Bruits de couloir

dimanche 20 novembre 2011
par  Sylvie Simon
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Par Sylvie Simon

Aussi bien dans les couloirs du Ministère de la Santé que chez certains politiques, il court le bruit que le vaccin Gardasil® devrait, à plus ou moins brève échéance, disparaître de l’actualité médicale, sous le prétexte qu’il n’est pas efficace et qu’il coûte des centaines de millions d’euros à l’Assurance maladie qui le rembourse à 65 %. Pour la seule année 2008, en terme de dépenses de médicament, le Gardasil® était en 5ème position. C’est beaucoup trop, surtout en période de restrictions budgétaires, étant donné qu’il n’y a pas la moindre preuve que ce vaccin prévienne le cancer du col de l’utérus.


Pour comprendre pourquoi nos autorités protègent ardemment ce vaccin, il faut rechercher les conflits d’intérêts concernant les experts. Ainsi, dans le groupe de travail qui s’est réuni pendant plus d’un an au sein de l’Institut national du cancer pour « informer » les politiques publiques sur les « Stratégies de dépistage du cancer du col de l’utérus », on trouve le gynécologue Jean-Jacques Baldauf, qui dans sa déclaration de conflits d’intérêts signale qu’il est « investigateur principal » sur le Gardasil® pour Sanofi Pasteur. De même, sa consœur Brigitte Letombe signale qu’elle travaille pour la communication de Sanofi depuis janvier 2009, outre des missions ponctuelles pour les laboratoires fabricant ce vaccin.
C’est bien de signaler ces conflits, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne pèsent pas leur poids dans le jugement de ces « experts ».

En revanche, pour l’étude Edith III qui a servi de référence pour démontrer l’utilité du vaccin, on n’y trouvait lors de sa parution aucune mention de liens d’intérêts, alors que plus de la moitié des signataires de l’étude en avaient avec le laboratoire qui commercialise le Gardasil® : ainsi Jean-Luc Prétet, un consultant pour Sanofi Pasteur MSD, Benoît Soubeyrand, Yann Leocmach et Anne-Carole Jacquard, salariés de Sanofi Pasteur MSD qui ont développé et commercialisé le vaccin Gardasil®, et Christine Clavel, conférencière pour le compte de Sanofi Pasteur MSD lors de la réunion internationale Eurogin 2007, sur le cancer du col de l’utérus. Tous affirment la « Bonne tolérance de ce vaccin ». Quant au Pr Didier Riethmuller, lui aussi consultant pour Sanofi Pasteur MSD, on ne trouve nulle part, ni dans l’étude Edith III (excepté depuis 2010), ni dans les revues françaises qui publient ses textes, la moindre mention de ses liens avec Sanofi Pasteur MSD.

Ces informations sont non seulement inconnues du grand public, mais ignorées également par de nombreux acteurs de la santé et iront au panier lorsqu’on retirera ce vaccin sous le seul prétexte de sa non efficacité, alors qu’en vérité il sera retiré à cause de ses nombreux effets secondaires graves et pour éviter un nouveau scandale. En effet, en 2011, l’Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps) a déjà dénombré 351 victimes, et établi un taux d’effets indésirables graves de 8,1 cas pour 100 000 vaccinations. Ces chiffres ont été obtenus en fonction du nombre de doses de ce vaccin vendues en France, c’est-à-dire 4,3 millions depuis la fin 2006. Toutefois, ils ne sont pas fiables car on sait que seul 1,5 million de femmes ont été vaccinées, et que la plupart d’entre elles ont reçu trois doses de vaccin. Aussi, le taux d’effets indésirables graves (EIG) est-il en fait de 23,4 pour 100 000 femmes, ce qui change la donne. En outre, il est bien connu que la plupart des cas ne sont pas répertoriés car nombre de médecins ne les déclarent pas et les victimes ont bien du mal à faire reconnaître la responsabilité du vaccin.

Si l’on compare le taux d’incidence du cancer du col de l’utérus qui était de 6,4 pour 100 000 femmes en 2010, on s’aperçoit que le nombre d’effets secondaires graves - dont plusieurs décès - après la vaccination est près de trois fois plus important que le risque d’être atteinte d’un cancer du col, d’autant que celui-ci n’est pas, de loin, forcément dû au papillomavirus. Aussi, comme le demande le député Gérard Bapt « Il est urgent de réévaluer la balance bénéfice-risque ».

Sylvie Simon


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