L’Europe, la Grèce, la Roumanie… le chaos programmé…

samedi 3 mars 2012
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Par Paul
de La feuille charbinoise

Il ne s’agit malheureusement pas d’une nouvelle fable d’Esope, mais d’une histoire bien triste et bien réelle. Deux mondes coexistent qui n’ont plus grand chose en commun…

Un copier-coller sur Wikipédia permet d’obtenir les informations suivantes :

Les députés européens reçoivent une indemnité actualisée en 2011 de : 7 956,57 € brut/mois. À laquelle s’ajoute :
Indemnité forfaitaire sans justificatif de frais généraux : 4 299 €
Indemnité journalière pour frais de restauration et d’hébergement : 304 € par jour de présence au parlement.
Remboursements de frais de voyage : aérien en classe affaire, train en 1ère classe ou 0,50 €/km en véhicule.
Indemnité annuelle de voyage au sein de la communauté européenne de 4 243 € au maximum pour assister à des congrès ou autres réunions.
Enveloppe budgétaire de 21 209 €/mensuels pour rémunération de personnel parlementaire. Cette somme n’est pas versée directement au député mais à un prestataire de service sur justificatifs.

Je n’en veux pas particulièrement aux députés européens, ou tout au moins pas plus qu’à ceux qui exercent dans d’autres assemblées nationales ou internationales. Il faudrait évoquer ici les salaires de tous ces gens qui plastronnent de la Commission de Bruxelles, au FMI en passant par les divers services de l’ONU… Disons que c’est un exemple, juste un exemple…

Un copier-coller dans l’actualité de ces derniers jours permet d’obtenir les informations suivantes (un simple échantillon parmi toutes les mesures prises à l’encontre de la population grecque) :

Depuis le vote, dimanche dernier, d’un nouveau train de mesures d’austérité imposées par la Communauté Européenne :
Un ouvrier grec payé au SMIC touchera dorénavant 470 euros par mois (et un jeune de moins de 25 ans 10 % en dessous, soit 420 euros).
150 000 salariés de la fonction publique perdront leur emploi dans les trois ans qui viennent.
Retraites et retraites complémentaires seront à nouveau baissées, pour certaines de l’ordre de 20 %.
Privatisation à marche forcée de toutes les grandes entreprises grecques encore sous contrôle de l’État, notamment dans le secteur énergétique…

Histoire de bien apprécier les « contrastes », et toujours selon la même source (Wikipedia) on apprend aussi que « le haut représentant de l’Union Européenne (auprès des Nations Unies) pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » – emploi dont l’importance saute aux yeux de chacun – touchait en 2010 un salaire de base de 23 006,98 euros, hors indemnité. Au même moment, un enseignant roumain débute à moins de 180 euros et touche 0 euro d’indemnités. Avec 180 euros en Roumanie, on fait trois fois le plein du réservoir d’une voiture de taille moyenne (tombée du ciel). Les enseignants grecs sont un peu mieux lotis, mais la courbe d’évolution de leur rémunération suit une pente vertigineuse et le prix de la vie est plus élevé en Grèce qu’en Roumanie… Je parle beaucoup de secteur public pour la disparité des revenus, mais le secteur privé ne va pas trop mal non plus. Je vous laisse apprécier le montant de la rémunération des 40 patrons du fameux CAC français : en 2010, ils ont touché en moyenne 4,11 millions d’euro annuels, soit une hausse de 34 % par rapport à l’année précédente (source). Tous ces chiffres me fatiguent et je vous laisse faire le calcul du revenu au mois par exemple. Les salariés mis à pied parce que leur entreprise n’est plus compétitive apprécieront…


Les nouvelles mesures d’austérité votées par le parlement grec paraissent largement insuffisantes aux « têtes pensantes » de « notre » union économique et monétaire qui souhaitent que des garanties supplémentaires soient données par le gouvernement pourri de ce pays dans les jours qui viennent. La palme du cynisme revient peut-être à Philipp Rösler, ministre allemand de l’économie, qui a déclaré suite au vote du parlement grec : « Il faut attendre de voir ce qui viendra ensuite » – « Nous avons effectué un pas dans la bonne direction mais nous sommes encore loin du but »… Quel but Monsieur Rössler ? Un SMIC à 150 euros ou des emplois obligatoires pour les chômeurs rémunérés à 1 euro de l’heure, comme en Allemagne ? 8 à 10 millions de salariés allemands vivent en dessous du seuil de pauvreté selon les sources… Une base solide sans doute pour se permettre de gérer la politique sociale chez ses partenaires ? Étrange médecine que celle qui consiste à poursuivre les saignées alors que le malade n’a pratiquement plus de sang dans les veines… Mais y-a-t-il dans les intentions de tous ces technocrates une réelle volonté de soigner qui que ce soit, à part leur propre portefeuille d’actions ?


Tout cela pour permettre à la Grèce de bénéficier du versement d’une aide de la CE dont une bonne part sera domiciliée sur un compte bloqué destiné exclusivement à rembourser les créanciers de l’État grec. Le pays qui a vu naître la « démocratie » dont on nous gargarise à longueur de journée est maintenant rançonné sans commune mesure par ses politiciens et ses banquiers, tous au service de la « troïka » mondialiste, ce regroupement d’organisations (FMI, Banque Européenne, Commission de Bruxelles), qui évoque déjà, dans l’esprit de nombreux citoyens du monde, l’image d’une nouvelle mafia, plus terrifiante que les diverses sociétés criminelles qui ont marqué l’histoire du vingtième siècle. Pour l’instant cette politique donne « d’excellents résultats » en Grèce par exemple : le pourcentage de chômeurs dépasse 20 % pour l’ensemble des tranches d’âge et 50 % pour les jeunes (moins de 24 ans) ; plus d’un million de sans emploi pour moins de quatre millions ayant encore un travail plus ou moins rémunéré…

Et s’il n’y avait que la Grèce ! La même politique est en œuvre, partout dans le monde, à des degrés d’avancement divers, et avec quelques variantes conjoncturelles. La recette de base est toujours la même, que ce soit en Roumanie, au Portugal ou ailleurs : démantèlement des services publics de base (santé, éducation), progression spectaculaire du chômage, dérèglement total du marché du travail, pauvreté accrue pour les populations, abaissement de la durée de vie… Seuls les budgets correspondant au maintien de l’ordre et à la défense nationale sont maintenus ou rehaussés : ce n’est pas un hasard. Pour répondre à la colère de la population, rien de tel que des casques partout et quelques bonnes petites menaces de guerre. Va-t-on voir se rouvrir des conflits jusqu’à présent en sommeil (Grèce – Turquie par exemple) ? Les peuples vont-ils réagir contre les manipulations pressantes dont ils font l’objet de la part des médias ? Ne jamais oublier que les dictatures et/ou les guerres ont été, au fil de l’histoire, l’un des moyens de prédilection utilisés par les capitalistes pour se protéger lorsque leurs intérêts se trouvent grandement menacés ! Les risques de soulèvement populaire sont encore limités dans les pays les plus riches de la zone euro parce qu’ils n’ont connu jusqu’à présent que les prémisses des changements économiques en cours. Les salaires sont encore versés, même si les augmentations sont bloquées depuis des mois, voire des années, les pensions n’ont pas encore été ponctionnées, les indemnités chômage existent encore, le SMIC vit ses derniers instants… Nous sommes en campagne électorale. Gare aux lendemains qui déchantent ! Avez-vous lu, dans le programme des Sarkozy, Bayrou, Hollande ou autre Le Pen, de quelconques engagements, sérieux, concernant l’avenir des acquis sociaux déjà bien écornés ? Quand on sait, de plus, que les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient…


La situation est beaucoup plus explosive en Grèce (et la Roumanie, entre autres suit la même voie) : pensions et salaires ont été divisés par deux ou par trois, et ne sont, pour de nombreux salariés, plus versés depuis des mois. Comme le font remarquer certains manifestants : « nous n’avons bientôt plus rien à perdre ». Lors des manifestations massives du dimanche 12 février, de nombreux bâtiments ont été brûlés, d’autres pillés : des banques, des centres d’imposition, des magasins de luxe, mais aussi des armureries et des postes de police… Je me rappelle d’un fait-divers qui m’a marqué, en 2003, en France, lors du premier mouvement de grève massif contre la réforme des retraites. Nos cortèges, bien encadrés par les syndicats, défilaient sagement dans les rues : slogans bon enfant, menaces virtuelles, discours musclés avec de nombreux effets de manche. Pendant ce temps là, en Équateur, l’armée tirait sur les manifestants à balle réelle. Les morts se comptaient par dizaines ; une manifestante amérindienne, interrogée par un gentil journaliste, expliquait avec des sanglots dans la voix, que certes elle risquait sa vie en retournant manifester chaque jour dans les rues de la capitale, mais que de toute façon, ses enfants n’avaient plus rien à manger et que la famille ne passerait pas l’hiver. Certes nous n’en sommes pas là, et je ne souhaite nullement que nous en arrivions à des situations pareilles, mais je pense que ce qui se passe actuellement dans les pays de la CE les plus touchés par les manœuvres de la troïka, nous concerne directement… Les discours rassurants des politiciens et des journalistes « aux ordres » ne sont qu’un rideau de fumée. Il est des principes de lutte, tels « solidarité de classe » ou « solidarité des peuples » qu’il serait bon ton de ne pas reléguer trop vite aux oubliettes.

Les médias sont très discrets en ce moment sur l’évolution de la situation en Islande, pays dans lequel, je vous le rappelle, la population a décidé (par référendum) de ne pas suivre les « recommandations musclées » de la finance internationale, et de se doter d’une nouvelle constitution protégeant le citoyen lambda contre les agissements des mafias bancaires. En refusant le remboursement des dettes de leurs banques, les Islandais n’indiqueraient-ils pas aux Grecs une ébauche de solution, et, pour le moins, une « feuille de route » à suivre, même si les objectifs poursuivis doivent être encore plus radicaux ? La désobéissance civile, la construction de nouvelles utopies au quotidien, la mise en place d’une économie parallèle et solidaire sont des pistes à creuser au plus vite ; elles offrent sans doute plus de perspectives que la démolition des vitrines de banque ou l’incendie des bureaux de grandes compagnies…

Notes : Illustrations – La photo n°5 provient du site « Roumanophilie », sur lequel vous trouverez une étude détaillée de ce qui se passe, à l’Est, pas très loin de chez nous non plus. Photo 4 (Portugal) : source RFI.

lafeuillecharbinoise.com


Commentaires

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L’Europe, la Grèce, la Roumanie… le chaos programmé…
samedi 3 mars 2012 à 11h43 - par  Lyseann

LA DETTE FRANCAISE. Il n’y a pas un budget mais il y a 2 budgets :
- le Budget d’Etat qui est d’environ 300 milliards d’euros (collectés pour 60 % par la TVA ! Et les impôts..), ce budget est affecté pour les recettes : supprimer des postes d’enseignants… construire des prisons…
- Et le Budget des Caisses de protections sociales (le budget des Salariés) qui est environ de 450 milliards d’euros. Nos cotisations sociales sont pré-affectées, donc les gouvernants ne peuvent le détourner à d’autres fins. Cet argent ne peut pas être utilisé pour autre chose que ce pourquoi il a été affecté ! Il n’y a pas de « charges sociales » mais des cotisations sociales !
La mesure la plus injuste et pour le moins pas démocratique : après nous avoir dépossédés en 1995 avec la loi Jupé du vote pour la gestion de la Caisse de la Sécurité Sociale, 10 députés décident durant 3 à 4 jours chaque année de la gestion de nos caisses sociales avec NOS cotisations prélevées sur NOS salaires (notre travail) ! De l’importance de la loi de financement de la caisse de Sécurité Sociale ! Aujourd’hui, c’est Bercy qui décide de tout ! Officiellement nous avons une dette de 45 milliards à la sécurité Sociale sur 450 milliards, soit 10 % qui sont en grande partie dus aux non-reversements de l’état !
- 11 % de la dette publique est le déficit des Collectivités Territoriales, avec par exemple les emprunts toxiques de DEXIA !
- http://www.youtube.com/watch?v=LDph1uh6lAU

Notre président est l’expression du système ! C’est SA dette !
- ==> 78 % de la dette publique provient de la dette du Budget de l’Etat et non du Budget des Salariés des caisses de protections sociales ! Ce qui fait 87 points par rapport au PIB. En 1945 la France avait 290 points de dette par rapport au PIB. Et pourtant on fait la retraite, la sécurité sociale, les comités d’entreprises, on a investit... et pour sortir de cette dettes : on a dépensé plus !
La solution c’est d’augmenter les salaires ! La solution c’est d’augmenter les dépenses publiques !
LE PROBLEME DE LA DETTE N’EST PAS UN PROBLEME DE DEPENSES MAIS UN PROBLEME DE RECETTES ! Rien qu’en 2009 c’est 196 milliards de recettes qui ont manquées aux caisses ! Sans compter les prêts aux banques !
La droite a siphonné les caisses publiques pour remplir la « cagnotte privée », ce qui nous coûte 24 points ! De 63 points nous sommes passés à 87 points par rapports au PIB ! Et c’est nous qui allons payé !
Alors que nos dépenses publiques ont baissé depuis 12 ans !
NOUS NE DEPENSONS PAS TROP !
NOUS NE FAISONS PAS ASSEZ RENTRER D’ARGENT !
- http://www.youtube.com/watch?v=gT0_K7oVQT0
(voir les 7 vidéos pour l’intégralité de cette excellente conférence de Gérard Filoche)

==> 78 % de la dette publique provient de la dette du Budget de l’Etat et non du Budget des Salariés des caisses de protections sociales !
Par les chiffres réels, dans les faits : il est clairement mis en évidence l’arnaque des discours des petits fraudeurs et assistés ! A contrario des honteux reproches qu’ils font au peuple français sans aucun scrupule de leur part, nous avons des comptes à réclamer à nos gouvernants vu les excès et l’iniquité de ce qu’ils s’octroient !
Un bon documentaire « Complément d’enquête » du 1er mars 2012 sur France 2 : un comparatif entre la sobriété et la transparence de la chancellerie allemande et le bling-bling et l’opacité du train de vie de l’Elysée !!!
- 900 salariés pour l’Elysée en France et 500 salariés à la chancellerie en Allemagne !
- ==> 400 employés de plus pour la France alors que l’Allemagne possède 20 millions de plus d’habitants !
- 35 cuisiniers à l’Elysée à l’année ! 1 cuisinier et 5 personnes d’équipe = 6 pour l’Allemagne.
- 105 véhicules pour le garage de l’Elysée en France ! 27 véhicules pour l’Allemagne !
- Budget de la Chancellerie allemande : 44 millions d’euros,
- Budget de l’Elysée : 113 millions d’euros !!!!

DEUX LOIS, DEUX MESURES : On a très peu parlé, en revanche, d’une nouvelle mesure plutôt favorable aux fonctionnaires, enfin... à quelques centaines de HAUTS GRADES sévissant dans les hautes sphères de la République, de ceux qui sont nommés par le pouvoir politique, principalement. Ces "grands patrons" d’Etat, hauts responsables d’administrations ou membres de cabinets ministériels, ont la particularité de toucher de grassouillets bonus, en sus de leur salaire. Pour les plus chanceux d’entre eux, les primes peuvent aller jusqu’à doubler la rémunération. Problème : LORSQU’ILS QUITTENT CES HAUTES FONCTIONS, ces menus avantages leur sont retirés. Méritocratie oblige... Vraiment trop injuste. D’où la mise en place d’un nouvel échelon sur mesure, le "GRADE A ACCES FONCTIONNEL" (GRAF), QUI PERMETTRA A CES MALHEUREUX DE CONSERVER LEURS AVANTAGES A VIE !!! Pourquoi se gêner ? Pendant ce temps, on peut se permettre de virer 5 millions de fonctionnaires utiles !!!! (16/02/10)
- http://www.lesmotsontunsens.com/graf-haut-fonctionnaire-licenciement-fonctionnaire-graf-docteur-7100

La liste de tout ce foutage de gueule est longue mais surtout excessivement chère au prix de notre austérité et précarité ! CA SUFFIT !

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