Et si la transition écologique débutait à Notre-Dame-des-Landes ?

vendredi 16 novembre 2012
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Alors que le gouvernement prévoit l’abandon de « certains projets d’infrastructures », quinze élus et responsables d’Europe Ecologie-Les Verts demandent « que cessent les opérations policières et les expulsions et que les travaux ne démarrent pas [à Notre-Dame-des-Landes], ce qui rendrait possible l’intervention d’une mission de médiation, confiée à une personnalité indépendante ».


« Comment admettre la dégradation continue des ressources et du patrimoine naturel du monde, comment ne pas voir les effets du réchauffement climatique qui n’est pas une opinion ou une hypothèse, mais un fait scientifique ? (...) Comment rester impassible face aux atteintes irréversibles à la biodiversité ? Comment laisser croître notre dette écologique envers les autres ? La question se résume finalement ainsi : serons-nous solidaires des générations à venir ou trop cupides, trop avides pour laisser à nos enfants un fardeau encore alourdi du poids de nos égoïsmes ? » Ces questions fort justement posées par le président de la République, François Hollande, dans son discours d’ouverture de la première conférence environnementale, le 14 septembre dernier, attendent désormais des réponses concrètes. Elles traceront le chemin de la transition écologique et du renouveau français.

Un mois et demi après cette conférence, les événements sur le site du projet d’Aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, nous plongent au cœur de la tension entre le discours et le réel. Nous sommes à la croisée des chemins : poursuivrons-nous les voies tracées au siècle dernier pour satisfaire des objectifs de court terme, ou bien déciderons-nous de modifier la trajectoire et d’emprunter des voies plus innovantes et plus économes de nos ressources ? Longtemps différée (rappelons-nous, il y a dix ans, l’évocation au Sommet de Johannesburg, par un autre président de la République, de la « maison qui brûle », discours non suivi d’effet), la réponse à cette question est aujourd’hui d’une brûlante actualité. C’est du cœur du bocage de Notre-Dame-des-Landes qu’elle s’invite sur l’agenda politique du gouvernement, à l’initiative des pouvoirs publics eux-mêmes. Le projet d’Aéroport du Grand Ouest rejoint la cohorte des grands projets controversés en France comme en Europe. Ces grands projets coûteux apparaissent aux yeux des populations comme inutiles, parfois absurdes, et certainement incompatibles avec les impératifs de maitrise des dépenses publiques qui s’imposent plus que jamais aux pouvoirs nationaux comme aux pouvoirs locaux.

Le 11 juillet dernier, Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, annonçait, à la suite de la Cour des comptes : « Il ne sera pas possible de réaliser tous les projets d’infrastructures annoncés par le précédent gouvernement et il faudra en abandonner certains », mettant simplement en évidence que les multiples projets rassemblés par le Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT) n’étaient pas financés, et qu’il ne serait pas possible de les financer tous, donc que le temps des choix était venu. Et choisir ce n’est pas renoncer, mais sortir de la logique du toujours plus pour inventer une économie nouvelle centrée sur les circuits courts, la mutualisation de moyens, la dématérialisation… Plus que des infrastructures lourdes et centralisatrices, il s’agit de donner la priorité à l’équité des territoires par l’amélioration des moyens de communication et de transports de proximité et par le soutien et l’accompagnement du réseau associatif et de l’activité économique. Le 16 octobre, Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, a présenté la commission chargée de mettre à plat le SNIT, qui devra « trier, hiérarchiser, et mettre en perspective les grandes infrastructures. Elle devra réfléchir aux évolutions des services, en donnant la priorité aux transports du quotidien, à la rénovation des réseaux existants et l’amélioration à court terme du service rendu aux usagers ». Elle rendra ses conclusions d’ici fin avril 2013.

Le projet d’Aéroport du Grand Ouest, de même que plus d’une dizaine de lignes ferroviaires à grande vitesse, ou encore près de vingt projets autoroutiers, figurent dans ce SNIT que le gouvernement a décidé de remettre à plat. Notre-Dame-des-Landes, c’est non seulement un aéroport, mais aussi une liaison 2 fois 2 voies, et une ligne ferroviaire à grande vitesse. Le projet concentre donc plusieurs des types d’infrastructures aujourd’hui à revisiter, avec pour souci prioritaire la rénovation des réseaux existants. Comment interpréter alors les opérations policières et les expulsions en cours si ce n’est comme une tentative de créer l’irréversible afin de sortir Notre-Dame-des-Landes du périmètre de cette commission ? En juillet dernier, les responsables socialistes de « la gauche durable » expliquaient qu’il fallait répondre à trois défis : la mutation de notre modèle de croissance, l’égalité des territoires aujourd’hui fracturés, et la nécessité d’associer à ces transformations des formes nouvelles de participation démocratique. Nous avions salué cet engagement qui implique de chercher à mieux utiliser les équipements existants et à développer les coopérations entre les acteurs sur les territoires.

Il y a quelques jours, Jean-Paul Chanteguet, député PS de l’Indre et président de la Commission développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, tirait la sonnette d’alarme : « J’ai le sentiment que l’ambition du président de la République de faire de la France le pays de l’excellence environnementale est un discours pour rien. Il n’est pas porté par les responsables politiques. Aujourd’hui, personne au gouvernement, à part Delphine Batho, ne parle de transition écologique, d’excellence environnementale, de nouveau modèle de développement. (…) On oppose la compétitivité à l’environnement. On est dans la plus grande frilosité. » Aujourd’hui, nous sommes tous au pied du mur. Ensemble, nous voulons que la gauche réussisse et dure. Cette réussite passe par la transition écologique, et donc par le symbole que Notre-Dame-des-Landes est en train de devenir. Ensemble nous devons nous mobiliser pour obtenir que cessent les opérations policières et les expulsions et que les travaux ne démarrent pas, ce qui rendrait possible l’intervention d’une mission de médiation, confiée à une personnalité indépendante.

Ensemble, faisons en sorte que Notre-Dame-des-Landes soit intégré dans la méthode du gouvernement, que nous approuvons, rappelée par le Président de la République le 14 septembre : « Dialoguer pour décider, prendre les sujets les plus difficiles pour chercher des solutions pertinentes, faire participer tous les acteurs. Ils sont là pour porter ensemble un changement durable. Car les défis ne se divisent pas ; ils ne se hiérarchisent pas ; ils doivent être affrontés et surmontés ensemble. »

Élus et responsables EELV signataires

Patricia Andriot, vice-présidente de la région Champagne-Ardenne
Aline Archimbaud, sénatrice
Danielle Auroi, députée
Marie-Pierre Bresson, maire-adjointe de Lille
Patrick Franjou, conseil fédéral EELV
Serge Guérin, conseiller régional d’Ile-de-France
Saadika Harchi, Conseil d’orientation politique EELV
Agnès Langevine, Secrétaire Régionale Languedoc Roussillon,
Eric Loiselet, conseiller régional de Champagne-Ardenne
Julie Nouvion, conseillère régionale d’Ile-de-France
Sandra Renda, conseillère régionale du Centre
Christophe Rossignol, conseiller régional du Centre
Mounir Satouri, président du groupe EELV région Ile-de-France
Marine Tondelier, conseil fédéral EELV
Dominique Voynet, maire de Montreuil, ancienne ministre

blogs.mediapart.fr


Commentaires

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Et si la transition écologique débutait à Notre-Dame-des-Landes ?
dimanche 25 novembre 2012 à 09h25 - par  vince44

Le combat de Notre Dame Des Landes, c’est aussi celui de la commune qui la jouxte : VIGNEUX DE BRETAGNE .. !!!
Le mot est lâché, BRETAGNE !!!
Bon, .. et si on replace tout ça dans le VRAI contexte local ... au lieu de dire qu’il s’agit de "anarcho" que sais-je etc etc ... Qui sont les vrais fourbes si ce n’est les politiques d’abord. Pour certains qui se disent ""pédagogues"", c’est la pédagogie du porte-monnaie perso et copains ensuite visiblement.


Je m’explique :
- La Bretagne compte 5 départements dont la Loire-Atlantique, … n’en déplaise !!
Pour satisfaire aux autorités allemandes/nazies (déjà à l’époque), EN 1941, le maréchal PÉTAIN (qui comptait déjà dans ses sinistres sbires un nommé François Mitterrand ...) "décrète » par DÉCRET" que la Loire Atlantique ne fait plus partie de la région Bretagne.
Pourquoi ? Parce que cela rend caduque la possible application au niveau local des termes du Traité d’Annexion qui dit qu’il faut la réunion des 5 représentants des 5 départements bretons pour légiférer au Parlement de Bretagne.
Pourquoi ce changement ? Parce qu’il existe un texte, un écrit datant de Décembre 1532, le TRAITÉ d’ANNEXION de la BRETAGNE à la FRANCE, écrit qui stipule les termes précis, et reconnus normalement perpétuels, qui permet à la FRANCE d’avoir la Bretagne à ses côtés. A cette époque, depuis longtemps, le royaume de FRANCE a cherché à envahir la Bretagne qui était un territoire indépendant. Par la force des armes, les rois successifs n’y parvinrent pas.
Pour faire historiquement court, après le décès de son père, la Duchesse ANNE DE BRETAGNE se retrouve aux commandes du Duché de BRETAGNE, lequel pays n’est aucunement français ni anglais mais seulement de culture CELTE. Les attaques françaises se feront de plus en plus fréquentes et meurtrières et La Duchesse sait qu’elle n’est pas immortelle.

Les rois de France veulent l’épouser de façon à ce que ses terres deviennent françaises par l’union du mariage des "régents" de chacun des territoires : FRANCE et BRETAGNE.

La Duchesse sait que, si ce n’est pas par ce biais, ce sera par celui d’autres guerres et batailles sanglantes, elle assure donc les arrières de son peuple, le peuple de Bretagne, par ce Traité d’Annexion. Elle y prévoit que la FRANCE s’engage à respecter la Bretagne et le peuple de Bretagne. Elle y prévoit aussi que, comme c’est la FRANCE qui est demanderesse d’avoir la Bretagne en territoire, que cette annexion serve au peuple breton à jamais et qu’ainsi, il ait, pour la perpétuité : gratuité des routes, absence d’octrois, cour et juridiction spéciales avec possibilités de légiférer depuis le Parlement de Bretagne (qui existe encore à RENNES), impôts spécifiques (..ce qui se fait en Corse sans qu’il n’y ait aucun Traité, ou des dispositions particulières en Alsace-Lorraine par ex etc.)
Puis, en 1789, les Chefs révolutionnaires Français sollicitèrent l’aide et l’appui de l’armée des Seigneurs Bretons et de leurs troupes pour retourner la couronne royale. Sitôt que ce fût fait, l’armée Bretonne rentrait au bercail tandis que se réunissait LA CONSTITUANTE.
MIRABEAU en profita pour trahir ceux qui venaient de l’aider et, dans leur dos, les traitant même de "pygmés" selon les écrits idoines, déclara l’abolition des privilèges, y ajoutant au dernier moment ceux du Traité d’Annexion de la Bretagne à la France, … au motif de liberté-égalité-fraternité …
C’est ainsi, d’AUTORITÉ, du dictat d’un des "républicains démocrates" que, sans aucun référendum, au mépris des désirs exprimés d’un peuple, une région s’est retrouvée asservie.
L’armée fût envoyée d’urgence pour occuper la Bretagne. Le clergé fût renouvelé, les instituteurs français arrivèrent interdisant dans les écoles de "cracher par terre et de parler breton" etc etc
Si connaître cela et le dire c’est être anarcho-autonomiste, comme le disent certains politiques, ... c’est quand même très fort pour des soi-disants démocrates en réalité, … des descendants de MIRABEAU et de PÉTAIN ... !!!
Dire « d’autorité » que la Constituante a tout aboli, … comme ça .. et le maintenir et laisser ainsi une culture et des Droits se mourir ... ??? Et traiter les gens d’anarcho-autonomistes .., non mais .. ? de quel Droit ?
N’y a t’il pas d’autres priorités dès aujourd’hui que de satisfaire à quelques copains déjà bien friqués du Groupe VINCI et autres .. ? la crise ne sévit-elle pas ? n’y a t’il pas des gens sans logements, sans nourriture ? Même les militaires ne sont pas payés comme il se doit ...
Que les politiques se regardent dans le miroir au lieu du portefeuille et, lorsqu’il y aura vraiment nécessité, si un jour il y a, et bien, que les Bretons concernés se choisissent un endroit pour un aéroport breton ... qui servirait la BRETAGNE en Ouest et … la France en Est … !
Les dates et les noms existent :
- 1532, Duchesse Anne et Traité d’annexion
- 1789, MIRABEAU et ses propos …
- 1941, les allemands / nazis et le Maréchal PÉTAIN …
et … maintenant … …. après les promesses de réunification de SARKOZY, ...
— voila : 2012 / AYRAULT, lances à eau et aéroport ... ... ...
Repose en paix, Duchesse !!
Vous ajoutez à cela que le site de l’actuel aéroport situé à BOUGUENAIS représente aussi quelque chose de pas anodin pour J.M. AYRAULT, le groupe VINCI et autres promoteurs .. Cette zone très importante est sur le ressort de la Communauté Urbaine de NANTES ... et sera forcément classée constructible ...
C’est aussi sûrement de voir des gros sous qui dorment là alors qu’en construisant ce nouvel aéroport, ils sont contents des deux côtés : ça rapporte sur l’ancien site et la construction du nouveau rapporte aussi beaucoup ...
Politique de l’argent encore et toujours, l’Euro, même socialiste, ça reste de l’argent et certains n’en ont jamais assez et peu importe ce qu’ils cassent, brisent et ou écrasent ...
Bienvenue dans le 21ème siècle et dans la nouvelle démocratie socialiste ...

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