En finir avec le FMI et ses guerres

samedi 19 novembre 2011
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Par Charles Hoareau

L’emprise du capitalisme mondial se fait chaque jour plus forte sur les peuples. FMI, Banque mondiale et ici en Europe, BCE (Banque Centrale Européenne), imposent leurs choix aux États qui font appel à ces institutions. La crise se développant, c’est un véritable gouvernement mondial que nous voyons naître sous nos yeux. Non un gouvernement élu, mais une oligarchie auto proclamée maitresse du monde.


Les peuples n’ont plus droit à la parole. Ils ont beau manifester, dire qu’ils ne veulent plus payer, le FMI et consorts, leur imposent des plans de « redressement » (naguère en Afrique on aurait dit plans d’ajustement structurel). Pire ces institutions mondiales font et défont des gouvernements et ne craignent pas de mettre des fascistes au pouvoir comme en Grèce, pays dont les souffrances liées au régime des colonels sont pourtant loin d’être effacées.

Comme Patrick Le Hyaric nous constatons que « Sous couvert de gouvernements dits « techniques » et « d’unité nationale », un coup de force caché se déroule sous nos yeux. Celui de l’oligarchie financière qui prend directement les rênes des pays de L’Union Européenne les plus en difficulté. » Et il n’est pas le seul. La presse que l’on ne peut taxer de gauchisme excessif, du JDD à France Inter [1] parle de dictature des marchés… En Grèce c’est l’ancien vice président de la BCE, en Italie, l’ex commissaire européen et faisons confiance au capitalisme mondial pour continuer dans cette voie.

On est dans une vision du monde où la démocratie n’a pas droit de cité puisque comme le disait Rockefeller lors d’une réunion de la Trilatérale en 1991 « La Souveraineté Supra-Nationale d’une Élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’Autodétermination Nationale des peuples ». Désormais les souverainetés populaires et nationales sont ouvertement niées, c’est la version moderne du fameux « Le peuple n’est pas content du gouvernement, il faut changer le peuple ». Ces choix du capitalisme international et de ses institutions organisent la concurrence entre les travailleurs du monde dans le seul but de faire baisser les salaires et augmenter les profits. Ils vont à l’encontre de projets de coopération tant européenne que mondiale, que le développement des sciences, des techniques et des communications pourrait permettre.

Contre les guerres impérialistes

Qu’un peuple résiste et c’est l’emploi de la force avec la menace de résurgence de la peste brune partout en Europe. Qu’un gouvernement marque quelques velléités de résister à cette dictature mondiale et aussitôt le « droit d’ingérence » et le soutien à la démocratie sont mis en avant pour intervenir militairement. De la pseudo lutte contre le terrorisme à la fable des armes de destruction massive, la ploutocratie mondiale [2] ne manque pas de prétextes. Après l’Irak, la Côte d’Ivoire et la Libye, cela va-t-il être le tour de la Syrie et de l’Iran ? C’est en tous cas le vœu de nombre de va-t-en guerre déclarés de BHL à Israël en passant par tous ceux qui pestent sur le nucléaire iranien sans dire un mot sur les bombes françaises, américaines, russes ou israéliennes, ce dernier pays étant de loin le plus belliciste de la région. Quoiqu’on pense, avec notre regard d’habitant de France, des régimes en place, il nous faut combattre avec encore plus de force ce retour des guerres qui sont tout à la fois colonialistes et impérialistes.

Impérialistes parce qu’il s’agit de mettre la main sur les richesses des pays concernés et l’exemple du pétrole libyen est de ce point de vue éclairant. Colonialistes parce qu’il s’agit d’imposer notre mode de pensée, notre conception du monde pour faire de ces territoires des vassaux qui n’auront d’indépendants que le nom. Enfin quand je dis "notre", je me place, chacun l’aura bien compris, du point de vue des gouvernants occidentaux. De ce point de vue, le coup de force et la tentative de hold-up de Sarkozy sur le 11 novembre, coup de force dont l’essentiel est passé largement inaperçu, n’arrive pas à ce moment par hasard. Les répressions syriennes, yéménites ou saoudiennes (cette dernière bénéficiant d’un silence médiatique complice) ne justifient pas une guerre occidentale que d’ailleurs les peuples refusent.

Lors de la rencontre internationaliste de Vénissieux de ce 12 novembre, au cours d’un très riche débat entre des représentants du PCOT tunisien, du PADS algérien et de la Voie Démocratique du Maroc, ce dernier faisait référence à un slogan apparu lors des manifestations marocaines et adressé à l’Occident : « Ne me libérez pas, je m’en charge. » Du Nord au sud les peuples n’ont pas besoin d’un FMI, bras armé du capitalisme mondial, prenant la direction des guerres tant économiques, sociales que militaires. Ils ont au contraire besoin de s’unir pour se dégager de son « talon de fer ». [3] Puisque comme nous l’avons dit, le FMI n’est ni amendable, ni réformable, il est temps de s’en affranchir. Déjà, par le monde des États (l’Argentine hier, la Hongrie, le Portugal et d’autres aujourd’hui) refusent de faire appel à lui.

BCE, FMI, Banque Mondiale, OMC, il est plus que temps de contester l’existence même de ces institutions et d’en inventer de nouvelles à l’instar de ce que tentent aujourd’hui les pays membres de l’ALBA. Il nous faut faire grandir en France cette idée-là en particulier dans les organisations qui se réclament de la gauche et n’envisagent pas de sortir du carcan mais ont l’illusion de le réformer de l’intérieur. Le choix n’est pas entre le nationalisme et la soumission à la dictature du capital, mais entre cette dernière et le combat pour un autre internationalisme au service des peuples. Il en va de la possession et de la répartition des richesses mondiales, de l’avenir de la paix et même de l’avenir de l’espèce humaine.

Plus que jamais lutter pour la paix et le progrès social sont deux urgences révolutionnaires qui passent entre autres par la sortie des institutions dictatoriales mondiales.

rougemidi.org


[1édito de Thomas Legrand du lundi 14 novembre 2011

[2Ploutocratie : système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir. Terme justement employé par le KKE grec et que nous reprenons ici

[3du titre du livre politique fiction de Jack London paru en 1906 et prophétique à bien des égards


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