Le Mécanisme de Développement Propre (MDP), mis en place par le protocole de Kyoto, permet aux entreprises d’émettre du carbone si elles plantent des arbres en compensation.
En Ouganda, les effets pervers de ce marché de dupes commencent à se voir : une société néerlandaise prévoit de reboiser 25 000 hectares sur le territoire de l’ethnie Benets, mais sans les Benets. Chassés par des gardes forestiers armés, ils ont dû laisser derrière eux leurs terres et leurs biens pour qu’une nouvelle centrale thermique aux Pays-Bas puisse empester en toute bonne conscience.
in Siné Hebdo
Deux laboratoires d’analyses ont publié hier des résultats révélant qu’une partie du miel récolté dans 6 ruches proches d’un champ de maïs transgénique à Lussas en Ardèche a été contaminé.
Le miel récolté contient des traces d’OGM dépassant la limite de 0,9%, limite au delà de laquelle l’étiquetage est obligatoire.Selon les laboratoires Ampligene de Lyon et Apllica de Brème en Allemagne, le pollen prélevé 11 jours après la mise en place des ruches contenait 0,55% à 1% d’OGM.
Jean-Daniel Granade, le président des apiculteurs professionnels de Drôme et Ardèche confiait à l’AFP, "nous demandons à être informés de toutes les plantations d’OGM, afin de pouvoir éloigner nos ruches". Le syndicat demande également que es apiculteurs concernés par une éventuelle contamination ou même ceux obligés de déplacer un nombre important de ruches soient "dédommagés de manière substantielle" et que soit mises en place des procédures.
Les ruches concernées avaient été scellées le 6 août dernier par un huissier de justice à la demande du syndicat des apiculteurs professionnels de Drôme-Ardèche.
Par Erwan Manac’h
La Cour de cassation vient d’accorder un délai d’au moins 18 mois aux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une heureuse surprise pour les défenseurs du bocage.
L’embourbement du gouvernement Ayrault dans la zone humide de Notre-Dame-des-Landes n’est pas près de se dénouer. Nouveau fait majeur dans la bagarre qui oppose Vinci aux paysans menacés d’expulsion, mardi 29 janvier, la Cour de cassation a décidé… de ne rien décider. Elle attendra que tous les recours administratifs soient jugés pour examiner un pourvoi formé par les occupants de la zone d’aménagement différé contre leur expropriation (lire les arrêts de la Cour de cassation publiés par Reporterre).
Ces derniers ont saisi le juge administratif en octobre 2011 pour faire annuler l’arrêt de cessibilité (liste préfectorale des parcelles qui doivent être expropriées) qui les concerne. Ce recours a été débouté en décembre 2012 par le tribunal administratif de Nantes, mais il fera l’objet d’un appel, voire ultérieurement si besoin d’un recours devant le Conseil d’État.
En attendant, le concessionnaire Aéroport du Grand-Ouest (Vinci), qui doit acquérir les terrains convoités, devra patienter. Les expulsions sont donc retardées pour la quinzaine de fermes qui doivent encore être détruites. Et ce, pour une période de 18 mois à deux ans, selon les estimations des opposants et leurs avocats. « C’est une surprise, explique Dominique Fresneau, coprésident de l’Acipa, une association d’habitants et d’exploitants menacés d’expulsion. Jusqu’à présent le projet avançait malgré tous nos recours. »
Cet arrêt ne protège pas pour autant les occupations illégales installées dans des cabanes et des fermes expulsées, sur la Zone d’aménagement différé (Zad) visé par le projet d’aéroport. Le face-à -face entre opposants et forces de l’ordre, qui dure depuis le 17 novembre, devrait donc se poursuivre, alors qu’une « trêve » est encore théoriquement à l’œuvre jusqu’au mois de mars dans le cadre des travaux de la « commission de dialogue ». « Le pouvoir joue l’apaisement, il n’y a pas de pression de la préfecture centrale, raconte Dominique Fresneau. Les contrôles systématiques embêtent surtout les locaux qui doivent circuler pour travailler sur leurs terres. C’est une stratégie qui vise à installer un climat malsain, mais il n’y a pas d’affrontements. »
Sur le plan politique, le dossier reste un véritable bourbier pour la majorité. Interviewé, mercredi 30 janvier par L’Express, Nicolas Hulot, « envoyé spécial de François Hollande pour la préservation de la planète », décrivait un Président « embarrassé » sur la question. « Concernant la pertinence du projet, je ne suis pas certain que le Président en soit convaincu, mais il ne peut pas désavouer son Premier ministre. Nous avons en France un déficit démocratique ; nous ne savons pas organiser des débats publics dignes de ce nom », jugeait-il.
L’embarrassante épreuve de force devra donc encore durer au moins un an et demi. Un marathon que les opposants comptent mettre à profit pour organiser et densifier une mobilisation « lourde, ardue, mais que nous avons tous ici à cÅ“ur », confie Dominique Fresneau.
(Photo : AFP/Frank Perry)