Retraites : Il fallait oser l’avouer !

samedi 21 juillet 2007
par  Luc Douillard
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Il fallait oser l’avouer ! « Raboter » artificiellement les retraites (par répartition) afin de créer un appel d’air capitaliste spéculatif.

A la question (déjà surchargée de sous-entendus, « Le Monde », 24 février 2007 ) :

« Quelle serait donc la solution pour réconcilier les Français avec les profits ? »

Qui a bien pu répondre en osant (enfin) révéler le secret intime de Sarkozy (avant même son élection présidentielle), secret économique de Polichinelle qui est également le secret intime de Tony Blair, de Berlusconi, de Bush, de leurs multiples serviteurs médiatiques comme chez nous Christine Ockrent, Arlette Chabot, et de messieurs Colombani ou Chérèque et tant d’autres, et de tout le cercle (néo-totalitaire ?) des décideurs politico-financiers du monde occidental démocratique ?

Voici donc la réponse exacte à la question :

« Quelle serait donc la solution pour réconcilier les Français avec les profits ? »

( Réponse : )

« Infléchir le système de retraite. Raboter le système par répartition pour les Français ayant un certain niveau de revenu. Cotisant moins, récupérant moins, ils seraient incités à acheter des actions ce qui permettrait de développer des fonds de pensions français. »

Ceci on s’en doutait, mais ça n’avait encore jamais été dit ouvertement.

C’est la dernière question-réponse d’un entretien paru dans « Le Monde » du 24.02.2007, page 13, (« propos recueillis par Annie Kahn »), interview de monsieur David Thesmar, professeur à HEC (Hautes études commerciales), paru dans « Le Monde » sous le titre éloquent « L’hostilité des Français aux profits est récente », et avec le sur-titre : « Capitalisme – L’instauration d’une « économie centralisée et planifiée » après 1945 a créé cette aversion. » (Rubrique « Economie & Entreprises, page 13).

Voir l’interview en entier :
www.lemonde.fr

Merci à David Thesmar qui a enfin dit la vérité (involontairement ?).

Merci au « Monde » qui ose la publier ouvertement (même si cette absence de précaution rhétorique révèle effectivement la faiblesse extrême de la gauche politique et syndicale française, et aussi de l’extrême-gauche pseudo-alternative, désormais toutes incapables de réagir « dangereusement » à de telles révélations cyniques. Donc on peut tout dire en haut lieu, à condition de le faire discrètement. La preuve, c’est que personne n’a réagi à cet interview qui disait crûment la vérité de notre oppression économique.)

Bref, chers concitoyens, si vos retraites par répartition sont méthodiquement discréditées à la télé et démolies avec l’assentiment des tous les décideurs, y compris parfois syndicaux, ne croyez pas que cela proviendrait d’une quelconque nécessité économique ou démographique, comme par exemple le vieillissement de la population ou toute autre raison raisonnable. Il n’en est rien !

Chers concitoyens de la classe moyenne, si votre retraite est détruite, laminée, c’est un fait exprès. C’est planifié en haut lieu dans tous les pays développés : Vous faites partie du gisement futur de prélèvement des fonds de pension spéculatifs, (comme vous l’êtes déjà pour votre logement, dont le coût est devenu exorbitant, malgré l’objectif officiel et mensonger de « stabilité des prix » de la Banque centrale européenne).

Oui, chers concitoyens, il faut démolir votre retraite, car il s’agit tout simplement de démolir une conquête essentielle du programme du Conseil national de la Résistance antifasciste (CNR, 1944 et 1945) qui empêchait le capitalisme financier de régner sans partage en France, une des dernières démocraties non encore domestiquées, et seul grand pays qui pourrait encore (un peu ou parfois beaucoup ?) donner le mauvais exemple aux autres.

Oui, chers concitoyens, vos fonds de pension spéculatifs serviront à faire travailler les enfants et les esclaves du tiers-monde, faute de « smic mondial » légal, afin de soumettre les acquis sociaux européens à une concurrence sauvage et à un chantage permanent, chantage entretenu avec l’assentiment de vos élites européennes et françaises, qu’elles soient de droite ou de centre-gauche (ou même d’extrême gauche subventionnée ?).

Mais pourquoi revenir en plein mois de juillet sur cet interview passé inaperçu dans « Le Monde », l’hiver dernier ?

Parce que l’auteur de cette note profite chaque année du mois de juillet pour ranger son bureau et lire les journaux qu’il n’a pas encore parcourus. Ce qui permet parfois de revenir sur des pépites oubliées. Pour mémoire, cet entretien du « Monde » commençait ainsi en février dernier : « David Thesmar, professeur à HEC, rappelle que, « jusqu’à la fin des années 1920, la France était l’amie des marchés financiers. »

(David Thesmar vient de faire paraître cette année un pamphlet fort peu antifasciste : « Le Grand Méchant Marché » avec Augustin Landier de l’université de New York, Flammarion, 182 pages, 15 euros.

Horrible détail : A propos de la nostalgie (forcément coupable) des Français pour les « trente glorieuses » qui ont reconstruit la France après la Seconde guerre mondiale, David Thesmar déclare aussi « il aurait fallu que le système se dissolve une fois le travail accompli » [une sorte de chronologie de la privatisation des bénéfices après la socialisation des coûteux investissements publics d’après-guerre ?] et aussi : « Ils [sous-entendu : ces imbéciles de Français attachés aux conquêtes sociales de la Résistance antifasciste] gardent la nostalgie de cette époque. Ils associent croissance et centralisation. [Tandis que toi, Thesmar, tu associes forcément égalité des droits et « centralisation », capitalisme sauvage et « décentralisation »… quel tour de passe-passe ! ] C’est ce qu’on appelle, en psychologie, un biais d’attribution. »

[Au fait, à quel « biais d’attribution » officiel faut-il recourir pour confondre « décentralisation » et reféodalisation territoriale, « stabilité des prix » et monétarisme spéculatif sauvage, « démocratie participative de proximité » et dispositifs territoriaux de management et de manipulation autoritaires ? ]

Au moins, ça valait le coup d’exhumer cet article du « Monde » daté de l’hiver dernier.

Camarade bobo, et toi collègue cadre ou travailleur qualifié du public ou du privé, si ta retraite fout le camp et que tu dois priver tes enfants de poursuites d’études, afin de te payer un fond de pension et des assurances tous risques imaginables, n’incrimine plus la nécessité économique ou démographique, car tu sais désormais que la démolition des acquis sociaux de la Résistance n’a AUCUNE rationalité comptable, mais seulement un unique motif politique habile :

Désespérer chacun

et diviser tous,

pour provoquer la guerre de tous contre tous et de chacun contre chacun.

on ze webblog : lucky.blog.lemonde.fr


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