Rocky Balboa contre Tyler Tyson

samedi 5 mai 2007
par  _8119
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Ils sont nés pour ne pas être d’accord. Ils sont les deux extrémités de l’univers, et aujourd’hui, ils sont très fâchés.

Les Dieux en ont décidé ainsi, le match aura lieu au centre de l’institutionnalisation des Rituels. Le protocole symbolique fait se dérouler les secondes du monde sous l’influence directe de la pensée des combattants, prêts à en découdre, l’esprit empli de réponses-réflex aiguisées à l’acier inoxydable.

Ici la question est à celui qui assurera la plus grande dureté envers les voleurs de poules. En effet tout le peuple crie sa haine contre les voleurs de poules et les deux rivaux, ne cessent d’augmenter les enchères des promesses de réprimandes brutales.

Mais Tyler est vorace, il est venu avec l’ambition de mentir sans aucune limite, à fond la caisse, et d’insulter tout ce qui passera à proximité.

Mais Balboa tient la corde pendant 7 minutes non stop d’entrée de jeu, laguant complètement Tyler, qui revient et la coïnce dans un coin très vicieux, celui des traditionnels empêchements réglementaires, amplifié par un délict "mais vous savez bien pourtant que (...) donc vous êtes folle". La prétention de Tyler est comme un crochet dans le foie, 4 fois de suite c’est bam bam bam ! mais Balboa a la dent dure, et demande : "quoi ? Tu t’arrêtes à ça toi ?" Et Bam dans sa gueule ahaha quel match !

Mais soudain Tyler se redresse et oppose son droit de veto à la dignité à laquelle il croyait qu’il avait droit, laissant ainsi subrepticement laisser entendre que son interlocuteur dissimule des ambitions plus dominatrices que les siennes. Alors Balboa se dresse sur son dos, et répond à son droit légitime à la normalité.

Ils y vont franchement, non pas par quatre chemin, mais, nouvelle expression, en pissant sur tous les arbres. Là ils sont très forts tous les deux, c’est du haut-niveau, ils ne laissent rien passer, les filtres cognitifs sont à fond les manettes.

Soudain Tyler profite de cette accalmie pour prendre sa voix de robot, et là rien que ça, ça fait froid dans le dos à tout le monde, et balance une série de chiffres et de numéros dévastateurs. Et pourtant le saviez-vous ? Tyler se retient ! Mais oui vous avec bien entendu il essaie de faire le moins peur possible, de rassurer ! Mais Balboa ne se laisse pas ainsi malmener, et prend également sa voix de robot, et sur un ton monotone, érige le mur des lois ainsi violées, sans compter la froideur et la méchanceté, qui malheureusement ne sont pas pris en compte dans le bilan final !

Tyler assume que le nouveau label HQZ garantira qu’il n’y aura aucun problème garanti à 100% sans rien avoir à réfléchir, afin de régler le problème du truc avec l’effet de serre, "là, vous savez ?" demande-t-il hargneusement !

Et Balboa sort le bouclier de la tristesse du crocodile au moment où on lui annonce le prix des bottes et ustensile d’habillement. Mais Tyler rebondit sur le nucléaire, même en ignorant la proportion de son utilité, il connaît au moins l’art de la cohérence et du pragmatisme du puissant, applicable à celui qui veut le devenir aussi, pour qu’il s’habitue.

Mais Balboa montre qu’il l’est déjà, et qu’il n’a pas eu à attendre d’avoir à y être habitué. C’est formidable, c’est génétique ! Tyler piétine sur les mots compliqués, il est à deux doigts de perdre l’équilibre, mais c’est sans compter sur son art de la récupération !

Et même il profite de l’élan pour balancer une bonne accélération de la violence, il balance toutes les banalités de la terre, archaïques et bien manichéennes, auxquelles il affecte le caractère de révolutionnaires, un peu comme ce qu’il attend des applaudissements de la foule hébétée. Il balance des évidences, il qualifie de "bon sens" le fait d’avoir du bon sens ! Pour lui, tout est là, c’est son bon sens qui doit dominer le monde, et il veut de toutes ses forces, coûte que coûte.

Balboa reprend la même série de mouvements, depuis le début, mais avec une variante plus sagace et plus globale encore, plus universelle encore ! Etait-ce possible ? C’était difficile de le prévoir. Puis le point d’impact s’approche, et dans cette même séquence, Balboa s’approprie les "je veux" et les "je crois que" qui pourtant étaient l’apanage de Tyler ! C’est vraiment peu crédible ! comme disent nos amis Britaniques.

Tyler accuse le non-respect de ses futures lois d’être à l’origine de tous les problèmes du monde, et il trouve cela scandaleux, et il le montre. Il s’acharne terriblement sur le port de la casquette à l’école, et surtout sur le manque d’éducation sportive qui rend les muscles plus tendus, et la cervelle mieux maintenue, dont il sous-tend en être un heureux consommateur !

Tout le monde aura bien sûr compris que les sujets trop globaux traités ne peuvent être compris par un public trop jeune, que la moindre remarque du style "et si le problème c’était le fait-même d’imposer les chose ?" serait vite balayée dans le tourment de la violence.

Le public siffle les combattants, qui manifestent l’un pour l’autre toute la puissance de leur "mépris", c’est à dire le fait de se tromper de sujet ! C’est vraiment très finement joué.

Scandalisé, Balboa, porté par la puissance de la justice universelle, s’oppose fermement contre l’immoralité de l’hypocrisie, qui est un propos aisément préhensible par le grand public.

Mais là, Tyler, incroyable de retenue, désigne l’irascibilité de son ennemie comme l’ennemi du bien, sans pour autant savoir lui-même à quel point en fait il vient de mettre l’accent sur une question qui n’était pas du tout en jeu à ce moment-là ! Est-il très fort ou violent de nature ? En tous cas sa démonstration de calme fictif dans une situation crispante le délave de tous soupçons, comme un coup de baguette magique, et du même coup, le prémunit contre toutes les accusations fallacieuses qui pourraient être faites de ce côté-là, ce qui agit comme un bouclier diplomatique.

Mais Balboa ne se laisse pas mener par le bout de ce qui est à vue-de-nez, et essaie de créer des nuances signifiantes qui impliquent tout. Mais à cet exercice exacerbé, de nombreux coups ne touchent pas l’adversaire, c’est beaucoup d’énergie de perdue ça ! Quel match !

Tyler, qui a 3 minutes à rattraper, en profite pour faire un résumé de son psychisme : il glisse sournoisement, en trois points, dont deux fois le troisième, passant de de la défense du non populaire à la constitution Européenne, au comunautarisme élémentaire que cette réponse suscite, et avec laquelle il est profondément d’accord, aussi logiquement et pragmatiquement que la Turquie a vocation à n’avoir rien à faire chez nous.

Balboa use de son fameux coup de l’équilibre du monde, et invalide de fait l’ensemble des contre-vériités populaires. Mais Tyler prend appui sur le terrorisme que ça suscite sans faire exprès, afin de justifier le tranchant de sa vision. Que cela coupe Balboa en deux, ce ne serait même pas fait exprès !

Alors le discours s’internationalise, et rendant légale l’envie de vivre, Balboa s’oppose à la menace du verbe mal utilisé, tout en enlevant de sa bouche avant qu’il ne le crache, les tics verbaux ridicules de Tyler ! Mais celui-ci a lu le journal et a bien mémorisé les termes faciles à retenir, et arrive à en faire une phrase vraiment terrifiante de non-sens ! Balboa riposte conventionnellement, par des ajustements liés à la non-renonciation à la difficulté.

Tyller, alors qu’il veut diminuer le crédit social, prétend que celui-ci ne peut pas supporter non plus toute la misère du monde. Ce à quoi Balboa renvoie un hyperlien vers l’arrestation des grand-pères devant les écoles en général, de façon à ce que le public comprenne bien à quoi mène une pente glissante. C’est du cas pas cas, ils ne plaisantent pas, et la contradiction est brutale.

Mais les deux n’entendent pas la même chose par l’expression "cas par cas", chez Tyler, c’est si ce sont des copains, et pour Balboa, le cas par cas est une règle spécifique généralisée. Là il faut dire que nous sommes un peu perdus, c’est aussi ce côté spectaculaire qu’on aime dans la combat.

Balboa a la dragée haute, et même l’arbitre qui évite de s’en prendre une à chaque fois, essaie de faire dévier le dialogue quand on s’approche trop près des "Non c’est pas vrai !" et des "non ce n’est pas ce que j’ai dit", ce qui, on le sait bien, risquerait de durer des heures si on ne les retenait pas.

Pendant que l’arbitre s’évertue à essayer d’en placer une, Balboa en arrive à la conclusion généraliste, prometteuse, et clairement énoncée, qui constitue le lit du terme-clef qui agit puissamment dans le subconscient : "impartialité", qui comme chacun l’aura compris, rivalise avec frontalement avec la proposition de pragmatisme préférentiel de Tyler.

Puis vient le moment de vider son sac, proposé par l’arbitre, c’est le décomptage aux poings !

Tyler insiste sur l’éminence de la chance de son adversaire, qu’il prétend presque envier. Pour lui, la fatalité n’existe pas, et ne trouve aucune raison pour expliquer pourquoi les choses sont pas comme il le voudrait. Il exerce son droit à la protection des faibles grâce à son bouclier de vocabulaire pré-formaté. Pour lui, décidément, la SNCF, c’i possib.

Balboa remercie et encourage ceux qui arrivent plus à suivre, à croire en ce que l’absence de testicules ne justifie en rien la moquerie, et propose que plus jamais la division ne vienne déchirer des frères qui s’aiment, et que malgré tout ce qui doit présider, c’est sûrement un autre truc que ce qu’on croit d’habitude.

8119

http://w4lk.org/article8510.html


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