Campagne volatile

vendredi 16 mars 2012
par  Michel Berthelot
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Parlons de campagne puisque c’est la saison. Mais pour nous aérer et nous désintoxiquer devisons de la véritable campagne dans la vraie nature. Par exemple si j’évoque le Tarin des Aulnes, cela vous suggère-t-il un plumage et un ramage précis ?

Pour certains connaisseurs avertis cela rappellera d’autres petits passereaux assez proches tels que le Verdier d’Europe ou le Serin Cini. Toutefois le minuscule tarin dont la taille ne prétend même pas atteindre celle d’un modeste moineau mais tout juste celle d’une mésange bleue, avec sa silhouette légère au corps rondelet, sa queue fourchue et ses longues ailes pointues, est un de nos oiseaux forestiers les plus communs. En hiver, souvent il se hasarde hors des couverts boisés trop dénudés et dépourvus pour aller quérir de son vol capricieux et bondissant quelque revigorante nourriture faite de graines d’aulnes, de bouleaux ou de mélèzes.

Il se restaure alors de son bec conique et pointu sur les rameaux les plus fins auxquels il aime se suspendre acrobatiquement la tête en bas. À la fin de la saison la plus rigoureuse il se risque même volontiers jusqu’à venir manger les graines que certains humains bien intentionnés disposent à des endroits qu’ils estiment hors d’atteinte des chats avides de jeux mortels pour la gent ailée. Et si vous savez interpréter son cri plaintif et fluté, il pourrait vous confier volontiers au cours de quelque long plané qu’il affectionne, que sa préférence saisonnière va sans conteste au bel été au cours duquel il festoie parmi les grands conifères dont il décortique adroitement les cônes pour en savourer les graines.

Tout ce préambule pour finir par vous avouer que je m’honore de compter au nombre de mes relations hivernales par baie vitrée interposée un de ces tarins des aulnes demoiselle (pardon « femelle » puisque l’autre terme semble depuis peu prohibé !) à la calotte jaune sombrement zébrée, au ventre délicieusement blanc et strié de bandes foncées que je contemple impudiquement tandis qu’elle vient se sustenter aux branches d’un pinus halepensis très proche et surtout bien achalandé.

Ravissante campagne hivernale à l’issue de laquelle j’ai finalement décidé d’élire mon tarin des aulnes à présider au plaisir de mes rêveuses contemplations animalières. D’autant que j’ai dû, cette année, renoncer à voter orange en raison de l’absence de candidats bouvreuils qui n’ont pu bénéficier des bourgeons rougeoyants des cognassiers du Japon brûlés et desséchés par la froidure exceptionnelle.

Michel BERTHELOT


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