Biens mal acquis : le dernier caprice du fils Obiang

mercredi 17 octobre 2012
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Par Fabrice Arfi

Toutes les personnes qui ont approché le dossier poussent le même soupir effaré : rien ne l’arrête. Teodoro Nguema Obiang (dit Teodorin), vice-président de Guinée-Équatoriale et fils du chef de l’État en exercice, visé en France par un mandat d’arrêt international dans l’affaire des “Biens mal acquis”, envisage d’acquérir pour 200 millions de dollars l’un des plus gros yachts de luxe au monde.


Il s’agit d’un bateau baptisé Al Salamah, propriété du prince Sultan Ben Abdul Aziz, le ministre de la défense d’Arabie saoudite décédé l’an passé. Ses héritiers veulent à tout prix vendre le yacht, un mastodonte de 140 mètres de long, haut de cinq étages, hérissé d’une piste d’atterrissage pour hélicoptère et doté d’une salle de cinéma et d’un hôpital… Entre autres.

Ébruitée le 4 octobre par une indiscrétion de L’Express, l’affaire semble se préciser, même si la vente n’a pas été (encore) finalisée. D’après les éléments recueillis par Mediapart, une société commerciale a été créée le 23 juillet dernier en Guinée-Équatoriale pour se porter acquéreur du yacht convoité par Obiang junior (très friand en la matière). Elle se nomme SOciedad de TRAnsporte MARitimo-Guinea Equatoriale, la Sotramar-GE, enregistrée sous le numéro 2 481 dans les registres officiels de Malabo, la capitale de Guinée-Équatoriale.

Fait intrigant : la Sotramar est déjà le nom d’une société de transport maritime parapublique guinéenne, créée en décembre 1971 et impliquée dans le commerce de la bauxite, le principal minerai permettant la production d’aluminium, dont les terres guinéennes sont très riches. Des banques approchées ces dernières semaines ont refusé de rentrer dans le dossier tant Teodoro Obiang est devenu un personnage judiciairement infréquentable. De fait, de nombreuses questions se posent quant à l’origine réelle des fonds que le vice-président guinéen se dit prêt à débloquer pour assouvir ses désirs. D’où l’extrême prudence d’institutions bancaires qui ne souhaitent pas être embarquées dans une éventuelle opération de blanchiment.

La confusion entre la Sotramar de 2012 (société privée) et son homonyme de 1971 (société parapublique) n’est-elle d’ailleurs pas entretenue pour mélanger argent public et intérêts privés ? L’avocat français du fils Obiang, Maître Emmanuel Marsigny, ne souhaite faire aucune déclaration sur ce dossier. Tout comme le secrétariat particulier parisien de la famille Sultan qui, joint par Mediapart, a fait savoir « qu’aucune espèce de commentaire ne sera fait là-dessus »...

(Suite de cet article sur mediapart.fr)


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