Salariat : Une re/découverte douloureuse

dimanche 30 septembre 2012
par  Patrick Mignard
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Par Patrick Mignard

En presque environ deux siècles d’existence, ce rapport social, le salariat, est « devenu », perçu, comme une véritable nature de nos sociétés… surtout dans les pays industriels développés. Le salariat apparaissait, et apparaît encore pour beaucoup, comme le top du top de l’organisation sociale. Pourtant, depuis presque deux décennies, le doute s’installe. La mondialisation marchande a jeté un doute sérieux sur la stabilité et l’efficacité d’un tel lien social. À y regarder de près, il n’y a pourtant rien de surprenant et rien de nouveau.

LA MONDIALISATION COMME RÉVÉLATEUR

Tant que le monde a été dominé, aux 19ème et 20ème siècles par des pays industriels qui détenaient l’essentiel des facteurs de production : capitaux, technologies, force de travail, marchés de consommation et sources d’énergie,… le lien social salarial qui les constituait, quoique contradictoire et conflictuel, représentait une forme de stabilité certaine au point qu’il n’a jamais été remis véritablement en question dans ces pays. La valorisation du capital et son corollaire, le salariat, s’étaient fondés dans, et par, une identité géopolitique, l’état-nation, qui garantissait une relative stabilité. C’est sur ce modèle, avec quelques variantes que se sont constitués les grands États industriels. La mondialisation, c’est-à-dire l’expansion des activités de production au-delà des frontières de ces pays, les facilités de communications et de transports, l’accession de nouveaux États à une certaine indépendance par rapport aux anciennes métropoles coloniales, a rompu cet état de relative stabilité économique, sociale et politique. Le délabrement politique et social de nos sociétés n’est donc pas surprenant, on peut même dire qu’il était inscrit dans l’existence et la dynamique même de la valorisation du capital, du capitalisme.

RAPPEL DE QUELQUES FONDAMENTAUX

1 - Une entreprise est faite avant tout pour valoriser le capital que l’on y investit… pas pour créer des emplois. La production n’est qu’accessoire… la preuve, on l’arrête quand ce n’est plus rentable de produire.
2 - Le salarié n’est qu’un facteur de production. Il crée la valeur, par son travail, mais est rémunéré à la valeur de sa force de travail (ce dont il a besoin pour vivre). Son salaire est un coût de production.
3 - Le capital technique, les machines, permet au salarié d’être efficace dans son acte de production. Le progrès technique en augmentant la productivité du travail humain, relativise, quantitativement, sa présence dans la production. Plus la machine est performante, moins on a besoin du salarié.
4 - Le profit, la part de la valeur produite par le salarié, mais qui ne lui est pas restituée, appartient exclusivement aux propriétaires du capital (les actionnaires). Notons que les salariés n’ont aucun droit sur lui puisqu’ils ont été rémunérés à la valeur de leur force de travail (marché dit « du travail », en fait « de la force de travail »).
5 - La gouvernance de l’entreprise est constituée par l’assemblée générale des actionnaires (les propriétaires du capital). Notons que les salariés n’ont aucun droit dans ce domaine.
6 - Le droit – social - des salariés n’est que le produit de leurs luttes. Rien n’a été accordé par le capital, tout a été conquis soit par la force soit par la peur.

Ces quelques fondamentaux, si on les a oubliés, se rappellent aujourd’hui à nous. Les luttes sociales ont permis aux salariés d’obtenir des avantages substantiels au travers d’une législation du travail : conditions de travail, garantie contre les licenciements, conventions collectives, salaire minimum, hygiène et sécurité, retraites, protection sociale… Tous ces acquis ont transformé la condition salariée grâce au rapport de force instauré,… et ils ont été garantis et maintenus grâce au même rapport de force… on les a cru éternels ! Erreur ! L’effondrement actuel de ce rapport de force remet en question tous ces acquis.

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UNE REMISE EN QUESTION GÉNÉRALE

Ces acquis – certainement pas définitifs contrairement à ce que beaucoup de salariés croyaient et croient – ne tenaient que parce que le rapport de force salariés/capital était en faveur des premiers… le capital ayant alors, encore, peu de marges de manœuvre. Mais le capital ne connaît pas les frontières. Une des caractéristiques de la mondialisation marchande est évidemment la mondialisation des marchés, aussi bien ceux des matières premières, que celui des capitaux, de la consommation et même ceux de la force de travail. Cette mondialisation, et en particulier, celle de la force de travail a des conséquences prévisibles sur le rapport des forces entre salariés et entrepreneurs/actionnaires.

Le chef d’entreprise et les actionnaires ne sont plus limités au territoire national (l’État-nation berceau du capitalisme) pour produire et donc valoriser leur capital. Les salaires plus bas à l’étranger les incitent logiquement à délocaliser. De même que l’ouverture des frontières à la circulation de la force de travail leur permet d’embaucher à des salaires plus bas que ceux habituellement versés. Cette nouvelle situation se double d’une caractéristique déterminante : l’État, dans son désir de libéraliser et de déréglementer, se tient en retrait et n’est plus le garant des conditions d’existence des salariés. Dés lors, on assiste à une remise en question totale des acquis :
- les salariés en concurrence sur le marché international de la force de travail ne peuvent plus exiger le maintien, et à fortiori, l’augmentation de leurs salaires,
- l’entreprise, lieu essentiel pour les salariés (pas pour les actionnaires) peut quitter le territoire national, voire disparaître,
- tous les acquis sociaux sont remis en question et les syndicats n’y peuvent rien,
- l’exclusion remplace l’exploitation dans la conscience des salariés et le « couteau sous la gorge », ceux-ci sont prêts à tous les sacrifices pour défendre leur emploi.

UNE PRISE DE CONSCIENCE BIEN TARDIVE

Sont totalement incongrues au regard des principes de fonctionnement de la gestion du capital, ces idées et déclarations que l’on entend couramment dans les médias :
- L’idée qu’il serait scandaleux que l’entreprise (les actionnaires) imposent une rentabilité fondée sur la maîtrise du coût de la main d’œuvre (les salaires),
- L’idée qu’il serait scandaleux que l’entreprise (les actionnaires), licencie pour accroître sa rentabilité (la force de travail variable d’ajustement),
- L’idée qu’il serait scandaleux et inhumain, de liquider une entreprise, et de licencier son personnel, pour des questions de rentabilité financière (liquidation pour spéculer sur les marchés financiers),
- L’idée qu’il serait scandaleux que l’entreprise privilégie les actionnaires au détriment des salariés.

Ces idées, émises, véhiculées, proclamées par les salariés licenciés, ou en voie de licenciement, montrent à quel degré d’incompréhension, ceux-ci sont en matière de connaissance de ce qu’est véritablement ce système. Les salariés, la classe ouvrière (comme on disait), l’ensemble des citoyens ont eu cent cinquante ans pour se rendre compte de ce qu’était le capitalisme. Des millions d’articles, des tonnes d’ouvrages, des années de discussions ont dénoncé ce système… pour rien,… ou encore pas grand-chose. L’immense majorité a cru, et croit encore, qu’il était/est réformable, que les acquis chèrement arrachés à la rapacité du capital, seraient définitifs… elle s’est trompée.

L’immense majorité a cru en la parole des bonimenteurs politiciens qui promettaient, et promettent toujours d’humaniser le capitalisme, de faire des réformes, de défendre l’intérêt du peuple,... et vote pour eux. Aujourd’hui il est trop tard, l’édifice s’écroule sur nous. Il va falloir faire preuve d’une grande imagination et d’une pratique efficace pour ne pas y laisser notre peau.

Patrick MIGNARD
Septembre 2012


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Brèves

HLM, des locataires blindés

jeudi 2 décembre 2010

Plus de 50.000 familles parmi les plus riches de France bénéficient d’un logement HLM.

Fin 2007, quelque 53 000 familles parmi les plus fortunées de France étaient logées en HLM, selon des chiffres de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, révélés par La Tribune. (Mais ne vous précipitez pas sur le lien : l’article est payant bien sûr ! Ces gens-là ont investi le net seulement pour faire de l’argent) 37 000 familles logent en Ile-de-France, dont 18 000 à Paris, et 15 000 en province. Elles gagnent 11 200 euros par mois avec un enfant ou 13 500 euros par mois avec deux enfants.

bakchich.info

La CIA envisage l’afflux de 2 millions de réfugiés israéliens aux USA

mercredi 25 mars 2009

La communauté états-unienne du renseignement vit comme une humiliation le départ de Charles Freeman, contraint par le lobby sioniste de renoncer à son poste de président du Conseil national du renseignement. Les déclarations se multiplient pour dénoncer l’influence disproportionnée d’une faction dont le fanatisme porte atteinte aux intérêts nationaux états-uniens, et même israéliens.

Dans ce contexte, le directeur de la CIA, Leon Panetta, a remis au président Obama et aux leaders parlementaires concernés une étude sur l’avenir d’Israël dans les vingt prochaines années. Le rapport établit qu’il est impossible à long, voire à moyen terme, de maintenir le régime d’apartheid au pouvoir à Tel-Aviv, que la « solution à deux États » est une chimère et qu’une évolution à la sud-africaine est inévitable. Israël devra restituer aux neuf millions de Palestiniens la nationalité et la citoyenneté dont elle les prive depuis 1948.

Sur cette base, la CIA invite l’Éxécutif et le Législatif à anticiper l’afflux de 2 000 000 de réfugiés israéliens sur le territoire US, dont 500 000 ont la double nationalité US. L’Agence pose également la question de savoir quelle attitude adopter vis-à-vis des criminels de guerre ou contre l’humanité qui chercheront alors refuge aux États-Unis.

voltairenet.org

Le NPA, c’est pas la SPA

jeudi 12 février 2009

Parmi les grandes questions que devaient trancher les délégués du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) lors de leur congrès, figurait un « amendement animaux » . Le texte défendu à la tribune appelait à prendre en considération « la sensibilité des animaux, eux aussi victimes de la course à la productivité » , et à interdire les pratiques barbares telles que la corrida, les animaux dans les cirques ou la chasse à courre. Las. L’amendement soumis au vote a été rejeté.

Annulation d’un concert d’Enrico Macias à Maurice

vendredi 16 janvier 2009

Le chanteur Enrico Macias (*), a dû annuler un concert qu’il devait donner à Maurice le 23 janvier, dans le sillage de la décision du gouvernement mauricien de geler, depuis le week-end dernier, ses relations avec Israël, suite aux bombardements de l’armée israélienne sur Gaza, en Palestine, a appris la PANA (Agence panafricaine de presse) mercredi de source proche des organisateurs locaux de la manifestation culturelle.

Lors d’une manifestation pro-palestinienne vendredi dernier à laquelle avait participé le vice-Premier ministre mauricien Rashid Beebeejaun dans la capitale mauricienne, le ministre de la Justice, Rama Valayden, également présent, avait demandé aux Mauriciens de boycotter le concert de Macias en raison de la participation du chanteur à une manifestation pro-israélienne en France.

"Il n’a pas sa place à Maurice. Il ne peut venir chanter dans notre pays parce qu’il soutient ces bombardements" , avait déclaré le ministre Valayden.

CAPJPO-EuroPalestine

(*) Ndlr : L’homme qui chante en toute inconscience "malheur à celui qui blesse un enfant" ! Étonnant, non ?!

En large Your Salaire

jeudi 1er novembre 2007

Nicolas Sarkozy veut s’augmenter le salaire de 140 %, histoire de plafonner, comme "Libération" le notait, à "près de 20.000 euros mensuels".

Je ne doute pas qu’il se trouvera, jusqu’à "gauche", des ânes pour opiner à cette augmentation, qui viendront nous sommer de n’être pas démagogiques, et nous exposer qu’après tout, il est quand même normal qu’un homme qui se donne à un métier si prenant gagne un peu mieux sa vie.

N’oubliez jamais, je vous prie, que les mêmes qui vous chanteront ce minable refrain ne demandent jamais que soit mieux rémunérée la valetaille prolétaire.

Sébastien Fontenelle
for http://vivelefeu.blog.20minutes.fr