Comment parler à ceux qui se foutent du Pantanal ?

samedi 22 septembre 2012
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Par Fabrice Nicolino

Une amie m’envoie un diaporama sublime. Il est à voir et a savourer en grande partie ci-dessous. Bon, il s’agit de photos du Pantanal, la plus vaste zone humide de la planète. Elle couvre, mais les chiffres sont incertains, environ 200 000 km², peut-être même jusqu’à la moitié de notre petite France. Où ça ? Entre Brésil, Paraguay et Bolivie. Imaginez - mais qui peut imaginer pareille beauté ? - une plaine basse parcourue par quantité de cours d’eau et d’innombrables méandres, recouverte par les eaux pendant quatre mois par an sur 80 % de son territoire.

Non, je n’ai pas l’envie ce jour de vous parler des menaces qui pèsent sur cette Toison d’or, infiniment plus belle encore que celle recherchée jadis par Acaste, Jason, Argos, Autolycos et tous les Argonautes. Je ne pense, au moment où je vous écris, qu’au jabiru, au nandou, au toucan. Je ne rêve que de loups à crinière, de jaguars, de tamanoirs, de caïmans, de jiboias-constritoras, de capucins, de chiens des buissons. La région compte - à peu près - 650 espèces d’oiseaux, 80 de mammifères, 400 de poissons, 50 de reptiles, et la plus stupéfiante collection de plantes aquatiques au monde.

J’en arrive à ma question du jour : comment parler à quelqu’un qui serait insensible à cette beauté-là ? C’est pour moi une question essentielle. Et nul n’est besoin du Pantanal pour la formuler. Aussi bien, comment échanger avec quelqu’un qui ne s’émeut pas au spectacle d’un troglodyte s’arrachant à la haie du jardin ? Que partager réellement avec qui se fout des chardons et des pins sylvestres, et des démentiels cadeaux octroyés par les infatigables abeilles, et du chant de la rivière où je me baigne tant que je peux, et du vol des vautours fauves au-dessus de mon vallon chéri, et de l’ombre gagnant, au soir, Combalongue, que je vois depuis ma terrasse ?

Ce n’est pas rhétorique. La quasi-totalité des commentateurs de ce monde malade autant qu’abruti détestent ou méprisent la nature. Et leurs maîtres, qui tiennent les commandes du vaisseau - si mal -, de même. Ils ne voient pas. Ils n’entendent rien. Ils sont incapables de seulement admirer. Comment pourraient-ils protéger ? Non, les amis, ce n’est pas rhétorique. L’aversion de la société officielle, et du même coup dominante, pour ce qui est d’évidence le plus important, cette aversion me fout plus la trouille que tout le reste.
































fabrice-nicolino.com


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