Il n’y a de nouveau que ce qui est oublié (Rose Bertin)

mardi 18 septembre 2012
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Affiche polychrome « Campagne électorale du Parti Radical Socialiste », par Dukercy (avril 1929)
(Bibliothèque Nationale, Dukercy AA aff. Toile D n°4)

Voici 83 ans, un vent de panique finissait de souffler sur la France du Cartel des gauches. Il avait suffit d’une petite tentative du gouvernement Herriot en 1924 pour contrôler les avoirs des clients des banques (afin de lutter contre la fraude fiscale) et d’un budget un peu audacieux pour aboutir à la menace d’une évasion fiscale généralisée. À quelques années de l’enfer des tranchées, le caricaturiste Pierre Dukercy [1] (Pierre Méjécaze dit, 1888-1945) campait alors un « superpatriote déserteur » passant la frontière avec, sur l’épaule, une balle de 50 milliards, applaudi par les cibles du Parti Radical Socialiste : Louis Marin (petit moustachu à lavallière), Henry Chéron, Alexandre Millerand et le général de Castelnau.

Déjà on défend la nécessité d’une politique plus largement sociale et redistributive de la part d’un gouvernement de gauche. Déjà on oppose la justice fiscale avec la fuite des nantis, et déjà, on accuse ceux-ci d’être les mêmes qui spéculent contre la monnaie pour tirer bénéfice de la panique financière et contrôler le pouvoir politique. Seul a changé, peut-être, l’archétype satirique du capitaliste ventru. Reconnaissons au patronat contemporain, et à Mr Bernard Arnault, d’avoir intégré les règles de la diététique et réservé l’empiffrement aux stock options.

Laurent Bihl

caricaturesetcaricature.com


[1Collaborateur de L’Humanité entre 1918 et 1924


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