Vacciner contre l’anthrax ?

dimanche 6 novembre 2011
par  Sylvie Simon
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Par Sylvie Simon

Selon le Washington Post du 25 octobre 2011, l’administration Obama se demande s’il est utile de vacciner des enfants en bonne santé contre l’anthrax afin de déterminer si l’injection les protègerait contre une attaque terroriste. L’autre option serait d’attendre que l’attaque se produise pour étudier la question chez les enfants dont les parents accepteraient l’inoculation.

Ce vaccin a déjà été testé sur plus de 2,6 millions de militaires, mais jamais encore sur des enfants, et officiellement personne ne peut affirmer que ce vaccin est utile, quelles doses seraient nécessaires, et surtout, qu’il est sans danger. De la même manière que pour la rougeole, les oreillons et d’autres vaccins, la malchance de rencontrer cette maladie est rarissime, ce qui fausse le calcul du prétendu bénéfice-risque.
« Il est difficile de croire que ce projet est sensé. Il serait absurde de le justifier par le prétexte d’une hypothétique attaque terroriste » a déclaré Joel Frader, pédiatre et bio-éthicien à l’École de médecine de la Northwestern University’s Feinberg. A l’instar de ses collègues, il estime que l’utilisation d’enfants en bonne santé comme cobayes serait difficile à légitimer.

L’anthrax, terme anglo-saxon pour la maladie du charbon, est une infection qui peut être mortelle ; elle est causée par une bactérie considérée comme une arme bactériologique car il est facile de la produire et de la répandre. Une semaine après l’attaque du 11 septembre 2011, des lettres contenant la bactérie sont arrivées sur les bureaux de journalistes et de sénateurs américains, tuant 5 personnes et rendant malades 17 autres. Le FBI arriva alors à la conclusion qu’elles avaient été envoyées par Bruce Ivins, un scientifique mécontent de Fort Detrick dans le Maryland qui s’est suicidé en 2008, provoquant des querelles d’experts au FBI.
Dans un grand effort de protection de la population américaine, le Pentagone avait entrepris en 1998 un programme de vaccination contre l’anthrax chez les militaires, ce qui aboutit à des controverses devant la Cour fédérale. Actuellement, le Pentagone exige le vaccin pour le personnel qui travaille dans les unités de la Défense anti-terroriste, ainsi que pour ceux qui sont envoyés au Moyen-Orient ou en Corée du sud pour plus de 15 jours. Le gouvernement des États-Unis a déjà dépensé 1,1 milliard de dollars pour stocker des vaccins en cas d’attaque. C’est ce vaccin, principal responsable du syndrome de la Guerre du Golfe, qu’on veut injecter à des enfants sains et innocents, sous la seule excuse de voir s’il protègerait ces cobayes de la maladie. Daniel B. Fagbuyiof, du Children’s National Medical Center de Washington, a essayé de défendre ce projet dans le Washington Post en répandant la crainte d’une potentielle future attaque bactériologique.

Il prétend que si les enfants ne sont pas vaccinés actuellement pour « aider la recherche », ils le seront plus tard avec une version non testée du vaccin. Après tout, ce vaccin ne serait que le 69ème de la liste des vaccins fortement conseillés ou administrés aux enfants américains qui sont déjà des cobayes humains.

Sylvie Simon


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