis le début de l’opération « révolution libyenne » commanditée par les puissances occidentales. [1]

Faut-il commémorer une future éventuelle baisse du prix de l’essence ?

JPD

lepetitblanquiste.com


[1Par ailleurs, ce 12 octobre, une délégation d’hommes d’affaires français s’est rendue à Tripoli avec le secrétaire d’État au commerce extérieur, Pierre Lellouche. Il s’agit de profiter du marché de la reconstruction évalué à 200 milliards de dollars.


Commentaires

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Une République d’assassins
mardi 18 octobre 2011 à 13h22 - par  jepelia

A ce jour, on doit approcher des 100 000 morts,ce qui est un exploit pour avoir évité un massacre du dictateur Kadhafi. Et effectivement, pas un mot dans les primaires PS ni chez les autres candidats présidentiables ; portant, c’est la GUERRE. Une telle unité pour la défense du colonialisme laisse perplexe. On saura peut-être un jour les pertes de l’OTAN et de l’armée française ? Ces jours-ci, on commémore le massacre des algériens en 1961, peut-être dans 50 ans on commémorera le massacre des libyens ! En attendant, les assassins de la République sont toujours là, soutenus par le peuple passif.

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